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De quoi a-t-on peur?
Nouvelle relation gouvernement-société civile
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 07 - 2015

Ceux qui se regardaient, autrefois, le nombril se donnent, aujourd'hui, la main, avec l'apparence d'une certaine cordialité mutuelle. Voilà, désormais, en quelque sorte, la configuration des nouveaux rapports gouvernement-société civile. Une nouvelle mission que le chef du gouvernement Habib Essid a confiée à son ministre délégué, M. Kamel Jendoubi, pour être, mieux qu'avant, constamment à l'écoute des instances constitutionnelles et des composantes de la société civile avec lesquelles il doit entretenir une relation beaucoup plus ouverte. Certes, l'accomplissement d'une telle tâche n'est pas impossible, mais plutôt difficile à mener dans la sérénité requise. Et M. Jendoubi s'est retrouvé, semble-t-il, contraint à jouer aux médiateurs.
Et depuis son quartier général aux Berges du Lac, l'homme- rassembleur n'a cessé de prêter une oreille attentive à tous ses partenaires.
A tour de rôle, et en fonction du domaine d'activité, la concertation n'a épargné aucune organisation. Hier, une quatrième rencontre s'est tenue, de la même façon que celles qui l'ont précédée, avec un groupe de représentants de la société civile. Ce relookage relationnel fut décidé par le chef du gouvernement, dont la bonne foi s'est, d'emblée, traduite par une lettre officielle désignant M. Jendoubi, outre ses attributions ministérielles, maître d'œuvre d'un nouveau plan d'action participatif, où chacun pourrait trouver son compte. Ce faisant, la stratégie de communication s'annonce ouverte à tous les acteurs sociaux. L'objectif est d'asseoir une réelle tradition de dialogue, d'écoute et d'échange sur les préoccupations et les défis de l'étape actuelle. Une phase de transition démocratique qui ne saura aboutir sans l'apport de la société civile. Force de pression et de propositions, comme elle s'est toujours définie, la société civile n'a pas toujours vraiment agi, sauf, au besoin, par le biais de déclarations et de contre-déclarations se faisant entendre de toutes parts. Quitte à générer une tempête dans un verre d'eau. De son côté, le gouvernement prétend, plus souvent, répondre à l'appel de la société civile, mais aucune suite n'a été donnée à ses demandes des plus pressantes. Autant dire que les deux camps se regardent en chiens de faïence.
L'initiative s'annonce porteuse
Cette fois-ci, l'initiative, aux dires de M. Jendoubi, s'annonce porteuse de promesses. Il s'agit, selon lui, de la quatrième rencontre avec les acteurs de la société civile, toutes vocations confondues. «Nous avons déjà parlé précédemment avec les activistes en matière d'élections, de médias, de bonne gouvernance et de lutte anticorruption...», rappelle-t-il. Celle d'hier a été bel et bien consacrée aux militants des droits de l'Homme, nouveau pilier de la relation gouvernement-société civile. Cela s'inscrit dans la nouvelle stratégie de travail telle qu'ordonnée par M. Habib Essid, dans la mesure où les deux devraient aller de pair pour l'intérêt du pays. Considérant la conjoncture actuelle, mais aussi au regard des attentes de la société tunisienne tout entière, un tel partenariat concerté vaut bien la messe. En fait, ces discussions bilatérales portent essentiellement sur deux volets : d'un côté, les questions associatives d'intérêt commun, à savoir financement public, cadre législatif, participation à la prise de décisions, besoin des locaux, et de l'autre,les spécificités propres à chaque domaine d'activité. En matière de droits de l'Homme, il y a tant de soucis. Raison pour laquelle, insiste-t-il, il y aura, à ce niveau, un mécanisme national permanent de coordination chargé de l'élaboration des rapports et du suivi des recommandations formulées dans le domaine des droits de l'Homme. Ce qui nous aide, ajoute-t-il, à mieux développer notre politique dans ce domaine et permettre au gouvernement d'honorer ses engagements internationaux envers les hautes instances onusiennes et régionales y afférentes (lutte antitorture, amélioration du milieu carcéral...). Et la marge de participation associative dans l'action du gouvernement va s'élargir au fur et à mesure, touchant au même titre la réflexion sur le modèle alternatif de développement social et économique qu'exige cette étape cruciale de l'histoire. De même, sur les grandes réformes stratégiques prévues, la société civile aura, certainement, son mot à dire. «Dans tous les cas de figure, cette approche participative sera bien réelle et effective», rassure M. Jendoubi.
Inquiétudes et assurances
Mais, derrière cette profession de foi révélée, plusieurs questions inquiétantes: un tel rapprochement inédit qui s'opère sous la coupe du gouvernement n'affecte-t-il pas l'indépendance de la société civile? Ce nouveau mode de communication interactive serait-il en mesure de soutenir la liberté des voix élevées ou va, tout bonnement, les réduire au silence? Il y a, aussi, des craintes de voir le gouvernement s'impliquer dans un drôle de jeu de rôles superposés : l'on risque d'assister à une nouvelle ère de domestication des forces vives. Pour M. Aberrahmane Hedhili, président du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (Ftdes), l'initiative est à saluer, mais le problème consiste à donner suite aux demandes des citoyens qui ont, eux aussi, droit de vivre dignement. «Il n'y aura plus de confiance citoyenne s'il n'existe pas des mécanismes d'intervention à leur profit», indique-t-il. De crainte de tomber sous le charme de ces nouvelles liaisons d'intimité avec le gouvernement, Mme Yamina Thabet, présidente de l'Association tunisienne de soutien des minorités, a plaidé être sur ses gardes contre toute forme de ménagement et d'instrumentalisation. Reste que cette initiative semble être de portée significative, de par le style de communication à instaurer entre le gouvernement et la société civile. «Car, être indépendant ne veut pas dire être en vase clos, mais en échange interactif tout en préservant la liberté d'agir et d'exprimer», conclut-elle. Face à ces inquiétudes déclarées, M. Jendoubi était on ne peut plus, franc et direct : «Au-delà de cette initiative de coopération et de concertation, on voudrait faire de la société civile un vrai contre-pouvoir...».


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