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Le courroux de l'oncle Sam et les calculs de l'ami Poutine
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 09 - 2015


Par Hmida Ben Romdhane
Les Etats-Unis ont des soucis ces jours-ci. En fait pas seulement ces jours-ci, mais cela fait presque un siècle maintenant que ces Russes, que Dieu les pardonne, empêchent la démocratie bienfaitrice américaine de vivre tranquillement et sereinement. De Vladimir Lénine en 1917 à Vladimir Poutine en 2015, en passant par les camarades Staline, Khrouchtchev et Brejnev, aucun de ces dirigeants n'a jamais pris la moindre petite décision qui plaise à l'oncle Sam. Celui-ci s'est toujours montré courroucé face à tous les dirigeants russes, à l'exception peut-être de ce pauvre Gorbatchev, le seul qui a trouvé grâce aux yeux de l'oncle Sam, et c'est normal puisqu'il l'a aidé à réaliser son rêve le plus cher : le démantèlement de l'Union soviétique. Mais ça, c'est de l'histoire ancienne, et ce qui nous intéresse c'est le bouillonnement historique que nous vivons aujourd'hui.
Là aussi, l'oncle Sam est soucieux, mal à l'aise, ne cachant pas son courroux face à ce que fait Poutine en Ukraine, mais aussi et surtout face à ce qu'il projetterait de faire en Syrie. Les soucis américains relatifs à l'intention du président russe en Syrie ont été rendus publics par le New York Times dans son édition du 5 septembre. L'article en question porte le titre "US Government Fears That Russian Military Intervention In The Syrian Civil War Is Forthcoming" (Le gouvernement américain craint une intervention militaire russe dans la guerre civile syrienne).
Les auteurs de l'article, Michael Gordon et Eric Shmitt, font état de trois informations qui, si elles sont exactes, pourront en effet servir d'indices d'une prochaine intervention militaire russe à côté des forces de Bachar Al-Assad : 1- les Russes ont envoyé en Syrie des maisons préfabriquées pouvant abriter des centaines de personnes; 2- ils ont installé en Syrie une station mobile de contrôle du trafic aérien; 3- ils ont demandé en septembre à des pays voisins des autorisations de survol d'avions militaires... C'était suffisant pour que le département d'Etat se mette dans tous ses états.
Si l'on considère, à juste titre, que la priorité mondiale aujourd'hui est la destruction de l'hydre terroriste, la question légitime qui se pose est pourquoi les Etats-Unis sont-ils soucieux d'une éventuelle intervention militaire russe en Syrie ? En toute logique, s'ils ont pour priorité la destruction du terrorisme dans la région, ils devront être soulagés plutôt que soucieux de la décision, réelle ou supposée, de la Russie de s'engager directement dans la guerre anti-terroriste.
Le moins qu'on puisse dire est que les Etats-Unis ne sont pas sérieux dans la guerre contre le fléau du terrorisme, à la propagation duquel ils portent une lourde responsabilité. Voici plus de deux ans que Daech ne cesse de se renforcer et d'étendre son expansion. Ses déplacements en Syrie et en Irak et entre les deux se font en colonnes de centaines de pick-up lourdement armés. Les faits et gestes des milliers de ses combattants sont observés par les grands yeux des Etats-Unis (drones et satellites), et écoutés par leurs grandes oreilles. Pourtant, voici deux ans depuis que le président Barack Obama a déclaré la guerre aux groupes terroristes, et ceux-ci sont aujourd'hui plus forts que deux ans en arrière...
Tout le monde sait que les Etats-Unis ont parfaitement les moyens de détruire Daech, mais pas la volonté. Les terroristes de ce qui s'appelle l'Etat islamique se déplacent en files indiennes composées de matériel militaire roulant et de véhicules de transport dans des espaces découverts. N'oublions pas que les deux seules interventions efficaces des forces américaines contre Daech étaient quand les terroristes menaçaient de s'emparer d'Erbil, dans le Kurdistan irakien, et de Aïn El Arab-Kobani dans le Kurdistan syrien. Autant de preuves, donc, que les Etats-Unis ne jouent pas franc jeu dans cette guerre contre le terrorisme et leurs intentions sont obscures et douteuses.
A ce niveau, la Russie et le président Poutine se trouvent aux antipodes des Etats-Unis et du président Obama. Dans cette région bouillonnante, la Russie n'a pas les grands moyens militaires des Etats-Unis pour décapiter rapidement l'hydre terroriste, mais elle en a la volonté. Quant à Poutine, contrairement à Obama, ses discours ne sont pas des paroles en l'air et ses engagements envers les alliés de la Russie obéissent à une éthique de la fidélité, inconnue aux Etats-Unis.
L'attitude de la Russie dans la guerre syrienne est déterminée par deux éléments d'une importance capitale. 1 : la défaite du terrorisme en Syrie est vitale pour la sécurité nationale de la Russie. La paix et la stabilité en Tchétchénie et dans les républiques d'Asie centrale dépendent largement, sinon exclusivement, de l'écrasement de l'hydre terroriste en Syrie, en Irak et ailleurs. 2 : le régime syrien est un allié de longue date de la Russie, et cette alliance a résisté aux violentes turbulences qui avaient accompagné l'effondrement de l'Union soviétique et continue de résister à la guerre qui déchire le pays depuis près de cinq ans.
Poutine a donc de bonnes raisons de soutenir le régime syrien. Le président russe est suffisamment intelligent pour savoir que mener aujourd'hui la guerre contre le terrorisme au côté du régime syrien lui éviterait de la mener demain tout seul aux portes de la Russie, c'est-à-dire en Tchétchénie et dans les républiques d'Asie centrale. Il n'est donc pas étonnant que d'ici quelque temps les «inquiétudes» de l'oncle Sam se concrétisent et l'engagement de l'ami Poutine au côté du régime syrien s'amplifie. Il y a très peu de chance que le courroux de l'oncle Sam influe sur les calculs de l'ami Poutine, car celui-ci sait très bien que plus la Russie est assaillie par les dangers, plus les Etats-Unis sont à l'aise et vice-versa.


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