Un entraîneur étranger à la tête de la sélection tunisienne ? Un membre de la Fédération s'explique    Ligue 1 pro : la date du match EST – USBG fixée    Chaos dans le ciel grec : tous les vols suspendus    Bientôt les contrôles : calendrier officiel du deuxième trimestre 2025-2026 dévoilé !    Alerte routière : appel urgent à la vigilance sur les routes tunisiennes    Choc politique : la vice-présidente prend les rênes du Venezuela    Météo : nuages et pluies attendus ce dimanche    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    voici les dates des obligations fiscales de janvier pour ne pas être surpris    Match Tunisie - Mali : comment regarder en direct sur Internet ?    Opération antiterroriste à Kasserine...un terroriste neutralisé !    CAN 2025 : Deux absences majeures pour le Mali face à la Tunisie    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    CAN 2025 : Sénégal-Soudan, Mali-Tunisie... le programme du samedi 3 janvier    Prix littéraires: une moisson à améliorer (Album photos)    Amer Bahba dévoile la situation météorologique des prochains jours [Vidéo]    Par les noms : remaniement du bureau du Parlement et commissions bientôt renouvelées (vidéo)    Cité des Sciences à Tunis : l'ATSN organise sa 12e Journée dédiée à la nutrition, au diabète et à l'IA    FILT 2026 : candidatures ouvertes aux Prix de la Créativité littéraire et aux Prix de l'Edition jusqu'à fin janvier    Samsung exploitera un hall d'exposition autonome au CES 2026 pour une expérience unique de l'écosystème AI    ''Bourguiba, l'orphelin de Fattouma'', ce dimanche matin à Al Kitab Mutuelleville    Alerte du ministère des Finances : voici les dernières échéances fiscales de janvier 2026    Ministère des Finances : calendrier officiel de paiement des dettes et amendes pour 2026    Zahran Mamdani prête serment sur le Coran et entre dans l'histoire de New York    Conseil de sécurité: Vives contestations de la reconnaissance du Somaliland par Israël    Tahar Bekri : Voeux de l'oiseau patient    L'Année 2026 sera l'année de la lecture en Tunisie : pour réconcilier les jeunes avec les livres    La startup "PayDay" et la "BTE" lancent une nouvelle dynamique bancaire à fort impact RSE    Note de lecture : Une Reine sans royaume, de Hella Feki    Hammam-Lif : lancement officiel des travaux de restauration du Casino historique    Signature de cinq accords tuniso-saoudiens à Riyad    De l'invisibilité à l'hyper-visibilité: le voile dans l'imaginaire onusien    Tunisie-Japon : SAITO Jun prend ses fonctions et promet un nouvel élan aux relations bilatérales    Kaïs Saïed : seule l'action sur le terrain fera office de réponse    Elyes Ghariani - Le Style Trump: Quand l'unilatéralisme redéfinit le monde    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Allemagne : une femme voilée peut-elle encore devenir juge ? La justice tranche    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Trois marins portés disparus après le chavirement d'un bateau de pêche au large de Skhira    Après le choc de Fordo... l'Amérique se prépare à une arme encore plus létale et dévastatrice    Ouverture de la 26e édition des Journées théâtrales de Carthage    Béja : Deux femmes blessées après un jet de pierres contre un train de voyageurs (vidéo)    Il pleut des cordes à Nefza: Une journée sous le signe des intempéries    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    Le Dollar clôture le mois de mai sous les 3 Dinars sur le marché interbancaire    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    Coupe de Tunisie : ESS 2-4 ST, les stadistes au dernier carré avec brio    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'UGTT propose onze points pour débloquer la crise politique
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 09 - 2021

La Centrale syndicale semble s'inscrire davantage dans une démarche politique visant à placer le Président de la République devant un fait accompli : on vous soutient, oui ! Mais vous ne pouvez pas faire cavalier seul dans cette situation de blocage. C'est, en tout cas, ce que veut faire entendre la Centrale syndicale en multipliant dernièrement ses manœuvres d'ordre politique.
Plus d'un mois et demi après les évènements du 25 juillet, les choses sont toujours au point mort, du moins en ce qui concerne la mise en place d'un nouveau gouvernement. En dépit de quelques décisions, des descentes spectaculaires dans les entrepôts de spéculation, des arrestations et des affaires de justice, la crise politique est loin d'être résolue. Ce qui a valu une pression étrangère de plus en plus grandissante.
Sauf que cette pression ne parvient pas uniquement de l'Occident. A l'intérieur, le Président de la République est également sous pression. Autant dire que la situation de tension dans l'échiquier politique persiste encore, impliquant même les organisations nationales.
Parmi ces organisations figure assurément l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt) qui n'a cessé, depuis plusieurs semaines, d'appeler à une feuille de route, jusqu'à ce qu'elle ait décidé de dresser la sienne ! Le dernier tête-à-tête entre Kaïs Saïed et le premier responsable de la Centrale syndicale remonte au 26 juillet, le lendemain du coup de passage en force opéré par le Président de la République et ayant fini par la prise de tous les pouvoirs. Depuis, les canaux de communication ne se sont pas renouvelés entre les deux parties, et pour l'Ugtt on se contentait de quelques déclarations appelant le Chef de l'Etat à clarifier ses positions.
Il n'en demeure pas moins que depuis le 25, Saïed a invité à maintes reprises le président du patronat, Samir Majoul, pour multiplier ses messages aux hommes d'affaires et aux Tunisiens.
Hier, lundi, Taboubi a haussé le ton pour défendre sa structure et pour s'adresser implicitement à Kaïs Saïed. « Nul ne pourra gouverner la Tunisie, tout seul », a-t-il laissé entendre, mettant en garde contre toute atteinte à la Centrale syndicale. « Présentez-nous votre vision, et nous allons la discuter et l'approuver », s'est-il encore adressé à Kaïs Saïed, se montrant attaché aux choix nationaux pour la Tunisie.
Face à ce blocage, l'Ugtt était contrainte d'agir en proposant sa vision de sortie de l'actuelle crise politique. Vendredi dernier, la Centrale syndicale a rendu publique sa feuille de route dressée par la direction des Etudes et documentations dans l'objectif de résoudre l'actuelle crise d'ordre politique, économique et sociale.
Nouveau gouvernement, élections anticipées
Cette feuille de route repose sur la capacité de Kaïs Saïed à gérer la prochaine phase politique. En premier, l'Ugtt pense qu'il est indispensable d'accélérer la mise en place d'un nouveau gouvernement pour affronter les défis économiques, sociaux et sanitaires. Un gouvernement restreint composé de compétences nationales qui n'auront pas la possibilité de candidater lors des prochaines élections et seront responsables uniquement devant Kaïs Saïed.
Ensuite, il est nécessaire de délimiter dans le temps les mesures exceptionnelles que le Président de la République a décrétées le 25 juillet. Le troisième point, concerne « la création d'une instance nationale consultative dont la mission sera de mettre en œuvre une réforme politique incluant le régime politique, la loi électorale, et la Constitution ».
Pour la Centrale syndicale, il est également nécessaire de transférer le rapport de la Cour des comptes sur les résultats des élections présidentielle et législatives de 2019 devant les autorités judiciaires compétentes et mettre en place les mécanismes adéquats pour concrétiser les décisions qui en émanent. Cet appel fait allusion aux infractions qualifiées de graves commises par certains partis politiques, notamment en ce qui concerne le financement politique étranger.
Outre des garanties législatives et légales, mais aussi des procédures administratives pour purifier la vie politique, l'Ugtt veut également ouvrir les dossiers de corruption relatifs à quelques instances nationales, comme l'Inlucc et l'IVD, mais aussi une révision du code des collectivités locales.
En résumé, ce sont les points de cette feuille de route présentée par l'Ugtt à l'opinion publique, reposant essentiellement sur la capacité du Président de la République à gérer la prochaine phase politique, économique et sociale et à mener sa guerre contre la corruption.
Vers l'amendement de la Constitution ?
Cette feuille de route intervient en marge d'une polémique provoquée par les déclarations d'un conseiller du Président de la République portant sur une possible suspension de la Constitution. Si le Chef de l'Etat s'est clairement déclaré pour le respect de la Constitution, il n'a pas manqué de préciser que certains amendements restent possibles. Ses propos ne sont pas passés inaperçus. Dans des déclarations médiatiques, le secrétaire général de l'Ugtt, Noureddine Taboubi, a appelé à l'organisation d'élections anticipées, pour élire un Parlement qui devra, par la suite, statuer sur un éventuel changement du système politique et de la Constitution. Une façon de dire que l'Ugtt refuse toute suspension de la Constitution par le Président. « Un changement est nécessaire et les réformes sont inéluctables. Toutefois, une intelligence politique est requise pour passer d'une situation à une autre. Les Tunisiens qui sont sortis dans les rues le 25 juillet ont exprimé un ras-le-bol de la situation et non pour défendre une personne en particulier », a tenu à clarifier Taboubi.
Dans ce contexte, le deuxième responsable de l'Ugtt, Sami Tahri, a estimé que la Tunisie est face à deux voies : le dialogue ou la dictature. « Deux voies et pas de troisième : le partage et le dialogue, bien évidemment, selon des conditions ou l'autocratie et la dictature et ce qu'elles peuvent engendrer comme soumission définitive aux exigences étrangères », s'est-il exprimé.
En tout cas, dans sa démarche, l'Ugtt a pu s'offrir de nombreux soutiens. Primo, la récente entrevue entre Taboubi et la présidente du Parti Destourien Libre (PDL) a été interprétée comme un possible rapprochement entre les deux parties, ce qui renforcera la position de la Centrale syndicale. Secundo, le secrétaire général d'Attayar démocratique, Ghazi Chaouachi, a annoncé que son parti soutient les propositions de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt) qui visent à faire sortir le pays de la crise.
En résumé, l'Ugtt semble s'inscrire dans une démarche politique visant à placer le Président de la République devant un fait accompli : On vous soutient, oui ! Mais vous ne pouvez pas faire cavalier seul dans cette situation de blocage, c'est ce que veut dire la Centrale syndicale en multipliant dernièrement ses manœuvres d'ordre politique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.