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«Nous militons pour l'accessibilité de chacun à la culture»
Entretien du lundi — Lassaâd Jamoussi, directeur des JTC
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 10 - 2015

A quelques jours de l'ouverture des Journées théâtrales de Carthage, nous avons rendu visite au bureau de cette manifestation. M. Lassaâd Jamoussi, maître de conférences à la faculté des Lettres et Sciences humaines, Université de Sfax, expert international en culture et arts et, directeur des JTC, nous a accordé cet entretien.
Où en sont les choses, à quelques jours du démarrage des JTC ?
Tous les fils conducteurs de l'organisation de ce grand festival sont en place et nous sommes en phase de tissage. Maintenant il s'agit aussi de donner corps à tous les détails et je peux vous dire qu'il y a des détails techniques de très haute importance et qui sont extrêmement difficiles à mettre au point à cause du manque dont souffrent la plupart de nos salles, comparées aux exigences techniques de plus en plus développées dans le monde. Les œuvres au programme —aussi bien tunisiennes qu'étrangères—, sont exigeantes en termes de moyens techniques et vu que nous avons un programme dense et éclaté sur les régions, il y a un travail de «jonglage» qu'on est en train d'effectuer. On fait aussi de sorte que les moyens financiers limités de ce festival puissent être utilisés à bon escient.
Concrètement, les espaces sont-ils techniquement prêts aujourd'hui ?
Ils ne sont pas prêts comme il se doit. Il y a un manque en termes techniques; cela dit, nous avons le soutien absolu de l'Anep, du ministère de la Culture et des délégations culturelles régionales. Mais ce matériel est insuffisant, ce qui fait qu'on est obligé de louer des équipements avec la meilleure gestion possible pour ne pas dépasser notre budget. C'est une occasion qui pose le constat suivant : un effort doit être fourni à tous les niveaux pour que la plupart de ces salles soient dotées du matériel adéquat.
Cette année, il n'y a pas une ouverture des JTC mais plutôt des ouvertures à travers les régions...
Il y a une phase pré-ouvertures régionales qui vont se faire par le truchement de trois créations des JTC 2015. Ces spectacles sont faits par des créateurs tunisiens mais qui impliquent des étrangers, des Italiens par exemple pour la première pré-ouverture prévue à Matmata le 9 octobre avec une pièce intitulée «Escale 32». C'est une troupe constituée d'une trentaine de comédiens tunisiens et italiens avec une mise en scène à deux mains entre Moëz Mrabet et Andrea Paolucci sur une écriture de Ridha Boukadida. Avec cette pré-ouverture à Matmata, ce n'est plus le Sud qui est polarisé par le Nord, nous avons inversé les rapports. Après Matmata, le spectacle se déroulera à Tataouine, Médenine, Sfax, avant de rejoindre le festival à Tunis après l'ouverture officielle le 16 octobre et se reproduit le 17 et le 18. Je tiens à préciser que les créations de pré-ouvertures décentralisées sont de très haut niveau. La deuxième pré-ouverture aura lieu à Gafsa le 10 octobre avec «Les contes des sages du désert» pour rejoindre Tunis plus tard et la troisième pré-ouverture aura lieu à Sousse le 14 octobre avec une création tuniso-arabe intitulée «Les péchés du succès». Dans le cadre du travail en coproduction du festival, le 16 à Tunis, nous avons, en première mondiale, la création tuniso-française entre les JTC et l'Institut français, «La vie est un songe».
Quel est le but de cette décentralisation ?
L'un des axes principaux du soulèvement tunisien était motivé par les inégalités régionales. Le choix que le ministère de la Culture a fait en nommant à la tête des JTC une compétence non tunisoise ne vivant pas et ne travaillant pas dans les rouages du centre est en soi un signe fort. Tout le monde sait que je suis un universitaire à Sfax, spécialisé en théâtre, cinéma et littérature comparée et que j'ai œuvré depuis des années pour la décentralisation culturelle et surtout lorsque j'étais directeur du festival international de Sfax. Cela fait partie des frustrations que des moyens très importants soient mis à la disposition de la vitrine tunisoise alors que les régions sont traitées comme des provinces qui peuvent de temps en temps bénéficier d'une aumône. Et nous en récoltons des épines aujourd'hui... Si nous militons pour les droits de l'homme, nous militons aussi pour l'accessibilité de chacun à la culture. C'est le développement culturel qui relève le niveau d'une société. Le développement culturel intervient sur ce que Fouvault appelle l'«homo-esthéticus», c'est-à-dire le sentiment esthétique de soi. C'est pour cela que la décentralisation qui a été revendiquée par le peuple tunisien et inscrite comme point fort de notre Constitution est très importante. Nous en sommes conscients et nous sommes en train de l'appliquer pour les JTC à trois niveaux : au niveau des pré-ouvertures, au niveau de la programmation d'un certain nombre de pièces de théâtre dans des zones qui peuvent accueillir des spectacles, et au niveau des représentations des spectacles dans les établissements scolaires pour les élèves du primaire, du secondaire et du collège. Cela se fera selon une double dynamique : d'abord centrifuge qui consiste à envoyer des spectacles légers et des performances théâtrales jusque dans les salles de classe et les cours des écoles les plus reculées de la Tunisie... La deuxième dynamique est centripète et qui consiste à transporter les élèves vers les théâtres.
La dimension africaine des Journées a été souvent négligée...
Côté africain, nous avons essayé de toucher une large participation mais en même temps nous avons opté pour le choix sélectif des œuvres. Cette fois on a fait des prospections à travers des spécialistes qui nous ont transmis des dossiers importants et nous avons écrit directement aux troupes sans passer par les dossiers qui nous sont souvent proposés. Nous n'allons pas, par exemple, bénéficier des frais des déplacements internationaux. Or, pour l'Afrique, le transport aérien coûte cher. D'autre part, les moyens dont disposent les troupes dans le Sud sont moins importants que ceux du Nord. Nous sommes en train de gérer cette double difficulté. Mais, cela dit, nous avons une excellente participation africaine qui honore le côté africain aux JTC 2015.
Qu'attendez-vous personnellement de ces journées ?
Que ces journées contribuent à l'essor du théâtre tunisien. J'attends également que les JTC parviennent à réaliser le rêve de Chedly Klibi, de Tahar Cheriaâ et de ces grands humanistes tunisiens qui ont conçu les Journées cinématographiques de Carthage sur lesquelles les Journées théâtrales de Carthage ont brodé leur identité arabo-africaine. J'espère que les JTC seront la plateforme des rencontres et de la confrontation esthétique Sud-Sud ainsi que la rampe de lancement du théâtre sud vers le nord. C'est pour cela que nous sommes en train d'inviter les tourneurs de spectacles en Amérique, au Canada et en Europe du Nord pour qu'ils découvrent la richesse du talent arabe et tunisien. Nous sommes également en train de sceller des partenariats privilégiés dont l'objectif est aussi de promouvoir notre théâtre et nos artistes.


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