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L'Afrique vaut plus qu'un relais de croissance
Forum Afrique Développement
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 02 - 2016

De notre envoyé spécial à Casablanca Ridha MAÂMRI
La présidente de l'Utica a saisi l'occasion pour passer des messages positifs, et véridiques, sur la situation en Tunisie, sans pour autant occulter les difficultés conjoncturelles auxquelles fait face le pays. «L'entreprise à elle seule n'est pas en mesure de relever tous les défis», précise-t-elle, lançant ainsi un appel à trouver un consensus autour de l'économie, comme cela fut le cas avec la transition politique.
Grand-messe de promotion de la coopération Sud-Sud. Environ 2.400 participants, venus de 29 pays, ont répondu présents à l'invitation au Forum Afrique Développement, organisé à Casablanca (Maroc), par le Groupe Attijari Wafa Bank et Maroc export, sous le signe «Agriculture et électrification : libérer les énergies». Au menu 4.500 rendez-vous B2B, un marché de l'investissement dédié aux rencontres B2G et une plateforme électronique baptisée «Club Afrique Développement».
Tout est préparé à l'avance et les participants n'avaient qu'à consulter leurs agendas ou les ordinateurs mis à disposition dans l'espace B2B pour vérifier leurs rendez-vous et le programme détaillé des activités.
C'est un concept qui a évolué au cours des années pour répondre aux sollicitations des clients et des partenaires du groupe bancaire, a précisé M. Mohamed Kettani, son président-directeur général. La quatrième édition s'inscrit dans un contexte international turbulent, poursuit-il, dans lequel l'Afrique ne pourra pas se contenter de son statut de relais de croissance. De plus en plus de pays africains se dotent d'un plan de développement, mais l'organisation d'un décollage du continent se fait encore attendre, regrette-t-il. Pour ce faire, le banquier énumère une série de préalables : constitution de blocs économiques, investissement massif dans le capital humain, la bonne gouvernance, les partenariats publics privés, un large épargne qui assure l'autonomie financière...
Du pain sur la planche. Le temps est venu pour passer à l'action et en finir avec les discours stériles, fait-il comprendre à demi-mots, en vue de franchir un nouveau cap en matière de partenariat Sud–Sud. Et ce n'est guère une forme d'exclusion, précise M. Kettani, mais il est temps de concevoir un nouveau modèle de partenariat avec les opérateurs du Nord. Un modèle capable de valoriser les potentialités du continent.
De son côté, l'éminent homme d'affaires nigérian, Tony Elumelu, président de la fondation en son nom dédiée à l'entrepreneuriat, a exprimé sa satisfaction de prendre part à ce forum qui réunit des Africains du nord et de l'ouest. Cela coïncide avec son objectif de dépasser le cadre stricto-sensu du business pour aller vers l'unité des Africains, sans discrimination aucune. Sa fondation a financé des jeunes entrepreneurs à travers le continent, dont 4 Marocains, illustre-t-il, appelant ses confrères à jouer pleinement leur rôle dans le financement de l'investissement, notamment les jeunes promoteurs.
Des terres fertiles, des ressources hydriques abondantes et une main-d'œuvre disponible. Bien que tous les préalables semblent réunis, l'exploitation des terres arables en Afrique reste à des niveaux faibles et peu satisfaisants. Face à ce déficit, le ministre d'Etat gabonais de l'Agriculture, Mathieu Mbomba Nziengui, a plaidé pour une agriculture moderne et rentable. Plus que la sécurité alimentaire, de telles exploitations sont de nature à freiner la cadence des embarcations de fortune qui poussent des jeunes africains sur les côtes de l'Europe, si jamais ils réussissent les deux dangereuses traversées du Sahara et de la Méditerranée. Pour ce faire, il serait nécessaire d'activer de nouveaux leviers, notamment des soutiens aux agriculteurs et un cadre favorable au partenariat public-privé.
Mais tous les leviers de développement, agricole entre autres, restent tributaires de l'activation d'un autre plus puissant, celui de l'énergie. L'ancien ministre français, Jean Louis Borloo, qui porte la casquette de la fondation Energie pour l'Afrique, a estimé que «si le taux d'électrification de l'Afrique était de 100%, on aurait observé des taux de croissance de 15% sur une bonne période». L'énergie est le prérequis à l'accès aux droits humains et une vie décente, interpelle-t-il une salle archicomble de décideurs africains. Il a plaidé en faveur de la mise en place d'un mécanisme de financement accéléré pour actionner une deuxième indépendance, énergétique cette fois, précise-t-il. « Et pour les liquidités, il y en a à travers le monde», rassure-t-il.
La Tunisie à l'honneur, mais...
Dans l'espace B2B, M. Tawfik Mlayah, responsable Afrique au sein de l'organisation patronale, attend l'appel pour se rendre à son rendez-vous d'affaire pré-organisé. Approché par La Presse, il s'est félicité de l'organisation d'une telle manifestation d'envergure, réunissant près de 2.400 participants, dont plusieurs de ses clients et de ses partenaires africains. C'est une occasion pour être à leur écoute et assurer le suivi des affaires déjà mises sur pied.
«La Tunisie ne devrait pas rater un tel évènement», continue-t-il, mettant en exergue la participation massive des entreprises tunisiennes. Après un moment de silence, M. Mlayah a tenu à rappeler que la Tunisie était pionnière sur les marchés africains, alors qu'elle se trouve, à l'heure actuelle, en position de suiveur. « J'aurais aimé que cela soit organisé à Tunis », regrette-t-il. Mais nous avons manqué de stratégie et de vision pour l'Afrique, selon M. Mlayah, qui a profité de l'occasion pour remercier les organisateurs du Forum qui ont invité les entreprises tunisiennes.
Hormis les opérateurs privés, la présence de la Steg Internationale Services (SIS) est particulièrement marquante dans ce forum placé sous le signe de l'électrification. L'expertise de la compagnie tunisienne est très prisée par les pays africains qui accusent un retard dans le taux d'électrification, ne dépassant pas les 10% dans les zones rurales. A cet égard, on croit savoir que la filiale internationale de la Steg est sur le point de signer deux contrats avec deux pays présents, et les négociations, à un stade très avancé, vont bon train. La demande est importante, mais la concurrence aussi, d'où il vaut mieux dévoiler à temps ces deux marchés. Le Pdg de SIS, M. Mohamed Ammar, a soutenu que la compagnie joue le rôle de locomotive en faisant appel à des fournisseurs tunisiens pour réaliser les marchés qu'elle décroche grâce à sa notoriété et son expertise. Deux qualités prouvées par le développement exponentiel du capital de SIS, qui s'est multiplié par soixante en l'espace de dix ans, de 500 mille dinars à 30 millions de dinars.
Un peu plus loin, au «Marché de l'investissement», un espace d'exposition a été aménagé pour sept pays, dont la Tunisie, dans lequel des rencontres B2G, entre des officiels de ces pays et des investisseurs potentiels. Le stand Tunisie, animé par la Fipa et le Cepex, est bien positionné en face de la porte d'entrée. Plusieurs visiteurs ont contacté les responsables tunisiens pour demander des détails sur plusieurs secteurs d'activité dont l'agriculture. Une séance a été également consacrée à la délégation tunisienne pour présenter les atouts du site tunisien, lors de laquelle l'accent a été mis sur le secteur de textile, notamment la filière technique, l'offshoring, les IME, l'aéronautique, le tourisme...
Mme Widad Bouchemaoui, présidente de l'Utica, a saisi l'occasion pour passer des messages positifs, et véridiques, sur la situation en Tunisie, sans pour autant occulter les difficultés conjoncturelles auxquelles fait face le pays. «L'entreprise à elle seule n'est pas en mesure de relever tous les défis», précise-t-elle, lançant ainsi un appel à trouver un consensus autour de l'économie, comme cela fut le cas avec la transition politique.


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