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La FTDJ accuse le gouvernement Fakhfakh de vengeance: A-t-on vraiment sanctionné les médias ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 09 - 2020

Même si leur activité n'a pas été interrompue à cause de la crise du coronavirus, les médias, dont notamment la presse écrite, subissent de plein fouet un contexte de précarité économique qui met en péril leur viabilité même. Si pour les médias audiovisuels la situation est plus ou moins clémente, pour la presse écrite, le constat est sans appel : si l'Etat ne se mobilise pas pour protéger ce secteur, les journaux s'effondreront les uns après les autres.
Le dossier de la précarité du secteur médiatique a été rouvert par la Fédération tunisienne des directeurs de journaux (Ftdj) qui accuse le gouvernement sortant d'Elyes Fakhfakh de vouloir «punir et sanctionner les médias à des fins politiques». Pour la Ftdj, la situation est tellement alarmante que certains médias risquent de disparaître, notamment au vu du désengagement de l'Etat de l'appui financier qu'il doit aux médias. En effet, pour la Fédération et son président Taieb Zahar, l'ancien chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a voulu se venger des médias sur fond de son affaire de soupçons de corruption ayant coûté sa démission. D'ailleurs, selon des informations révélées récemment par la Ftdj, la présidence du gouvernement sortant est revenue sur les accords conclus en mai 2020 pour venir en aide au secteur de la presse, spécialement la presse écrite, face aux répercussions de la crise du coronavirus. Toujours selon cette fédération, l'ancien gouvernement aurait informé des médias qu'il est revenu sur les accords du 6 mai 2020 et plus spécifiquement l'article 8 relatif aux aides accordées aux entreprises de presse pour faire face à la crise sanitaire.
Taieb Zahar est allé jusqu'à dire que l'ancien gouvernement a décidé de réduire le nombre d'abonnements publics aux journaux, «un dernier clou dans le cercueil de la presse écrite», comme il l'explique. «Le gouvernement a décidé de sanctionner le secteur des médias, et surtout la presse écrite, qui ne s'est pas inscrit dans certains agendas politiques», a-t-il laissé entendre, appelant à préserver la liberté de la presse en Tunisie, comme l'un des rares acquis de la révolution et à tenir les médias à l'égard des tiraillements politiques.
L'action de l'Etat s'impose !
Parmi les mesures annoncées le mois de mai dernier pour soutenir les médias dans cette difficile conjoncture, Elyes Fakhfakh avait promis, rappelons-le, de mobiliser cinq millions de dinars pour financer le programme de réhabilitation du secteur de presse écrite pour l'accompagner dans la transition numérique. Il était question également de l'acquisition d'abonnements dans les versions électroniques des journaux par l'Etat et les structures publiques pour une valeur de 1,2 million de dinars. Mais selon la Ftdj, il n'en n'est rien, «ce sont des promesses en l'air». Pire encore, la Fédération accuse le gouvernement sortant de s'être abstenu de publier les accords et les décrets dans le Jort.
En tout cas, nul ne doute que la crise du coronavirus en Tunisie a mis à nu les réalités désolantes du secteur médiatique et des journalistes. Précarité, instabilité et crise perpétuelle, tel est le contexte dans lequel ils s'activent. Car d'ores et déjà, outre la précarité économique, le journalisme et les médias connaissent depuis deux décennies un déclin au profit de la montée en puissance des médias sociaux qui privilégient les informations sensationnelles et contribuent massivement à la propagation des Fake News. La crise du coronavirus n'a fait que dévoiler et renfoncer ces tristes constats, mettant en péril la situation de plusieurs entreprises médiatiques tunisiennes dont la viabilité n'est plus garantie.
Les différents académiciens et enseignants à l'Institut de presse et des sciences de l'information (Ipsi) ne cessent de rappeler la nécessité d'une intervention de l'Etat pour réformer un secteur livré parfois à l'abandon. Parmi eux Sadok Hammami, maître de conférences à l'Institut, qui juge indispensable une action de la part de l'Etat pour réhabiliter le secteur médiatique comme service public. Hammami, qui note surtout la précarité du secteur de la presse écrite, pense que les journaux sont doublement sanctionnés par toute la conjoncture économique des médias, mais aussi par la montée en puissance des supports électroniques et des réseaux sociaux et l'effritement du lectorat. Outre la nécessité d'une action étatique qui ne veut en aucun cas dire ingérence dans les salles de rédaction et influence sur les lignes éditoriales des médias, il prône un nouveau modèle économique pour les médias et notamment pour les supports écrits mais aussi l'encouragement des contenus attractifs et innovants.
Car en effet, depuis 2011, l'Etat tunisien semble se désengager de ses responsabilités envers ce secteur aux multiples maux. D'ailleurs, aucune action à même de sauver ce secteur et de tracer les premiers chemins d'une véritable politique publique n'a été prise, ce qui remet en cause les slogans de toute la classe politique qui appellent à la protection et à l'appui de ce secteur. En effet, on se demande si les décideurs qui se sont succédé depuis le 14 janvier à la tête des différents pouvoirs exécutifs avaient réellement l'intention de réformer les médias tunisiens et de revoir leurs modèles de gestion, ou la volonté était simplement de les maintenir dans cette situation de crise perpétuelle pour qu'ils ne puissent pas mener à bien leur mission de sauvegarde de la construction démocratique ?


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