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Le summum de l'irresponsabilité !
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 01 - 2023

CELA bascule vraiment dans l'irréel dans la mesure où la réhabilitation est plus facile à dire qu'à faire. On ne compte plus les crises et à chaque fois que l'on pense au dénouement et à un retour à la normale au niveau de l'enseignement secondaire, les « vieux démons » ressurgissent. Il s'agit d'une guerre suicidaire que mènent des syndicats dont les dérapages se suivent et se ressemblent sans que l'on se rende compte de la gravité de la situation. Le bon sens, la modération et le discernement n'ont plus leur raison d'être face aux dérives du syndicat qui ne reconnaît dans les négociations avec le ministère de l'Education que ce qu'il tient à imposer.
Le secrétaire général, Lassaad Yacoubi, n'a pas hésité à accorder au gouvernement un délai jusqu'à la fin de la semaine, pour « entamer de vraies négociations, faute de quoi l'instance administrative sectorielle se réunira et prendra les décisions nécessaires à l'escalade ».
Yacoubi ne s'arrête pas pour autant là. Il confirme sans hésitation et sans le moindre souci la décision de retenir les notes pour le premier trimestre, et ce, dans le but de « pousser le ministère aux négociations », dénonçant au passage « la politique de silence adopté par le gouvernement ».
Au fil des revendications qui n'en finissent pas, le syndicat et son secrétaire général donnent de plus en plus l'impression de s'habituer à l'irrévocable et de s'y plaire. C'est à ne point douter, le summum de l'irresponsabilité.
L'on peut dès lors imaginer le gâchis causé par un tel dérapage et l'on ne peut forcément se retenir devant les conséquences que cela provoque, quand le niveau de l'enseignement tombe au plus bas et quand l'avenir de nos enfants se trouve ainsi compromis et surtout pris en otage.
Il s'avère, en effet, que le mal est beaucoup plus profond que l'on ne peut imaginer. La crédibilité de l'enseignement en Tunisie serait ainsi affectée par la décadence, voire l'effondrement, de l'instruction, de l'apprentissage et du savoir. Autant de défaillances qui incarnent le syndrome de l'échec et qui ne manquent désormais de s'éclater au grand jour.
C'est le temps de l'amertume et de la désolation au vu de la régression du niveau de l'enseignement, mais c'est surtout aussi le temps de la désillusion. D'ailleurs, ce serait un leurre de s'attendre à une prise de conscience de la part de ceux qui n'arrêtent pas de surprendre par leurs abus et leur excès de zèle. L'enseignement en Tunisie n'a plus la même identité. Il n'a plus la même crédibilité. Quand les actes et les revendications syndicales prennent la forme d'une tendance ambiguë, les manquements et les dérives deviennent une réalité assumée. Une confusion qui traduit un déficit de gestion, mais aussi et bien entendu d'autorité. Les travers, les tares sont visibles à tous les niveaux. Ils inspirent des syndicalistes sans idées ni valeurs et dont la seule ligne de conduite est le populisme, préférant caresser les bas instincts de leurs affiliés et de leur base, au lieu de les hisser à d'autres niveaux...


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