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L'école tunisienne et la déroute causée par l'emploi des langues
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 11 - 2021

Par Ridha ZAHROUNI – Président de l'Association tunisienne des parents et des élèves
J e reviens de nouveau sur ce désastre que constitue l'administration des matières scientifiques en langue arabe au cours de la phase préparatoire et, par la suite, en français au cours de la phase secondaire. Une décision prise lors de la réforme de 1991, imposée par des considérations politiques et idéologiques sous le sceau de la souveraineté nationale, mais qui reste, à ce jour, préjudiciable, voire néfaste, du point de vue pédagogique.
Tous ceux qui sont allés à l'école et qui ont réussi leur parcours scolaire, et même ceux qui ne l'ont pas réussi, réalisent la forte corrélation entre la maîtrise d'une langue et la maîtrise des matières, comme les mathématiques et les sciences physiques ou naturelles, administrées dans cette langue. Même les parents ont réagi d'une façon massive contre cette logique appliquée depuis vingt ans, qui n'a rien de logique, sauf priver nos enfants d'un temps scolaire considérable dont ils ont fortement besoin, au même titre que leurs enseignants.
Une décision que je qualifie personnellement de «criminelle» moralement, intellectuellement et humainement, vu qu'elle porte atteinte aux chances de réussite de nos élèves en les privant d'opportunités et de moyens pour améliorer leur maîtrise à la fois du français et des matières scientifiques enseignées dans cette langue. Serait-il réellement difficile de réaliser la grande différence qui existe entre, d'une part, l'instruction d'une langue, l'arabe, le français, l'anglais ou autres, et, d'autre part, l'administration d'une matière avec une langue, qui pourrait être l'arabe, le français ou l'anglais ? Et dans ce cas, le choix de la langue doit être motivé par l'intérêt pédagogique et la projection de l'emploi des matières enseignées par la suite, lors des phases de l'enseignement supérieur et de formation professionnelle.
Des spécialités scientifiques et techniques, de médecine, de pharmacie, d'ingéniorat et même des sciences sociales et humaines et de droit sont encore administrées aujourd'hui, en grande partie, en langue française. On parle même de langages mathématique et scientifique, de langage informatique et des médias ainsi que de langage des arts et du corps qui sont également employées dans le jargon des écoles. Et qu'on arrête de parler d'identité nationale, pour justifier l'enseignement des mathématiques en arabe en citant, par exemple, le cas de l'Allemagne ou du Japon, alors qu'on reste dépendant de l'étranger pour nous approvisionner en céréales ou en huiles naturelles. Et nous ne sommes pas plus ou moins arabes, tunisiens, ou musulmans suivant qu'on parle parfaitement ou non l'arabe.
C'est un argument à la fois péjoratif, discriminatoire et même contraire aux principes des droits de l'Homme. Pour les adeptes de l'enseignement des matières scientifiques en anglais, tout en réclamant d'en faire notre deuxième langue, qu'ils réfléchissent dix plus qu'une quant au coût économique astronomique de ce choix, outre ses implications culturelles et politiques, ainsi qu'aux stratégies à mettre en œuvre et le temps que cela demanderait pour leur mise en application. Avons-nous les moyens pour nous lancer dans cette aventure, alors qu'enseigner des langues, nous pourrions le faire, si nous le voulons vraiment, il faudrait juste mettre les moyens. J'ai eu personnellement l'occasion de discuter de ce sujet avec de hauts responsables du ministère de l'Education, même des ministres.
Tous étaient d'accord avec ce constat. Et tous ont signifié leur impuissance de revenir à la situation qui était avant la réforme de 1991 à cause de la nécessité de la révision de la loi. Or la conjoncture politique, qui était avant le 25 juillet 2021, leur interdit de remettre sur le tapis la question de la place des langues dans nos écoles. Aujourd'hui que la donne politique a changé de main, il est impératif et urgent de lever toute équivoque sur ce sujet en unifiant la langue d'administration des matières scientifiques et techniques tout le long des phases préparatoires et secondaires. Notre école réalise aujourd'hui ses principales fonctions en assurant l'enseignement des disciplines, des connaissances et des compétences en langues arabe et/ ou française.
De ce fait, l'école, notamment l'école de base, doit être engagée à instruire nos élèves pour une parfaite maîtrise de ces deux langues et progressivement l'enseignement de l'anglais pour un emploi très correct, et éventuellement d'autres langues telles que l'allemand, l'italien ou l'espagnol quand cela est jugé opportun et quand les moyens le permettent.
En conclusion, amener notre pays et notre système éducatif sur la voie de l'arabisation de toutes les matières ou chercher à faire de l'anglais la deuxième langue du pays et dans nos écoles est une entreprise majeure et très risquée qui nécessite des moyens énormes et un investissement gigantesque pour la formation des enseignants, la traduction des références et pour la reconversion de toute notre culture. Elle nécessite également une stratégie très compliquée à concevoir et l'emploi de vraies compétences. Alors qu'aujourd'hui, et après 65 ans d'indépendance, nous peinons encore à faire apprendre à nos enfants à bien lire, écrire et parler aussi bien en arabe qu'en français


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