Réactions des réseaux sociaux à la vidéo de Rached Khiari    Kamel Ben Younès et Hanen Ftouhi ne sont plus à la tête de la TAP et Shems FM    Tunisie- Rabeh Khraifi s'exprime sur les répercussions d'une interprétation élargie du concept de «forces armées»    Décès de la juge Leila Bahria    Tunisie: Sahbi Ben Fraj appelle à lever l'immunité à Rached Khiari [Audio]    Affaire de la BFT : Badreddine Gammoudi propose l'expertise des députés spécialisés dans la finance    Près de 69% de progression des investissements déclarés dans les industries exportatrices    Tunisie-Libéralisation des prix de 3 boissons chaudes: La chambre syndicale des cafetiers clarifie    Tunisie: Augmentation des prix de l'essence et du gasoil dès mardi 20 avril 2021    Super Ligue : Ligue et Fédération allemandes soutiendront "toute mesure de l'UEFA"    Le point sur l'épidémie du coronavirus : Mise à jour du 20 Avril 2021 à 11H00    Tunisie: Vers la fermeture des frontières?    Contrôle économique : Des spéculateurs pris en flagrant délit !    La compensation, un vrai casse-tête pour le gouvernement : Entre exigences et réalité    Nizar Yaiche : « la solution est politique avant d'être technique »    Saïda Garrach : Critiquer ne veut pas dire divaguer !    ARP : refus de toute proposition de cession de la BFT    Ooredoo lance une édition limitée de 4G Boxes aux couleurs de PSG    Commentaire | N'aggravez pas encore la crise    Club Africain : deux matchs amicaux au programme    Ligue 1 : on connait la date du derby de la capitale    Premier League : Mourinho limogé par Tottenham    La Société Nouvelle d'Impression de Presse & d'Edition | SNIPE « SNIPE LA PRESSE & ASSAHAFA »: AVIS DE VENTE N°01/2021 de déchets d'impression et de journaux retournés invendus    Ce qui reste à faire    Contrepoint | Ramadan 2021 : difficultés en vue    Audition du ministre de la Santé : Qui n'a santé n'a rien    Kamel Doukh : La Tunisie aura gain de cause dans l'affaire des déchets italiens    Exposition collective «L'espace du dedans, livres d'artistes» à la galerie A. Gorgi : Un médium d'art total    Tunisie – VIDEO : Mekki : Personne n'a le droit d'interpréter la constitution    Tunisie – Rym Mahjoub infectée au covid malgré sa vaccination    Espace | Vol d'un hélicoptère sur Mars    Tunisie: Hanen Ftouhi renonce à sa nomination à la tête de Shems Fm    Mood Talent organise sa 36e édition à Dar El Marsa du 23 au 25 avril    Ons Jabeur 25e au classement WTA après sa qualification en finale du tournoi Charleston    Tunisie: kais Saied présente ses condoléances à son homologue égyptien    "Covid'Art Espoir" s'engage pour CoviDar    Tunisie – Coronavirus: Nouvelles mesures du 18 au 30 avril, que risque-t-on en cas d'infraction?    Dans sa lettre de l'autre rive à Hannah Arendt : Le J'accuse de Sophie Bessis    Tunisie : Le mois du patrimoine en ligne du 18 avril au 18 mai    Les indiscrétions d'Elyssa    Qui y a-t-il derrière les catastrophes en Egypte et à qui profitent-elles ?    Mes odyssées en Méditerranée: Cachez-moi ces images que je ne saurais voir…    «Le Cadeau» de Farah Nabulsi: Court simple et très émouvant    Par Henda Haouala – La série TV « Ken ya Makenech » : délicieuse, grave et soignée    La prochaine mission habitée vers la Lune se fera dans un vaisseau de chez SpaceX    La Russie interdit l'entrée sur son territoire de responsables de l'administration Biden    Sfax | 3 migrants clandestins secourus et 21 corps repêchés    Tunisie: Vers l'inscription de deux sites Tunisiens dans le patrimoine mondial de l'Unesco    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Tribune |Tunisie : le mur de la dette en 2021
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 01 - 2021


Par Skander OUNAIES
L'année 2021 verra la Tunisie faire face à trois contraintes économiques majeures. Il s'agit, d'une part, des conséquences, particulièrement en termes de chômage (près de 250.000 chômeurs supplémentaires) et de désindustrialisation (35% des petites et moyennes entreprises sont menacées de faillite), du taux de croissance négatif du Produit intérieur brut (PIB) pour 2020, estimé par le Fonds monétaire international (FMI) à -7%. Certains économistes n'hésitent pas à dire, que ce taux risquerait fort d'être, hélas, dépassé et pourrait se rapprocher des -10%, analyse, qui reste, à mon sens, très défendable, compte tenu des taux de (dé)croissance du PIB donnés par l'Institut national de la statistique (INS),respectivement, des second et troisième trimestres-21,7% et -6 %, comparativement à l'année précédente.
D'autre part, de l'impossibilité quasi certaine de financer le budget compris dans la loi de finances (LF) 2021, car il nécessite des financements extérieurs de l'ordre de 4 milliards d'euros, une somme très difficilement mobilisable sur le marché financier international, vu la dégradation récente de la notation souveraine du pays (rang B) par l'agence Fitch Ratings (novembre 2020), qui passe de stable à négative .Enfin, du niveau des dettes publique et extérieure, qui verront leur montant quasiment atteindre des pics insoutenables pour l'économie. C'est sur ce dernier constat, dangereux à tous points de vue, que se focalise cette analyse.
Une erreur de politique économique fatale
Comment la Tunisie a-t-elle abouti à cet engrenage de l'endettement, qui impliquera, obligatoirement en 2021, des choix décisifs en termes de stratégie de gestion de dettes. Deux éléments majeurs expliquent, à notre sens, la situation actuelle. Il s'agit, d'une part, d'une erreur manifeste de diagnostic économique, effectué en 2012 par le premier gouvernement tripartite Troïka I, issu des élections législatives d'octobre 2011,qui a considéré que la Tunisie subissait un choc de demande, et donc il fallait appliquer une politique de relance par la demande (augmentations des salaires), alors que, réellement, le pays subissait un choc d'offre, suite aux différents mouvements sociaux observés, nécessitant ainsi une action immédiate en faveur des entreprises, par une subvention des coûts, ainsi qu'un report momentané des différents paiements, afin de maintenir la compétitivité de ces firmes et contribuer ainsi à maintenir, autant que possible, l'emploi.
D'autre part, pour financer les déficits résultant des différents augmentations de salaires, ainsi que des recrutements aberrants effectués dans la fonction publique (92.000 fonctionnaires recrutés en 2012, selon le Journal officiel), l'Etat a dû emprunter, surtout à l'extérieur, pour faire face, entre autres, à cette explosion de masse salariale, couplée à une croissance atone. Il en résulte, selon une étude de l'Institut tunisien des études stratégiques (Ites 2018), que l'encours de la dette publique, a été multiplié par 3, entre 2010 et 2018, et sa part dans le PIB progressé de 40,7% à 71,7% entre 2010 et 2018. Toutefois, cet endettement n'aura servi à rien en termes de croissance pour le pays, puisque, sur la période 2007-2010, la Tunisie empruntait 0,5 dinar pour réaliser 1 dinar de croissance. Ce même dinar de croissance nécessitera en 2011-2014, un emprunt de 1,2 dinar. En revanche, sur la période 2015-2018, la Tunisie empruntera 1,8 dinar pour réaliser, toujours, 1 dinar de croissance.
On constate ainsi l'efficacité quasi nulle, à partir de l'année 2011, de l'emprunt extérieur sur la croissance du PIB. Ces chiffres sont à rapprocher de l'envolée de la dette extérieure, dont la part dans le PIB passe de 37% du PIB en 2010 à 86% en 2018 (FMI), pour culminer à 107,8% du PIB pour l'année 2020, toujours selon le FMI (avril 2020). Cette situation résulte du creusement des déficits budgétaires depuis 2011, liés, entre autres, à une baisse drastique du taux d'épargne nationale qui passe de 23% du PIB en 2011 à 2% du PIB pour l'année 2020.
Le mur de la dette pour 2021
Ainsi, pour 2021, la Tunisie aura à faire face à une dette publique de l'ordre de près de 100% du PIB, si l'on inclut les pertes des entreprises publiques, ainsi que le montant à payer (estimé à près de 1 milliard de dollars), pour le litige de la Banque franco-tunisienne (BFT), tout en considérant, pour la même année, une dette extérieure, qui sera, vraisemblablement, et selon les différents stress tests (tests de soutenabilité de la dette) établis par le FMI, supérieure à 100% du PIB. Cette pression financière se prolongera jusqu' en 2025, vu les échéances de remboursements qui se profilent.
La crise sanitaire en cours et ses effets à venir poseront certainement des problèmes graves en termes de remboursements de dettes, pour lesquelles, à mon sens, on aurait dû négocier, depuis 2015-2016, une restructuration, car la marge de manœuvre était encore possible, sachant qu'elle ne l'est plus actuellement. Il en résulte pour le pays, dans ce cas, une seule voie possible, celle d'un nouvel accord avec le FMI, qui permettrait d'éviter la situation d'un « mur de la dette », mais dans ce cas, l'Institution imposerait, certainement, des conditions économiques et financières draconiennes pour le pays. L'économiste Michel Aglietta affirme qu' « il n'y a de monnaie légitime qu'adossée à une souveraineté », pour le cas de Tunisie, à partir de 2021, cette réflexion prend une signification vitale.
S.O.
* Ancien conseiller économique, Fonds Souverain du Koweït (KIA)
Professeur à l'Université de Carthage


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.