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Kiosque international
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 11 - 2015

L'actrice Loubna Abidar : Une femme libre qui effraie le Maroc
C'est l'un des articles les plus partagés (...) sur le site web du Monde. Dans une lettre ouverte, publiée par le quotidien, l'actrice de 30 ans, Loubna Abidar, revient sur l'agression dont elle a été victime (...) dans les rues de Casablanca.
Depuis la sortie de Much Loved, le film de Nabil Ayouch dans lequel elle incarne une prostituée de Marrakech, (long métrage interdit au Maroc), le ciel de la jeune femme s'est de fait brutalement obscurci par l'ignorance de ceux (responsables religieux, politiques ou anonymes) qui préfèrent, dans le royaume, condamner la fiction plutôt que l'hypocrisie (réelle) qui entoure le juteux business de la prostitution ; officiellement condamnée mais officieusement très rentable. (...)
Loubna Abidar, coupable d'avoir approché cette vérité et de l'avoir incarnée aux yeux du monde, est ainsi devenue dans la bouche d'une large partie de la société marocaine une « sale pute». «Rien n'a calmé la haine contre moi. Sur Facebook et Twitter, mon nom est associé à celui de «sale pute» des milliers de fois par jour. Quand une fille se comporte mal, on lui dit «tu finiras comme Abidar», explique en effet l'actrice dans Le Monde.
Sorties désormais intégralement voilée — comble du «paradoxe» pour cette femme libre qui ne se sent plus « protégée » qu'en «burqa» — ou retranchée chez elle, Loubna Abidar s'est ainsi cachée pendant des semaines après la sortie du film. Jusqu'à cette agression, lundi 5 novembre. Trois jeunes hommes dans une voiture, ivres. Les coups. La douleur... (...)
En face, la liberté de la comédienne, récompensée cet été au festival d'Angoulême, effraie, incommode. Une plainte de la Direction générale de sécurité nationale marocaine (Dgsn) vient d'ailleurs d'être déposée. Les déclarations de Loubna Abidar seraient «fausses». Pis, «elles porteraient atteinte» à la police marocaine.
Patricia NEVES (Marianne)
Pour que cesse la lutte armée en France, il faut gagner la paix au Moyen-Orient
Ce ne sont plus des attentats. Avec une action meurtrière massive menée en six lieux simultanés, la stratégie, donc la guerre est entrée dans Paris. Il y avait des partisans de Daech ici et là. Maintenant Daech est chez nous. Il ne s'agit pas d'une guerre de religions. Il s'agit de la guerre d'une secte fanatique issue de l'islam contre toute société, y compris islamique, qui soit autre qu'un totalitarisme religieux.
Rappelons que si les sources de Daech sont endogènes à l'Islam, y constituant une minorité démoniaque qui croit lutter contre le Démon, c'est l'Occident, notamment américain, qui a été l'apprenti sorcier délivrant les forces aveugles qui se sont alors déchaînées.
Ajoutons que si nous sommes dans le droit, cessons de nous sanctifier. Continuons à dénoncer leurs monstruosités ici et là-bas, mais ne soyons pas aveugles sur les nôtres, là-bas. Car nous utilisons aussi, à notre mode occidental, tueries et terreur : ce que frappent drones et bombardiers sont principalement non des militaires, mais des populations (...)
Edgard MORIN (Le Monde)
Sacrée vraiment, l'unité ?
De la cocarde tricolore agressée, humiliée, endeuillée, c'est le rouge qui, aujourd'hui, se détache pour prendre la tragique vedette. Le rouge de tout ce sang impitoyablement versé par les terroristes. Le rouge qui réclame justice, qui veut savoir le pourquoi de cette nuit démente qu'a connue Paris, qui exige qu'on lui dise de quoi demain sera fait.
Cette attaque conduite par des kamikazes est la première du genre que subit la France. Survenant au lendemain de la pulvérisation en vol d'un charter russe et de la double explosion de la banlieue sud de Beyrouth, elle annonce aussi une ère de terrorisme de masse visant au meurtre du plus grand nombre possible de civils : guerre de barbares désertant les théâtres du Levant pour se transporter, un peu partout, jusque dans l'intimité d'autrui.
Pour cette raison — et non point seulement parce que la France et ses valeurs républicaines sont chères à leurs cœurs — bien des peuples de par le monde sont, en ce moment, suspendus aux lèvres d'une Marianne meurtrie, et dont la réponse à l'épreuve pèsera lourd sur l'évolution d'une crise désormais planétaire. Singulier demeure néanmoins le cas d'une France qui doit faire face, tout à la fois, à deux types de terroristes : ceux qui arrivent à se glisser dans le flot d'immigrants en suivant diverses filières européennes ; et ces jeunes illuminés bien français, indécelables dans leurs jeans et baskets, pas forcément barbus ou cagoulés, qui se sont laissé séduire par la rhétorique de l'Etat islamique et qui, mettant à profit les failles policières, s'en prennent criminellement à leur propre pays. (...)
Infléchir, comme dit le leader des Républicains, ce serait, sans plus d'artifices sémantiques, céder peu dignement au chantage de Daech. Et résister commande au premier chef une unité interne qui semble avoir fondu bien plus vite que les bougies allumées sur les trottoirs, en hommage aux victimes des kamikazes. Davantage encore que l'émouvant tweet d'Angelina Jolie associant dans une même prière Beyrouth et Paris, c'est cette branlante, cette fuyante unité qui rassemble dans le malheur Libanais et Français.
Issa GORAIEB (L'Orient Le Jour)
Paris-Beyrouth : La compassion à géométrie variable
24 heures avant Paris, l'Etat islamique autoproclamé frappait Beyrouth, sans susciter la même solidarité internationale avec les victimes. De quoi s'interroger sur les raisons de ces perceptions différentes.
Il y a, dans le jargon journalistique, une «loi» bien connue, celle du «mort kilomètre» ; une règle qui veut que deux morts dans un accident de métro à Paris ou Londres pèsent plus lourd que 100 morts dans un accident de train à l'autre bout du monde, en Inde ou en Bolivie.
Une loi absolument cynique mais qu'un rédacteur en chef de 20 heures télé connaît parfaitement : un téléspectateur français s'identifiera avec un «commuter» anglais qui a le même mode de vie que lui, pas avec un habitant de Bombay qui, pourtant, va lui aussi bosser.
Appliquée au terrorisme, cette règle connaît quelques variantes qui montrent que ce que nous considérons parfois comme des «émotions collectives planétaires» sont effectivement à géométrie variable : toutes les victimes du terrorisme ne se valent pas dans la bourse aux émotions, et les terroristes l'ont bien compris en ciblant Paris et ses habitants.
Deux exemples de ces perceptions, qui en disent long sur les lignes de fracture et les fossés qu'elles engendrent. (...)
24 heures avant Paris, l'Etat islamique autoproclamé à frappé à Beyrouth, plus précisément dans le quartier chiite de Borj El-Barajneh, faisant 43 morts et 239 blessés. C'est l'attentat le plus sanglant dans la capitale libanaise depuis plus de vingt ans.Mais cette attaque n'a pas suscité la même émotion que les attaques de Paris par les mêmes auteurs, 24 heures plus tard. Pas de monuments illuminés avec un cèdre, pas de photos de profil barrées de noir sur les réseaux sociaux, pas de veillées à la bougie aux quatre coins du monde.
Très vite, de surcroît, l'attentat de Beyrouth a été occulté par les événements de Paris, sans précédent par leur ampleur et le modus operandi, terrifiants par la froideur de leur exécution.
Il aura fallu que quelques personnes s'en émeuvent pour que commence à apparaître le lien entre deux capitales endeuillées : Paris-Beyrouth, même souffrance. D'abord des Libanais, mais aussi ailleurs dans le monde, avec des appel à ne pas oublier le Liban.
Pourquoi cette différence de traitement ? De fait, c'est le même mécanisme de l'identification sociale qui est à l'œuvre, comme dans le « mort kilomètre » des accidents de train.
Tout le monde, de San Francisco à Sydney en passant par Varsovie, peut s'identifier à un jeune Parisien présent à un concert de rock, se souvenir qu'il est allé ou rêve d'aller en vacances à Paris ; personne ne s'identifiera avec l'habitant d'un quartier chiite de Beyrouth (donc « pro-Hezbollah »...), même si c'est un jeune du même âge pas très différent de la victime parisienne... (...)
La légitime compassion des Occidentaux pour « leurs » victimes du terrorisme ne devrait pas faire oublier les autres victimes du terrorisme ailleurs, ni l'introspection sur leur propre comportement, en particulier dans les pays arabo-musulmans eux-mêmes.
Ce message de compassion et de solidarité est non seulement « normal », humain pourrait-on dire ; il est aussi le seul moyen de déconstruire le discours des extrémistes qui dénoncent nos hypocrisies pour mieux couvrir leurs propres crimes.
Pierre HASKI (RUE 89-L'Obs)


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