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Publié dans L'expert le 31 - 10 - 2009

Longtemps considérée comme un problème mineur, la désertification a imposé une nouvelle définition qui cadre avec sa réalité, ses effets et donne la dimension réelle de ce phénomène planétaire. En Tunisie, comme dans beaucoup d'autres pays, l'érosion était conçue soit comme un phénomène de vents de sable qu'il fallait arrêter en intervenant par une lutte contre l'ensablement soit par le ralentissement du ruissellement des eaux de pluie. Aujourd'hui ce phénomène est défini comme une dégradation des sols et par la même comme appauvrissement contre lequel il faut lutter. La désertification et la dégradation des terres se manifestent par la perte de fertilité, la réduction de la couverture végétale, la capacité de rétention en eau des sols, le ruissellement, l'érosion hydrique et l'érosion éolienne.
La convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification définit ce phénomène comme suit :
La désertification ne se réduit pas à l'extension naturelle des déserts existants, mais elle se traduit par « la dégradation des sols dans les zones arides, semi-arides et sub-humides sèches ». Il s'agit en fait d'un processus de perte progressive, et souvent irréversible, de productivité du sol et de disparition du couvert végétal ainsi que toute forme de vie dont les causes sont à la fois naturelles et humaines. La perte des terres arables, dans des régions où l'agriculture représente la principale source de revenu et de subsistance des populations, constitue une menace réelle pour la stabilité et la sécurité des 110 pays concernés.
La Tunisie est dominée par un climat à caractère aride sur près de 94% de son territoire dont les 20% représentent le désert. Tout au long de son histoire, la Tunisie a usé les moyens dont elle disposait pour lutter contre ce phénomène qui ne cesse de s'aggraver. Lutte contre l'ensablement d'une part et contre le ruissellement des eaux de pluies d'autre part ont constitué le gros de ces actions. Car il est nécessaire de rappeler que la Tunisie subit les effets des deux érosions, à savoir l'hydrique d'une part et l'éolienne d'autre part. Ceci est d'autant plus important que 75% du pays est menacé par ta désertification.
L'étude réalisée sur la situation de l'érosion hydrique par le Ministère de l'Agriculture en 1980 a révélé que trois militons cinq cent mille hectares Sont menacés d'érosion dont un million cinq cent mille hectares sont particulièrement menacés.
Ces superficies sont réparties comme suit :
- Nord Est : 44% des superficies totales de la région
- Nord Ouest : 78% des superficies totales de la région
- Centre Est : 52% des superficies totales de la région
- Centre Ouest : 68% des superficies totales de la région
Ainsi il apparait que le Nord Est est le plus menacé par ce phénomène.
Le second danger qui menace le pays est l'érosion éolienne qui intéresse dix millions six cent mille hectares réparties comme suit :
- Terres sahariennes : 3 millions 300 000 ha soit 31,4% du total
- Terres menacées sévèrement : Un million 200 mille hectares soit 11,7% du total
- Terres menacées moyennement : Quatre millions 200 mille hectares soit 39,7%
- Terres faiblement menacées lin million 800 mille hectares soit 17,2 o du total.
Il ne fait aucun doute que nous sommes devant des chiffres alarmants. D'autant que que l'érosion qu'elle soit hydrique ou éolienne réduit la résistance des terres à la variabilité naturelle du climat. Au nième moment, le sol devient moins productif. La couverture végétale disparait. La dégradation des sols engendre des inondations en aval ainsi qu'une baisse de la qualité de l'eau et l'envasement des voies d'eau et des barrages. Mais cette dégradation des terres arides réduit considérablement les productions vivrières et aggrave la famine et entraîne d'énormes coûts sociaux.
Dans le but de freiner, voir de réduire les risques encourus par ce fléau, une première stratégie a été élaborée en 1990 couvrant la période 1990-2001. Cette stratégie nationale visait la conservation des eaux et des sols. Cinq ans après le démarrage de l'exécution de celle stratégie, un code de la CES a vu le jour mettant au profit de cette stratégie les résultats d'une étape qui a permis la conduite, la réalisation et le suivi-évaluation de la première stratégie décennale de CES. La nouvelle approche introduit l'approfondissement des études techniques, la participation active des agriculteurs dans les diverses phases de réalisation et d'exploitation des ouvrages d'art ainsi que la création de groupements visant une meilleure gestion des réalisations.
Les travaux de CES ne comprenaient, durant les années 70 que la construction et la sauvegarde des «jessours» dans le Sud et les terrassements manuels et mécaniques dans le Centre et le Nord du pays. A partir des années 90, ces techniques ont connu une évolution impliquant des techniques d'aménagement intégré des bassins versants et des techniques d'aménagement des voies d'eau comprenant la construction de lacs collinaires, d'ouvrages de recharge de nappes, d'épandage des eaux de crue notamment. Ces travaux ont été réalisés grâce, essentiellement, à l'implication des entreprises privées dans ces actions.
Au-delà de l'impact positif de la première stratégie décennale (1990-2001) dans la réalisation des travaux CES (essentiellement traitement de 890 000 ha et réalisation de 580 lacs qui ont mobilisé 55 millions de rn3 d'eau), le passage réussi de la réalisation des travaux en régie à l'entreprise a contribué à induire une dynamique économique régionale à travers la création d'entreprises de CES (estimées à l80) et surtout la création d'emplois.
Mais malgré les réussites et les efforts déployés durant cette première stratégie, il a été Procédé à une actualisation en 2002 des données relatives à I ‘érosion suite à la réalisation de plusieurs études de planification CES. Il ressortait qu'environ 3 millions «ha étaient encore menacés par l'érosion hydrique sur l'ensemble du pays. Ce constat a conduit à l'élaboration d'une deuxième stratégie de la CES couvrant la période 2002-2011.
Cette deuxième stratégie visait comme objectifs :
• la réduction des pertes en sols,
• la réduction des perles des eaux de ruissellement utilisées pour la mise en valeur agricole.
• la réduction de l'envasement des barrages afin de prolonger leur durée d'exploitation.
• le maintien et l'amélioration de la fertilité des terres,
• la valorisation des eaux de ruissellement et la contribution à la recharge des nappes.
• et enfin un nombre d'objectifs sociaux consistant principalement à l'atténuation des effets des inondations, l'amélioration des revenus des exploitants agricoles et la création d'emploi en milieu rural.

Une actualisation dérivant d'une auto-évaluation mi-parcours entreprise en 2006 faisait ressortir que la superficie menacée d'érosion hydrique était de l'ordre de 2.8 millions d'ha Soit 17% de la superficie totale du pays.
Réconfortés par une situation encourageante une nouvelle stratégie a été adoptée pour la période 2007-2016. Elle vise à ce concentrer les interventions CES sur une superficie de 1,5 millions d'ha menacée par une érosion forte et d'enchaîner vers 2017 à traiter les 1,3 millions d'ha restants et ceux dans le cadre d'une stratégie décennale future couvrant la période 2017-2026.
Les principaux objectifs assignés à cette stratégie CES se résumaient dans :
• la réduction de perte de fertilité des terres.
• la réduction des perles des eaux de ruissellement.
• la limitation de l'envasement des barrages.
• le développement de la production agricole.
• l'augmentation des taux de mobilisation des eaux de ruissellement et la contribution efficace dans la recharge des nappes
• et l'élargissement de la batterie des objectifs sociaux consistant à l'atténuation des effets des inondations, l'amélioration des revenus des exploitants agricoles et la création d'emplois en milieu rural.

Le mixage de la deuxième stratégie de la CES (2002-2011) avec la stratégie de (2007-2016) laisse émerger une nous elle approche intégrée en matière de gestion des ressources naturelles en général. Désormais, les modes d'intervention de la CES soulignent que les exploitants agricoles et autres bénéficiaires doivent être impliqués - lorsque possible, sous forme de groupements de développement agricoles (GDA) - à toutes les étapes de la formulation des actions CES. En effet, la loi CES. 1995 stipule la nécessité d'impliquer les bénéficiaires des travaux de CES dans toutes les étapes des projets et des programmes. Les agriculteurs sont des partenaires à part entière sous formes d'associations de CES et de Groupements régionaux de CES et développement agricole GDA.
La période 1990-2006 a permis l'aménagement de près de 125200 ha des bassins versant, de 72000 ha de terres céréalières et la construction de 716 lacs collinaires mobilisant près de 72 millions de mètres cubes d'eaux de ruissellement.
Mais malgré toutes ces réalisations, la superficie des terres menacée d'érosion reste importante et estimée à deux millions huit cent mille hectares contre tris millions cinq cent mille hectares en 2003. Il est utile rie rappeler à ce sujet que 48% des terres de Siliana sont menacées par ce phénomène qui touchait 246330 ha sur un total de 467000 ha. Grâce aux « techniques douces » utilisées pour lutter contre le fléau, les études ont permis d'enregistrer une amélioration du rendement des céréales passant de 30% à 50% dans les terres aménagées. En effet de 300 000 ha en 1996, la superficie des terres érodées est passée à 226223 ha en 2006.
Il est imprécieux de souligner que la construction de lacs collinaires a fait évoluer les techniques culturales en intégrant l'élevage dans les cultures céréalières, fourragères et maraichères d'une part et en introduisant l'arboriculture d'autre part ainsi que l'intégration de l'élevage dans ces spéculations. Grâce à ces nouvelles activités, les recettes des agriculteurs qui bénéficient de ces ouvrages ont évolué améliorant les conditions de vie de ces citoyens.
On peut croire qu'à l'échéance de 2016, ces stratégies engagées depuis 1990 auront freiné la dégradation des terres et réduit sensiblement l'envasement des barrages qui est passé de 28 millions de mètres cubes en 1990 à 17 millions en 2003. Mais elles auront essentiellement amélioré le niveau de vie des populations.
Concernant la mobilisation des eaux de ruissellement, elle attendrait à cette échéance
Cinquante millions de mètres cubes grâce à la construction de 1000 lacs collinaires avec un financement s'élevant à 165 millions de dinars.


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