Accusé de trahison et de corruption par Rached Khiari, Imed Hammami répond    Tunisie – L'inestimable cadeau de Saïed à Mechichi    Le PNUD et 16 organisations de la société civile tunisiennes partenaires    Tunisie: Kais Saied souligne l'importance de lutter contre l'extrémisme religieux    La Tunisie organise sa 1ère foire virtuelle internationale de l'artisanat    Football : Programme TV de ce samedi 10 avril 2021    Covid-19 | Nabeul : 3 décès et 89 nouvelles contaminations    Le chef de l'Etat au Caire sur invitation du président Al Sissi : Recoller les morceaux, penser l'avenir    Express    Energie : Le mix énergétique comme solution pertinente    Attijari bank et le PNUD organisent conjointement le Hackathon Tek-صح    Le Bardo se met à l'intelligence artificielle    Tunisie- Hichem Mechichi en visite à Gabès : Le projet Désert joy [vidéo]    Education Nationale | lancement du projet onusien sur l'autonomisation du système éducatif en Tunisie : Favoriser la résilience des jeunes face aux discours violents    Tunisie – Une moyenne de plus de quinze heures de jeûne par jour    MEMOIRE : Zakia LADHARI veuve Mustapha El BEHI    Tunisie – Démarrage des travaux de la réunion périodique des gouverneurs à l'Aouina    Tunisie – Mechichi : « Il y a des « parties » qui veulent surfer sur la crise du covid » !    L'Utap dénonce la fermeture des marchés hebdomadaires    Environnement | Débarrassez-moi de ces ordures…    Projet «Ciné labo» de Abdallah Chamekh : Instaurer la culture de la production cinématographique en milieu scolaire    Tunisie: Aujourd'hui, déviation partielle du trafic sur la route nationale n°9    Championnat arabe d'athlétisme à Tunis : Un tremplin pour Tokyo    News | La dernière saison de Khazri chez les Verts    Vague d'expatriation de nos footballeurs : Libye, le nouvel eldorado !    Mechichi donne le coup d'envoi de la 2ème édition du programme Startup Tunisia    «Souk al mout'â» (Le marché du plaisir), recueil de nouvelles en arabe de Mounira Rezgui : Des mots comme autant de réverbères    Tunisie- Agressions contre les journalistes: Yosra Chikhaoui, une autre victime    Angleterre : Cavani indécis sur son avenir à Manchester, d'après Solskjaer    Tunisie: Kais Saied visite les sites historiques du Caire [vidéo]    Tunisie: En images, mouvement habituel après l'entrée en vigueur du couvre-feu à Médenine    Covid-19 : 43 décès supplémentaires et 2010 nouvelles contaminations enregistrés le 8 avril 2021    Tournoi de Charleston : Ons Jabeur qualifiée pour la demi-finale    Disparition : Mort du prince Philip, époux de la reine Elizabeth II    Bilan Covid-19 : 2010 nouveaux cas et 43 décès en Tunisie    Tunisie-Moncef Marzouki : "Toutes mes excuses à l'âme de Mohamed Morsi et aux martyrs de Rabaa et des autres terribles massacres!"    Décès du prince Philip, époux de la reine d'Angleterre    La poésie en questions: Mimesis et métaphore    Par Henda Haouala – Séries TV tunisiennes : un marché de production à prendre au sérieux    Invocation pour accueillir le ramadan    La consolidation des liens de sang procure la richesse et la longévité    LC Afrique (Poules): programme de la dernière journée    Nouveau tirage - Où trouver le livre de Mohamed Ennaceur : Deux République, une Tunisie (Vidéo)    Sortie du livre de photographie "Winter Bloom" de Souheila Ghorbel    Lutte contre l'immigration clandestine : Des radars spéciaux pour localiser tous types de bateaux dans un rayon d'environ 18 km    Elimination d'un couple terroriste à Kasserine : Sommes-nous face à une «communauté» terroriste retranchée sur les hauteurs ?    Kasserine : Un couple de terroristes tué à Mont Selloum    40 dirigeants mondiaux invités au Sommet virtuel des dirigeants sur le climat    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Blocage politique inédit : Ego, rien que de l'ego !
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 03 - 2021

Conquête du terrain et de la proximité, hyperréactivité à l'événement, rhétorique, mise en scène de soi et autres, il existe mille façons de faire de la politique, mais pour nos responsables et nos hommes politiques, on préfère provoquer des querelles inutiles mais aussi multiplier les apparitions médiatiques devenues, en majorité, contre-productives.
Il s'agit certainement de la crise politique, sociale et économique la plus compliquée qu'ait connue la Tunisie depuis la révolution. Mettant en péril la stabilité du pays, sa présence diplomatique dans cette période pandémique, la crise révèle également l'incapacité de toute la classe politique à trouver le consensus et conduire le pays dans ces moments les plus difficiles.
Il semble que le scénario que tout le monde redoutait depuis 2011 commence à se profiler à l'horizon. Crise financière sans précédent, blocage politique inédit, absence de consensus, situation sanitaire tributaire de l'accès aux vaccins qui tarde toujours, la Tunisie n'aura jamais connu pareilles situations. Elle est malheureusement victime de l'absence d'une élite politique post-révolution capable de faire face à ce genre de moments exceptionnels. Tous les observateurs s'accordent sur le fait que les querelles politiques, la mauvaise gouvernance et les faux pas et décisions que nous avons enchaînés depuis les événements du 14 Janvier conduiront, sans aucun doute, le pays vers l'effondrement. Sauf que les appels et les avertissements, notamment ceux lancés par les économistes, sont restés sans réponse, alors que toute la classe politique sombrait dans des conflits politiques interminables.
En effet, le pays est en train de payer le prix cher des contre-performances politiques que multipliaient nos responsables et toute la classe politique, exposant le pays à de véritables risques d'effondrement des finances publiques et de déstabilisation sociale.
L'actuel blocage politique n'est qu'un exemple de plus illustrant l'incapacité de l'élite politique de prendre les rênes du pays. Alors que l'entêtement politique nous conduit à une crise inédite, Ennahdha part à la conquête de la rue dans une démonstration d'un spectacle déjà vu. Sauf que la Tunisie est aujourd'hui en pleine crise économique et sociale et ne pourrait pas faire face à la moindre déstabilisation. On ne peut pas, de ce fait, s'offrir le luxe de se hasarder dans de telles manœuvres politiques aux conséquences inconnues.
Autovictimisation
Ce qui explique aussi et surtout ce maigre bilan politique depuis 2011 n'est autre que l'ego des hommes politiques et de nos responsables. Alors que personne n'a voulu faire son mea culpa, on ne faisait qu'accuser ses adversaires politiques sans pour autant réviser ses propres positions et prestations politiques. C'est aussi ce qui explique l'effritement de plusieurs partis politiques post-révolution pris au piège de la divergence.
Certes, pour certains politiques, il est légitime de prétendre changer la société et faire émerger des idées nouvelles et advenir un monde meilleur qui présente un moteur suffisant. Sauf que cette volonté ne doit en aucun cas tourner à l'égocentrisme dont sont victimes nombreux de nos politiques et responsables.
Conquête du terrain et de la proximité, hyperréactivité à l'événement, rhétorique, mise en scène de soi et autres, il existe mille façons de faire de la politique, mais pour nos responsables et nos hommes politiques, on préfère provoquer des querelles inutiles mais aussi multiplier les apparitions médiatiques devenues, en majorité, contre-productives. En effet, les réseaux sociaux sont devenus les pires ennemis de nos responsables. Utilisés sans modération, à tort et à travers, ces plateformes sont devenues un moyen de mise en avant de l'image de soi et conduisent fréquemment à des usages ostentatoires pour nourrir davantage son ego.
Récemment, la crise de Tunisair et le limogeage de son ancienne PDG, Olfa Hamdi, ont mis à nu ce côté pervers de l'usage de ces plateformes. Accusée de mensonge, sur fond de son conflit avec l'Union générale tunisienne du travail, cette dernière est allée jusqu'à partager ses diplômes au grand public. S'adressant au secrétaire général de l'Ugtt, Noureddine Taboubi, Olfa Hamdi a publié sur le réseau Facebook les copies de ses diplômes accompagnés de son attestation de réussite au baccalauréat afin de démentir les accusations de falsification portées à son encontre.
Parmi les stratégies visant à séduire la foule, figure également celle qui repose sur l'autovictimisation. En effet, dans la mesure où le titre de victime désigne, avant tout, un statut social, certains responsables et politiques se présentent sur la scène publique en victime, en s'appropriant les traits distinctifs de cette catégorie dans son contexte social. Cette pratique d'autovictimisation relève en effet de toute une stratégie politique visant à séduire et à s'adresser aux sentiments, aux émotions, plutôt qu'à la raison.
Toujours dans ce conflit opposant l'Ugtt à Olfa Hamdi, le secrétaire-général de la centrale syndicale, et ce n'est qu'un exemple, a puisé dans cette politique d'autovictimisation pour redorer son image. Lui qui affirme être la cible de menaces de mort a lancé, en effet, un appel aux émotions, d'autant plus que de nos jours, tous les personnages publics sont exposés à ce genre de menaces.
Au fait, ce que nous pouvons confirmer, c'est que le pays, outre les problèmes économiques et sociaux, est également victime du rendement de toute une classe politique et des responsables qui se sont succédé à la tête des postes clés. Aujourd'hui, cet entêtement, cet ego politique et ces caprices ne font qu'empirer la situation d'un pays livré à une crise multidimensionnelle inédite. Et c'est aussi ce genre de pratiques politiques qui visent à exporter les querelles politiques vers la rue, dans une manœuvre politique extrêmement risquée. Car, en effet, au lieu de se pencher sur les moyens de sortir de cette crise politique, certaines parties veulent l'exporter vers la rue déjà en effervescence.
Cette carence d'élite politique, due à de mesquins calculs partisans, est une faute politique doublée malheureusement d'une faute morale. Elle ne cesse de fragiliser la «transition démocratique» présentée comme un exemple à l'étranger. Quoi qu'il en soit, l'heure est à l'unité nationale, alors que pour certains observateurs, la Tunisie est déjà dans le gouffre.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.