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Comment prévenir l'extrémisme ?
Le cable de Washington
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 04 - 2016


Par Chokri BEN NESSIR
Tout au long d'une semaine, La Presse vous mènera au cœur de la stratégie américaine de prévention de la radicalisation et de la violence extrémiste.
Du Centre de lutte contre le cyberterrorisme, au Bureau de contre-terrorisme, Centre des études sur la violence extrémiste, en passant par l'Institut de santé mentale, l'Institut de paix, les organisations de la société civile actives dans le domaine de la prévention sociale, communautaire et cultuelle.
Tous ces maillons forment une chaîne dont le message est clair : fournir un soutien aux individus vulnérables pouvant être entraînés dans un extrémisme violent.
L'un des axes de la stratégie américaine de la prévention de la recrudescence de la violence et de la montée de l'extrémisme repose sur un rapport étroit avec les chercheurs universitaires.
C'est dans ce cadre que le Centre Cyber & Homeland Security de l'Université George Washington fournit une analyse scientifique sur les questions liées à l'extrémisme violent et non violent. Fer de lance de la recherche universitaire innovante et réfléchie, ce programme est couronné par la production de travaux empiriques qui renforcent la recherche sur l'extrémisme en tant que domaine d'étude distinct.
Le programme vise à développer des solutions politiques pragmatiques à même d'orienter les décideurs, les leaders d'opinion, et le grand public.
Pour atteindre ces objectifs, le programme rassemble une équipe d'experts de différents pays dont les travaux embrassent un large éventail de disciplines.
Le programme fait appel aussi à d'autres compétences pouvant enrichir les travaux telles que des responsables gouvernementaux ayant une expérience dans la sécurité publique et l'application de la loi, des ulémas, d'anciens extrémistes ainsi que des acteurs de la société qui apportent une assistance de première main aux familles en prise avec la radicalisation.
Un extremiste n'est jamais seul
«La radicalisation n'est pas un acte isolé», affirme Mokhtar Awad, chercheur au Centre pour cyber et la sécurité intérieure.
Il estime que la radicalisation est le fruit d'une interaction entre l'homme et le groupe.
On ne peut parler dès lors de «loups solitaires» du moment qu'ils ont à un certain moment été manipulés, enrôlés et commandés.
«Un radicaliste n'est pas quelqu'un qui veut devenir plus musulman que les autres, mais quelqu'un qui veut prendre le contrôle des autres», souligne-t-il. Il rappelle que d'autres organisations qui ont fondé leur action sur la violence, à l'instar de «Blanc suprématie», des organisations racistes, homophobes ou chauvinistes procèdent de la même manière pour attirer dans leurs filets les jeunes.
Et même si le recrutement des jihadistes se fait en ligne, Awad affirme que les médias sociaux étaient seulement les amplificateurs et non pas les créateurs des pensées radicales. Awad a par ailleurs minimisé l'impact du soutien des Etats-Unis à Israël dans sa politique étrangère et qui serait, selon certains leaders arabes et musulmans, à l'origine de la haine que vouent les extrémistes aux Américains.
«Cet argument n'est plus valable»,a dit Awad, faisant remarquer que la violence extrémiste touche à présent des foyers qui ne sont pas concernés par le conflit au Moyen-Orient, citant à titre d'exemple Boko Haram, les shebab...
Profil
Dressant un peu le profil des individus qui ont été recrutés à des fins extrémistes, M. Awad souligne que sur un échantillon de 85 personnes arrêtées et accusées de liens avec Daech, 34 personnes ont été reconnues coupables. Et d'ajouter que 87% des personnes impliquées sont des hommes.
La majorité des personnes interpellées sont des citoyens américains ou des résidents permanents aux USA. 32% de ces personnes sont également des Américains convertis à l'islam. L'âge moyen est de 26 ans.
«Il faut un minimum de six semaines avant que le jeune enrôlé passe le point de non-retour», ajoute-t-il, faisant remarquer, à cet effet, l'urgence d'agir durant cette période pour sortir les jeunes des griffes des extrémistes.
Toutefois, M.Awad affirme qu'on ne peut pas définir un profil clair des extrémistes. Il a par ailleurs reconnu le retard enregistré aux Etats –Unis dans la prévention de l'extrémisme. En effet, depuis les attaques du 11 Septembre, le gouvernement américain a focalisé ses efforts sur la lutte contre le terrorisme.
Ce n'est qu'avec l'arrivée du président Barack Obama et l'apparition de Daech que la prévention de l'extrémisme a été placée au cœur de la stratégie de la sécurité nationale (Homeland security).
«Au départ, il n'y avait pas de stratégie claire.
Il y avait des groupes qui axaient leurs travaux sur l'emploi comme solution d'intégration, un autre qui table sur l'engagement communautaire, etc.» souligne Awad.
En définissant la violence extrémiste comme «un problème» et pas «une crise» aux Etats-Unis, Awad a indiqué que l'intégration, la prospérité et l'éducation des musulmans sont les clés de la solution.
«Il y a nombre de raisons pour être optimiste : les musulmans américains sont intégrés et jouissent d'un bon niveau social. Ils ont atteint des degrés très avancés en matière d'éducation et n'ont pas d'antécédents criminels», affirme-t-il.
Il n'empêche, M. Awad affirme que si la deuxième génération des enfants musulmans aux USA n'est pas bien protégée, elle peut devenir une menace.
«On sait que la radicalisation est un process qu'il faut briser avant que les jeunes ne franchissent le Rubicon», explique-t-il.
L'objectif est clair : fournir un soutien aux individus vulnérables pouvant être entraînés vers un extrémisme violent». Ce processus se décompose en trois étapes : identification des individus vulnérables ; comprendre la nature et le degré du risque et enfin développer un soutien adapté à chaque individu.
L'objectif principal de cette stratégie est de développer, chez chaque citoyen, un sentiment d'appartenance au pays ainsi que le soutien de ses valeurs fondamentales.
NB : Reportage réalisé dans le cadre d'un voyage de presse au profit de quatorze pays et piloté par le Foreign Press Center, relevant du Département d'Etat américain dans le souci de partager l'expertise américaine dans ce domaine.


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