La Juve s'intéresse à Isco ?    Le Gouvernement Mechichi dos au mur !    Laisser ouvert et fermer à la fois, et gare à botter en touche !    Tunisie – Concours: Ouverture des candidatures pour le Prix Zoubeida Bchir des écrits féminins tunisiens    Dhafer L'Abidine héro du film de vampires "Bloodline" accessible sur la plateforme de streaming Shahed    Cléo Cohen et les mémoires béantes    Alain Rey, célèbre linguiste et figure du dictionnaire «Le Robert», est mort    « Donner aux autres la possibilité de s'accomplir autrement que par le monde matériel »    Tunisie : Le groupe terroriste "Al Mahdi dans le sud tunisien" aurait revendiqué l'attaque de Nice.. Une enquête est ouverte    Souk At-tanmia, des dons pour épauler les entrepreneurs en Tunisie    Le PDL s'insurge contre la création d'un organisme fictif à l'ARP    Il faut faire preuve de plus d'audace pour la LF 2021, déclare Tarek Cherif    Un nouvel accord commercial entre le Royaume-Uni et la Tunisie    Loi de finances rectificative : besoin d'alternatives, et en urgence    CONDOLEANCES    DECES : Brahim HAJJI    Ventes de smartphones : Samsung redevient numéro un mondial    Tunisie : Avancement de 60 % des travaux d'aménagement du village artisanal à Kébili    Tunisie: 13 nouvelles infections au coronavirus à Médenine    SNCFT : Changement de la programmation des dessertes des trains sur la ligne de la Banlieue-Sud de Tunis    Fadhel Moussa - Lutter contre les troubles sociaux: Tirer les leçons du passé historique    Electrostar : Un chiffre d'affaires en baisse de 27% (30 09 2020)    Hakim Ben Hammouda, expert et spécialiste en économie, ancien ministre des Finances, à La Presse : « Seul un état d'urgence économique pourra sauver les institutions de l'Etat »    Le point sur l'épidémie du coronavirus : Mise à jour du 30 octobre 2020 à 11H00    Foot-Europe: le programme du jour    La poésie en questions | Le prisme des philosophes I    Film «Lettres du continent» des Studios Kabako : Et la danse dans tout ça !    Volleyball | La nouvelle saison démarrera en décembre !    Cyclisme | Championnat du Monde Mountain bike en Turquie : Habouria classé 37e    Les cours reprennent normalement lundi dans les écoles françaises    Contrebande | Des oiseaux rares et menacés d'extinction saisis à Tabarka    C'est une situation de faillite    Le port du masque en voiture est nécessaire sinon obligatoire pour plus de 2 personnes    Décès de Bouali Mbarki, Secrétaire général adjoint de l'UGTT    Paris SG : Neymar touché aux adducteurs    Tunisie : Le parlement condamne l'attaque de Nice : " Cet acte ne représente ni les tunisiens ni les musulmans en général "    Coronavirus : 156 nouvelles contaminations et 2 nouveaux décès à Nabeul    Bouali Mbarki n'est plus    Météo: Prévisions pour vendredi 30 octobre 2020    Le terroriste de Nice est arrivé à Lampedusa fin septembre    La Tunisie condamne « fermement » l'attaque de Nice    Attaque de Nice : L'assaillant serait d'origine tunisienne    Mohamed Larbi Bouguerra: Netanyahou, bientôt orphelin de Donald Tromp ?    France : Nouvelle attaque armée à Avignon    L'attaque de Nice.. Le bilan s'alourdit. Nouvelles données sur l'assaillant    Le maire de Nice : Je confirme que tout laisse supposer à un attentat terroriste    Wissam Ziadi et Marouen Ben Rejeb, co-fondateurs de l'association méditerranéenne ART et Nature (AMAN) à La Presse : «Boubli» cible les jeunes au cœur de la ville    Duel surprise Trump-Biden dans l'Etat de Géorgie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Khalil Lahbibi, président-fondateur de «Blech Esm», à La Presse : «Nous tenons à sensibiliser sur l'état délabré des constructions»
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 09 - 2020

Quinze jeunes de 20 à 28 ans forment depuis peu le collectif «Blech Esm». Khalil Lahbibi, fondateur du collectif, tente de joindre études supérieures et passion pour les arts et veille à appliquer dessins, graffitis et peinture dans l'espace public. Le 15 septembre 2020 a eu lieu l'inauguration de la plus grande fresque murale de Tunis, située du côté du Passage, à l'intersection de la rue de Borj Bourguiba et la rue du Parc. Une œuvre imposante et attractive sur laquelle s'entrecroisent aliens, étoiles, galaxies, ovnis... Ce projet finalisé est baptisé «The largest Fresco in Tunisia» : il a donné un nouveau souffle aux quartiers populaires situés aux environs. Khalil Lahbibi nous dévoile les dessous d'une initiative esthétique.
Comment l'aventure «Blech Esm» a-t-elle commencé ?
Il s'agit d'un collectif. Des jeunes se sont rassemblés dans le but de fonder «Blech Esm». C'était en décembre 2017. Certains d'entre nous étaient fraîchement étudiants, et on voulait créer une œuvre, tout en poursuivant nos études. Joindre création et études, c'était l'idéal. Après, on s'est dit, pourquoi ne pas commencer par une structure ou autre ? «Blech Esm» a été créée. On a commencé à travailler et la demande augmentait. On suscitait l'intérêt et la curiosité via les réseaux sociaux. Au fur à mesure, on faisait appel à des personnes diverses qui soient spécialistes dans une discipline précise : dessins, calligraphies, graffitis… Je tiens à dire que, pour moi, tout cela a commencé avant le bac. Au moment où je devais m'orienter, je voulais choisir des études supérieures qui soient dans la même veine que «Blech Esm» et j'ai opté pour le design d'intérieur. Le collectif se compose désormais de 15 personnes en tout: 10 travaillent les graffitis et les autres se chargent de la communication, du design graphique et d'intérieur. Ceux et celles qui travaillent sur une tablette graphique ne peuvent travailler sur le mur, comme c'est le cas ici. «Blech Esm» est un groupe qui se complète.
Qu'avez-vous déjà comme créations à votre actif ?
On a commencé par des créations commerciales, en nous emparant des restaurants, cafés, bars, des ONG, des associations... tous les 6 mois, on vise une zone rurale, ou décentralisée comme el Kabaria, Kessra, etc. Par ailleurs, on est passé par l'Ecole nationale de Carthage aussi. A chaque fois, ce sont de petites œuvres. Cette grande fresque a demandé de l'argent et beaucoup de temps. Même si initialement, on avait prévu de travailler une immense fresque. On devait en commencer une l'année dernière dans un autre endroit, une maison de la culture pas loin. La direction nous a imposé le travail et s'est immiscée dans le contenu, on a donc laissé tomber. On voulait traiter de l'environnement, le directeur voulait parler de problèmes sociopolitiques. Sa zone à lui était sale, et donc, des messages en rapport avec la protection de l'environnement pouvaient être beaucoup plus impactants. On est apolitique, on a même refusé par le passé de travailler avec des partis politiques. Ça fait partie de la charte. Jusqu'au jour où, de bouche à oreille, on s'est retrouvé ici, face à cet immeuble...
img data-attachment-id="73959" data-permalink="https://lapresse.tn/73957/khalil-lahbibi-president-fondateur-de-blech-esm-a-la-presse-nous-tenons-a-sensibiliser-sur-letat-delabre-des-constructions/la-plus-grande-fresuqe-murale/" data-orig-file="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?fit=850%2C491&ssl=1" data-orig-size="850,491" data-comments-opened="1" data-image-meta="{"aperture":"0","credit":"","camera":"","caption":"","created_timestamp":"0","copyright":"","focal_length":"0","iso":"0","shutter_speed":"0","title":"","orientation":"0"}" data-image-title="la-plus-grande-fresuqe-murale" data-image-description data-medium-file="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?fit=300%2C173&ssl=1" data-large-file="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?fit=850%2C491&ssl=1" class="wp-image-73959 size-full jetpack-lazy-image" src="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?resize=850%2C491&ssl=1" alt width="850" height="491" data-recalc-dims="1" data-lazy-srcset="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?w=850&ssl=1 850w, https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?resize=300%2C173&ssl=1 300w, https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?resize=768%2C444&ssl=1 768w, https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?resize=519%2C300&ssl=1 519w" data-lazy-sizes="(max-width: 850px) 100vw, 850px" data-lazy-src="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/la-plus-grande-fresuqe-murale.jpg?resize=850%2C491&is-pending-load=1#038;ssl=1" srcset="data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP///yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7"La plus grande fresque murale de Tunis, située du côté du Passage, à l'intersection de la rue de Borj Bourguiba et la rue du Parc.
(Crédit photo : Hechem Sghiri)
Justement, qu'est-ce qui vous a finalement poussé à opter pour cette avenue, cet immeuble, cet emplacement ?
Le propriétaire du bar en bas était enthousiaste, ensuite le proprio de l'immeuble. Comme on voulait rester au centre-ville, ça tombait bien. On nous a fourni quelques matériaux, on a apporté ce qu'on avait aussi. Un budget minime au départ ... puis les charges se sont accumulées et on a dû faire appel à des associations et des sociétés comme: Intigo, Mawjoudin We Exist, By Lehwem, Iltikaaa, Shanti, Fondation Kamel Lazaar... Elles se sont chargées des prises en charge comme celles des photographes, du matériel, etc.
Et pourquoi avez-vous choisi cette thématique-là précisément ?
Quand on a pensé à la première plus grande fresque murale de Tunis, on voulait une œuvre qui nous reflète et qui soit sans nom «Blech Esm». On nous demande souvent pourquoi «Blech Esm» ? Parce qu'on pense qu'on n'est pas obligé de mettre des noms sur tout. Chacun a son interprétation de l'œuvre au final... Libre court ! Le récepteur donc, avec sa construction sociale, sa mentalité, sa formation, son idéologie religieuse ou culturelle peut la lire à sa manière. Ça nous allait ! On a finalement choisi un arrière-plan pour travailler dessus, des éléments attractifs pour attirer les gens comme la galaxie, l'espace, l'univers... On voulait attirer les gens et rendre notre travail «instagrammable», bon à être publié sur Instagram et les réseaux sociaux en général. Les gens s'arrêteront, prendront un café, feront des photos devant, etc. L'emplacement est très central. Il y a eu une dynamique importante. L'accueil des habitants des environs était plus que satisfaisant : d'ailleurs, je précise qu'il ne s'agit pas d'un seul immeuble mais de deux. On envisageait une partie plus réduite, et cela a tellement plu qu'on s'est finalement étalé. Et ils demandent à ce qu'on en fasse plus... Les autorités, comme la municipalité et les forces de l'ordre étaient coopérantes, très réceptives et souples. Elles nous proposaient même d'autres quartiers... (rires). On pensait que les gens âgés allaient être plus rigides, mais au final pas du tout...
Le travail, en tout, a pris un mois et une semaine. Pourquoi tout ce temps ?
C'est vrai qu'on crée, mais on apprend encore. C'est la première fois qu'on fait une fresque aussi grande, avec cette dimension-là, avec des techniques aussi pointues... On s'est gouré d'échafaudage, par exemple. Ça nous a ralentis. Dans des espaces plus petits, le travail était plus clair. On s'est lancé tout en apprenant sur le tas, en quelque sorte. On a commis des erreurs en plein travail, on apprend... au lieu de la faire en 3 semaines comme c'était prévu, on l'a terminée avec un peu de retard. Le travail était détaillé et prenait de la hauteur. Il nous manquait aussi une télescopie au quotidien, ça aurait accéléré les choses. L'avoir pour 700dt la journée, ce n'est pas rien.
img data-attachment-id="73960" data-permalink="https://lapresse.tn/73957/khalil-lahbibi-president-fondateur-de-blech-esm-a-la-presse-nous-tenons-a-sensibiliser-sur-letat-delabre-des-constructions/blech-esm/" data-orig-file="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?fit=850%2C491&ssl=1" data-orig-size="850,491" data-comments-opened="1" data-image-meta="{"aperture":"0","credit":"","camera":"","caption":"","created_timestamp":"0","copyright":"","focal_length":"0","iso":"0","shutter_speed":"0","title":"","orientation":"0"}" data-image-title="blech-esm" data-image-description data-medium-file="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?fit=300%2C173&ssl=1" data-large-file="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?fit=850%2C491&ssl=1" class="aligncenter wp-image-73960 size-full jetpack-lazy-image" src="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?resize=850%2C491&ssl=1" alt width="850" height="491" data-recalc-dims="1" data-lazy-srcset="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?w=850&ssl=1 850w, https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?resize=300%2C173&ssl=1 300w, https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?resize=768%2C444&ssl=1 768w, https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?resize=519%2C300&ssl=1 519w" data-lazy-sizes="(max-width: 850px) 100vw, 850px" data-lazy-src="https://i2.wp.com/lapresse.tn/wp-content/uploads/2020/09/blech-esm.jpg?resize=850%2C491&is-pending-load=1#038;ssl=1" srcset="data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP///yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7"
D'autres fresques sont-elles programmées... au centre-ville surtout ?
On ne voulait pas nous focaliser sur le centre-ville au départ... parce qu'on croit beaucoup à la décentralisation. Quand on pensera à changer d'emplacement, il faut que nous soyons prêts et que tout soit étudié. On ne veut pas seulement travailler et déguerpir, on tient à ce que notre travail soit participatif en impliquant les gens du quartier choisi. Les initier en quelque sorte : nous, on est de passage à chaque fois, ce sont eux qui restent au final, et c'est à eux de poursuivre nos accomplissements. Nos initiatives futures seront dans cette rengaine-là. On se développe avec le temps, et on essaie toujours de voir si on peut devenir une association, une société... Un statut qui nous aiderait à persévérer. Depuis toujours, on a voulu faire cela, notre plus grand problème, c'était le financement. On voulait nous agrandir pour mieux nous autofinancer et pouvoir ainsi travailler davantage sur terrain, concrétiser.
On a choisi d'être une société finalement, pour pouvoir tisser des liens et travailler notre réseau : c'est important et avec 8 partenaires actuellement, on ne peut qu'en être fiers.
C'est excellent de croire en la décentralisation, mais, vous ne pensez pas qu'il y a aussi beaucoup à faire au centre-ville de Tunis, la vitrine du pays ?
Effectivement, à part l'avenue Habib Bourguiba, la vitrine par excellence, une fois dans les environs, c'est laid, comme ici. Comme on fait de l'architecture d'intérieur, on ne peut être que connaisseurs des constructions coloniales par exemple qui restent intouchables.
Tout comme les édifices italiens, tunisiens, musulmans, etc. Quand on est tombé sur cet immeuble, il y avait des parties démolies : on les a peintes pour mieux mettre en exergue leur état. On fait ce qu'on peut pour embellir le lieu, mais on tient aussi à sensibiliser sur l'état délabré des constructions. C'est pour cela qu'on s'est tenu à la peinture et au dessin, sans rien changer à l'aspect. On essaie à travers notre travail d'attirer l'attention des passants mais surtout celle des autorités censées remédier à l'état des lieux alarmants. On va être certes au centre-ville mais si on a les moyens, autant l'être partout.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.