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Inflation et envolée des prix : Quid de la classe moyenne ?
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 06 - 2023

Le ministre des Affaires sociales, Malek Ezzahi, promet que l'année 2023 marquera des avancées au niveau de la lutte contre la pauvreté et de la prise en charge des personnes démunies. « À titre exceptionnel, les plus démunis auront de la chance cette année », avait-il affirmé. Il soutient que « nous avons fourni un grand effort dans l'objectif de rendre heureux les plus démunis et pour leur signifier que l'Etat est présent et ne va pas abandonner son rôle social ».
La Tunisie fait face à des taux de pauvreté considérables. Cette situation a été aggravée depuis 2011 par les problèmes économiques et financiers du pays, la crise pandémique et le conflit russo-ukrainien viennent accentuer le dilemme. La situation est tellement grave que des familles entières basculent du jour au lendemain dans des contextes de précarité et de pauvreté, tant la crise sociale bat son plein.
Certes la pauvreté est un indicateur clé et même scientifique qui témoigne de la situation économique et sociale de n'importe quel pays, mais au-delà, il faut aborder ce fléau sous un angle humain. Car il faut rappeler qu'indépendamment des chiffres, il y a des personnes qui souffrent quotidiennement et qui peinent à subvenir à leurs besoins les plus nécessaires.
Le dernier rapport élaboré par la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale (CESAO) pointe une situation difficile dans les pays africains et asiatiques.
Ces récentes données concernant surtout les inégalités dans la région arabe révèlent que concernant la croissance en Egypte, en Jordanie et en Tunisie, « la guerre en Ukraine a entraîné une hausse du coût de la vie en raison de la situation complexe des marchés de l'énergie et des produits de base, entraînant une augmentation estimée à 15% des prix des denrées alimentaires et une augmentation de 25% hausse des prix du carburant en 2022 ».
De ce fait, le rapport explique que ces pays, dont la Tunisie, « ont connu une nette augmentation de la pauvreté en 2022 par rapport aux années précédentes, en particulier par rapport aux années précédant la pandémie de COVID-19. En Jordanie et en Tunisie, les taux de pauvreté correspondants en 2022 étaient respectivement de 26,6% et 23,4%, explique ce même rapport ».
On explique cette situation surtout par la double crise provoquée par la pandémie du coronavirus et le conflit russo-ukrainien. En effet, la pandémie et la guerre en Ukraine ont exacerbé la pauvreté monétaire et les privations dans plusieurs dimensions liées aux capacités des ménages, d'autant plus que de nombreux pays arabes ne sont pas équipés pour faire face à ces crises supplémentaires. D'ailleurs, selon les données de la Banque Mondiale et en raison du coronavirus, plus de 600 mille tunisiens ont basculé dans la pauvreté.
De plus en plus de pauvres
Autant dire que la Tunisie faisait déjà face à ce fléau même avant la crise du coronavirus. Tous les économistes s'accordent autour de ce constat : les évènements du 14 janvier 2011 ont marqué le début du déclin du pouvoir d'achat des Tunisiens et l'explosion de la situation sociale dans certaines régions. Cela s'explique notamment par l'absence d'une politique publique visant à préserver toutes les couches sociales.
De ce fait, la Tunisie compte ces dernières années de plus en plus de familles pauvres. Pour les économistes, la crise ne fait que commencer, d'où de nouveaux risques d'appauvrissement de la population tunisienne.
Autant dire que même pour les classes aisées, le quotidien des Tunisiens devient de plus en plus douloureux, et la crise ukrainienne, mais avant les effets de la pandémie, ont enfoncé le clou. Pour les autorités, qui semblent s'engager dans une réforme profonde des finances publiques, il faut préserver les classes sociales les plus démunies, pour éviter l'effet d'un château de cartes et protéger la paix sociale.
Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) avait révélé, dans ce contexte, des chiffres alarmants sur la pauvreté en Tunisie. Ces chiffres sont issus d'une étude laissant croire que la Tunisie compte désormais plus de quatre millions de pauvres, sous l'effet de la crise économique.
Cette étude estime qu'il est considéré comme étant pauvre, tout Tunisien dont le revenu journalier est de moins de 4,8 dinars et extrêmement pauvre celui dont le revenu journalier est de moins de 3 dinars. Toujours selon la même source, près du tiers de la population serait pauvre, à « cause des politiques et des choix financiers ainsi qu'à cause des répercussions du coronavirus ».
Même si ce chiffre semble inquiétant, il vient confirmer, malheureusement, les propos du ministre des Affaires sociales, Malek Ezzahi qui avait confirmé que le nombre des familles nécessiteuses et à faible revenu en Tunisie s'élève à 963 000 familles, soit environ quatre millions de Tunisiens souffrant de la pauvreté.
Le ministre avait promis que l'année 2023 marquera des avancées au niveau de la lutte contre la pauvreté et de la prise en charge des personnes démunies. « À titre exceptionnel, les plus démunis auront de la chance cette année », avait affirmé Ezzahi à l'occasion du mois de ramadan dernier. Il a soutenu : « Nous avons fourni un grand effort dans l'objectif de rendre heureux les plus démunis et pour leur signifier que l'Etat est présent et ne va pas abandonner son rôle social ».
Ces chiffres confirment également que la classe moyenne, principal pilier de la société tunisienne, s'effrite davantage. En Tunisie, la classe moyenne est généralement considérée comme étant constituée de personnes qui ont un niveau de vie relativement stable et un revenu régulier. Ces individus ont souvent accès à l'éducation, aux services de santé et à un certain niveau de confort matériel. Ils peuvent occuper des emplois dans divers secteurs, notamment dans l'administration publique.
Des facteurs tels que le chômage, l'inflation, les inégalités de revenus et les disparités régionales ont contribué à une certaine fragilité de cette classe sociale. Pour certains économistes, la classe moyenne est quasi-inexistante en Tunisie. Ils estiment qu'à ce rythme, cette catégorie sociale de la population qui se situe entre la classe riche et la classe la plus défavorisée, serait en voie de disparition, ce qui creuserait davantage les disparités sociales.
Ce groupe socioprofessionnel regroupe les fonctionnaires, les salariés privés, les petits chefs d'entreprise… En 1984, cette classe moyenne représentait 84 % des habitants contre moins de 50 % en 2018. Les principaux indicateurs de leur régression sont la perte du pouvoir d'achat, le compte débiteur, l'endettement des ménages et autres.


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