Le sens du devoir poussé à l'extrême, Remy Bedu débarque, encore une fois en Tunisie, pour assurer la formation et l'émergence de champions tunisiens. Autant il connaît les secrets de la réussite, autant il déverse une vision et un projet mobilisateurs. L'engouement, la compétence, la passion, la volonté, la mémoire y sont souvent forts chaque fois qu'un formateur de la trempe de Remy Bedu débarque en Tunisie. Les champions vont, les champions arrivent, et le golf tunisien continue à jamais, main dans la main, avec l'une des figures les plus impressionnantes du golf mondial et jamais en rupture de stock. Les golfeurs qui sont passés par là connaissent le secret qui permet d'être et d'avoir été. Formateur au sein du ‘'Professionnel Golf Association'', Remy Bedu a été désigné par l'instance mondiale du Golf, le ‘'Royal and Ancient Saint Andrews'', pour former à partir d'aujourd'hui et pendant une semaine les Pros (les entraîneurs) tunisiens. «Cette fois, ma mission revêt une importance particulière. Ma priorité serait d'encadrer les joueurs des équipes nationales garçons et filles, et notamment ceux qui sont retenus pour les championnats d'Afrique 2016, de continuer d'intervenir dans la formation des enseignants et développer le golf chez les plus jeunes. Pour atteindre cet objectif, je vais m'entourer des entraîneurs nationaux qui font du très bon travail toute l'année et en qui j'ai une grande confiance. Mais je demanderais aussi l'aide et la bonne volonté des entraîneurs des 2e et 1er degrés qui sont bien formés et qui sont également aptes à encadrer des bons joueurs. Ce sont eux qui côtoient les joueurs tout au long de l'année, ils les connaissent et savent comment fonctionnent leurs swings. J'interviens comme consultant et j'apporte un regard extérieur, mais bien averti». On le sait déjà, le golf est à la fois l'une des disciplines sportives les plus éprouvantes et les plus passionnantes. Constamment attendu, Remy Bedu a toujours œuvré conformément à une conscience au quotidien. Le devoir de performance, encore et toujours. Le tout dans une perpétuelle remise en cause. Convaincu par le fait que celui qui n'avance pas recule, il sait pertinemment que le seul moment où on n'a plus rien à prouver, c'est lorsqu'on arrête. «J'ai des principes d'entraînement et le plus important dans ma présence, ici en Tunisie, est de rendre les joueurs autonomes et qu'ils ne dépendent pas de nous pendant le tournoi. Les réglages, les ajustements, les accommodations, ainsi que la confiance doivent se construire cette semaine et pas au dernier moment. J'ai refusé d'intervenir la semaine précédant le tournoi, il sera trop tard pour toucher quelque chose. C'est une semaine de travail approfondi qui doit servir à conforter les joueurs dans leurs choix et leur donner les repères nécessaires pour tenir sous la pression. L'aspect mental sera très important. Par contre, les joueurs sont prévenus: la semaine sera dure et intense. Souvent, l'entraînement est plus dur que la compétition. C'est pour cela que j'utilise parfois cette phrase très ‘'guerrière'' pour illustrer mes propos: «mieux vaut ‘'saigner'' à l'entraînement que de mourir au combat». Décollage imminent Remy Bedu est catégorique : «J'ai souhaité voir les joueurs à l'œuvre sur le parcours, pour les observer et pour pouvoir mieux répondre à leurs besoins. Il y aura beaucoup de réflexion, notamment pour savoir ce qu'ils attendent de l'équipe d'encadrement. Nous ne pouvons pas leur demander de changer leur mode de jouer. Chaque compartiment du jeu sera scruté, décortiqué et fera l'objet d'attentions particulières. Il n'est pas question de passer à côté de quelque chose. C'est pour cette raison que nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés. Au driving (les coups de départ), ils sont appelés à frapper fort, mais en contrôlant la direction. La puissance ne vaut rien sans le maîtrise et la précision. Ils devront être prêts physiquement pour pouvoir être explosif. Pour les attaques de green, nous parlerons de stratégie. A ce propos, je préfère qu'ils prennent le green parfois loin du trou plutôt que de prendre trop de risques et de se retrouver dans des situations difficiles. Le petit jeu sera un point très important et ils devront maîtriser la panoplie complète de tous les coups autour du green. Tout le monde est d'accord pour dire que le coup le plus important est celui qui permet de rentrer la balle dans le trou. Donc, nous mettrons l'accent sur ce compartiment du jeu. Nous aborderons le dosage de la vitesse, la direction, la lecture des pentes...Ils doivent se préparer à passer du temps sur le green...» Les joueurs sont avertis. Ils connaissent Remy Bedu depuis 4 ans et savent qu'ils ont confiance en lui. «Ces jeunes ont du talent et sont motivés, ils ont tout pour réussir. Il faut que quelqu'un gagne pour servir d'exemple et montrer la voie. J'affirme que, bientôt, un Tunisien fera un exploit golfique et il entraînera derrière lui toute une génération. Avec le président, Abdelhakim Ben Halima, le retour du DTN, Naoufel Chouchane, des pros diplômés et formateurs de jeunes dans les écoles de golf, le professionnalisme de la secrétaire générale, Marwa Sassi, et avec toute la fidèle équipe fédérale, nous avons construit les bases d'une pyramide qui verra bientôt un champion accéder au sommet».