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Années pluvieuses ou sèches : l'agriculture tunisienne demeure fragilisée !
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 06 - 2015


Par Dr Amor Chermiti*
La disponibilité des produits agricoles sur le marché national peut traduire pour certains que l'agriculture tunisienne se porte bien, mais ceci ne doit pas cacher la fragilité de nos systèmes de production. En effet, durant les périodes pluvieuses, des dégâts importants sont constatés dans de nombreuses régions (pertes de récoltes suite à la stagnation d'eau dans les champs, pertes de terres suite à l'érosion hydrique, pertes de quantités importantes des eaux de ruissellement, apparition de maladies, etc.). De tels constats ne sont pas nouveaux aux agriculteurs et aux responsables. D'ailleurs, et à titre d'exemple, dans la région de Jendouba, de 30 à 40.000 hectares des terres des plus fertiles de la région peuvent ne pas avoir de productions ou des productions limitées, en années pluvieuses. Les milliers d'hectares de la grande plaine d'El Mabtouh dans la région de Mateur constituent également un autre exemple durant les périodes pluvieuses. Ces terres étaient des plus productives durant les années 60–70 du siècle dernier, alors qu'elles sont de moins en moins productives durant ces dernières années. Des situations similaires sont observées dans les autres régions productives du nord du pays et en années favorables (Béja, Bizerte, Siliana, etc.). La question qui se pose alors : y a-t-il des solutions techniques pour minimiser de tels dégâts ? La réponse est affirmative et nous ne pouvons rappeler que durant la période de colonisation et après l'indépendance, des investissements importants ont eu lieu pour l'évacuation des eaux stagnantes à travers la mise en place de systèmes de drainage efficaces. De nos jours, les drains de l'époque sont l'origine du problème et non la solution, car non entretenus, depuis des années.
De même, et si au cours des années pluvieuses, les dégâts sont importants, des conséquences similaires sont également constatées en années de sécheresse; mais d'une autre nature. En effet, dans de telles conditions, les productions issues des cultures pluviales sont très réduites, voire nulles. L'exemple le plus significatif est celui de l'année en cours où les productions céréalières sont très affectées suite, entre autres, au manque de pluies durant le mois d'avril. En conséquence, les importations des produits de base, tels que les céréales et les aliments de bétail, seront de plus en plus importantes, entraînant des pertes considérables en devises. Le recours à la Caisse générale de compensation est la solution engagée depuis des décennies. Il est à noter que les agriculteurs qui ont bien travaillé leurs sols, l'impact des conditions climatiques sur leurs champs de céréales était moins atténuant. Ne fallait-il pas diffuser et vulgariser les techniques appropriées pour minimiser l'effet du climat ? Les terres sont également de plus en plus dégradées et le plus souvent d'une manière irréversible. D'ailleurs, il est à rappeler que la Tunisie perd annuellement de 15 à 20.000 hectares sous l'effet de l'érosion, et les travaux de conservation des sols, entamés depuis plusieurs années, n'ont eu que peu d'impact sur ce phénomène. A noter que la Tunisie ne dispose que de seulement 5 millions d'hectares de terres labourables, dont environ 1,5 millions réservés aux céréales et 2 millions pour l'olivier et qui doivent subvenir aux besoins de tous les Tunisiens, aujourd'hui et demain, sans négliger la consommation des 4 à 6 millions de touristes par an. L'autosuffisance en lait et en viandes est liée à l'importation d'aliments du marché extérieur, d'une part, et à l'augmentation des effectifs des animaux, d'autre part. La productivité demeure stable, voire en diminution depuis de nombreuses années. Ne fallait-il pas repenser notre agriculture en se basant sur les leçons apprises du passé et s'inspirer des expériences réussies dans d'autres pays ?
Nous ne prétendons pas apporter des solutions à ces défis qu'affronte notre agriculture depuis des décennies; mais contribuer au niveau de la réflexion afin que les approches et les stratégies à moyen et à long termes soient de plus en plus efficaces et qu'il y ait de nouvelles orientations pour l'agriculture. L'attribution aux effets des conditions climatiques sur la production agricole est souvent l'explication apportée par la plupart des responsables; alors que les changements climatiques constituent un fait réel dans le monde et nous devons nous poser la question suivante : quelles solutions adopter pour atténuer l'impact du climat sur notre agriculture ? Les changements climatiques doivent être considérés l'une des priorités des programmes de recherche scientifique; qui est appelée, entre autres, à apporter des réponses appropriées pour atténuer leur impact sur l'agriculture.
Pour les questions relatives à l'hydromorphie, conséquence des pluies abondantes, la mise en place et la réhabilitation des systèmes de drainage qui ont existé autrefois sont parmi les solutions efficaces pour sauver ces terres productives et fertiles. De tels travaux ne sont pas à la portée de l'agriculteur et ne peuvent être réalisés que dans le cadre de programmes nationaux prioritaires (PNP). Les aspects relatifs à l'agronomie et notamment ceux se rapportant aux travaux des sols et les types de matériels utilisés constituent également un facteur primordial pour atténuer les effets de la sécheresse sur les cultures. Il est en conséquence primordial de raisonner en termes de conservation des sols et des eaux (CSE), comme c'est appliqué dans les pays anglo-saxons: soil and water conservation, permettant ainsi de conserver, et d'une manière durable, les terres pour les générations futures. Les types de labour et le matériel agricole utilisé doivent être des plus appropriés à nos terres. Ne fallait-il pas interdire le matériel à disques qui est à l'origine d'une érosion éolienne et hydrique des sols et favoriser l'utilisation de matériels à dents. Des travaux appropriés appliqués aux sols peuvent permettre une rétention importante des eaux, minimiser les pertes d'eau par évaporation, et en conséquence permettre à la plante de supporter la sécheresse. D'ailleurs, les agriculteurs qui maîtrisent bien les techniques des travaux des sols, sont ceux qui obtiennent des rendements élevés, malgré les conditions climatiques de l'année. Une autre réflexion, d'une grande importance également, est que la gestion de la sécheresse doit être raisonnée en années favorables traduisant ainsi que la sécheresse est la gestion de l'abondance. En effet, la constitution de stocks, notamment pour les produits de base en années pluvieuses, permet son utilisation durant les périodes de sécheresse. Mais, avons-nous développé l'infrastructure nécessaire pour la conservation des surplus de production, en années favorables. La création de nombreux groupements professionnels visait, entre autres, la gestion du surplus de production pour une utilisation raisonnée en cas de production limitée. Cependant, de tels groupements demeurent à mi-chemin entre l'état et la profession, en plus de leurs infrastructures limitées. Dans de telles conditions, leur action peut-elle être efficace au niveau des marchés, comme c'est le cas des pays développés ?
Notre agriculture doit être plus productive, rentable et compétitive et d'une manière durable, tout en respectant la santé humaine et l'environnement. Ainsi, l'agriculture de demain sera celle qui assure la souveraineté alimentaire de tous les Tunisiens, promouvoir l'exportation et respecter l'environnement et la santé. La recherche agronomique doit être en mesure d'anticiper et apporter les solutions appropriées aux contraintes et défis qu'affronte notre agriculture. Le système national de la formation professionnelle, la vulgarisation, l'enseignement supérieur et la recherche agricoles doit être repensé sur la base d'une lecture objective du passé et du présent, pour une meilleure projection vers l'avenir. La recherche scientifique agricole ne peut être plus efficace avec la suppression du statut des chercheurs.
Nous souhaitons que le politique soit à l'écoute du scientifique, à l'instar des pays développés où le savoir, la science et la technologie sont la base des décisions politiques. Le développement économique du pays doit être raisonné en termes de développement agricole régional à travers une approche multidisciplinaire et de type horizontal. Ceci impose une réelle coopération et complémentarité entre les différents départements techniques (agriculture, environnement, santé, équipement, commerce, tourisme, etc.). De nombreuses compétences sont disposées à apporter leur savoir pour suggérer des solutions appropriées tenant compte des spécificités des régions et la complémentarité entre elles.
* (Directeur de recherche)


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