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Pour une culture de proximité
‘‘Réartpropriéation'' de l'espace public
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 06 - 2016

La culture au service et à proximité de Tous, in et hors les murs, telle est la politique menée depuis cinq mois par le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine. La ministre en charge, Sonia M'barek, en parle à l'agence TAP : des activités déjà en marche pour cette saison ramadanesque et estivale mais aussi un calendrier varié, dense et polyvalent dont les contours sont clairs jusqu'au début de la nouvelle année 2017.
Principaux points : les circuits culturels ramadanesque et estival, les grandes échéances estivales annuelles et les préparatifs engagés pour des projets d'envergure dont l'inscription des fameuses poupées d'argile de Sejnane, une première pour la Tunisie, sur la liste du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l'Unesco sans oublier les nouvelles couleurs affichées dans le calendrier culturel post-estival jusqu'au mois de janvier 2017. Une série de nouveautés dans la continuité sont évoquées par la ministre lors d'une interview accordée à l'agence TAP.
Les circuits culturels ramadanesques et estivaux : valoriser la culture en tant que valeur qui se partage, loin du huis clos
Convaincue de l'importance sinon de la nécessité urgente et inévitable aujourd'hui de mettre sur les rails et concrètement la notion de «RéArtPropriéation» de l'espace public dans l'approche participative qu'elle défend avec force, Sonia M'barek a tenu à insister sur le rôle que doit jouer désormais la Culture hors des espaces fermés, qui sont des méthodes d'action culturelle dépassées et désuètes. A ce sujet, plusieurs projets ont déjà démarré dans ce sens, des projets porteurs de nouveautés, cette année, et dont le seul crédo est «penser la culture autrement au niveau entre autres de l'animation culturelle».
Ainsi, le premier point concerne le lancement depuis le 14 juin 2016 du circuit culturel ramadanesque dans la Médina de Tunis à l'instar de celui entrepris à Sidi Bou Saïd (banlieue nord de la capitale). Hormis les maisons arabes qui maintiennent leurs vocations et leurs activités, le circuit ramadanesque à la Médina de Tunis consiste en la programmation d'une kyrielle d'activités originales dans le sens qu'elles ne se limitent pas uniquement à la musique. Bien au contraire, un intérêt sera accordé aux expositions, citant l'exposition qui a démarré le 14 juin et qui se poursuivra jusqu'au 30 juillet, de 100 œuvres d'artistes plasticiens tunisiens au palais Kheireddine Pacha, un des espaces intégrés dans ce circuit culturel meublant les nuits de ramadan avec la valorisation de l'artisanat, le chant soufi, les expositions, la présentation de livres, les représentations théâtrales, les carnavals, la déambulation des marionnettes géantes, les soirées poétiques ainsi que des projections de films pour enfants et au large public afin de répondre à tous les goûts, lors de ces sorties nocturnes, et ce, jusqu'au 2 juillet prochain.
Se dressant comme un guide pratique gratuit et accessible pour Tous, le circuit de la Médina de Tunis en ce mois de Ramadan 2016 traverse des lieux de mémoire chargés d'histoire afin de les ré-habiter en y apportant un nouveau rythme : Café Chaouachine, avenue Sidi Ben Arous, place Romdhane Bey, place Bir Lahjar, rue du tribunal, rue Achour, Tahar Haddad, Palais Kheireddine Pacha et Bab Souika. En outre, le centre national de la communication culturelle (CNCC), qui a repris ses activités, sera à la croisée des curieux et avertis en offrant un cadre idéal pour des spectacles de tout genre, de rencontres, d'échanges et de débats en ce mois saint. L'idée, a-t-elle précisé, est de permettre à un large public surtout aux jeunes de bénéficier de la matière culturelle et artistique dans un espace ouvert qui s'inscrit dans le concret dans cette approche participative où le citoyen est impliqué réellement dans l'action artistique et l'animation culturelle en général.
A titre d'exemple, le café Chaouachine vivra au rythme du fdawi, du stambeli, des animations variées de rue avec des spectacles scéniques différents (puisant dans le patrimoine, le folklore....), destinés aux jeunes, notamment aux passionnés de musique qui veulent se produire en leur offrant justement une carte blanche.
Ce circuit, qui se poursuivra après Ramadan, vise également les quartiers populaires défavorisés et la Tunisie intérieure. A cet effet, les délégués régionaux de la culture sont appelés, a-t-elle insisté, à créer cette osmose tout d'abord par la valorisation des médinas avant de passer au stade de la sauvegarde qui nécessite sur ce point un travail énorme. Et pour cette valorisation des lieux de mémoire, symboles de notre riche histoire, les jeunes doivent se sentir concernés. C'est pourquoi, a-t-elle ajouté, les efforts seront axés sur le fait de réunir la société civile, les artistes, les créateurs, les hommes de culture en général de toutes expressions et disciplines pour qu'ils soient en relation directe avec le citoyen afin de construire ensemble cette culture du vivre-ensemble, une culture ouverte qui, en cette conjoncture difficile que traverse le pays, demeure une arme pacifique, pour préserver la diversité et le respect de l'autre, raviver la culture du travail et la culture de l'innovation et de la création. L'objectif ultime étant d'ouvrir des passerelles avec la société civile, où le citoyen aura la possibilité d'agir, d'interagir et de se réapproprier l'espace, loin de cette vision traditionnelle ayant fait de lui un simple observateur-consommateur.
En dehors de ce circuit, un autre festival fera son entrée, à savoir «L'Avenue» pour prendre place à l'avenue Habib Bourguiba, et ce, le 22 juin 2016. En se basant sur l'animation des rues, la programmation prévoit l'organisation, dans une grande scène aménagée spécialement, d'une panoplie de spectacles qui cadrent avec l'ambiance de Ramadan, notamment des spectacles d'art populaire et d'art de la scène qui ne seront pas en reste. L'idée est de faire de l'espace public, un lieu idéal et propice où l'art revitalise cet espace en sortant des murs et des cloisons vers le monde extérieur, la rue.
Mois juillet et d'août 2016 : continuité et renouvellement
La saison culturelle estivale se poursuit après Ramadan avec plusieurs autres rendez-vous et échéances annuelles, à savoir les 52es éditions du festival international de Carthage (13 juillet-25 août) et celui de Hammamet (9 juillet-20 aout), deux éditions qui s'inscrivent dans le prolongement de l'esprit «In» et «Hors les murs» en allant vers les régions avec des écrans géants.
Une nouveauté est d'ailleurs affichée pour le festival de Hammamet qui sortira cette année du cadre habituel du Centre culturel international de Hammamet pour investir les différents coins de cette station balnéaire, notamment du côté du Bordj. La programmation de ces deux éditions, a-t-elle mentionné, est prête et les dates des conférences sont prévues les 11 et 13 juillet prochain.
Pour le festival de Carthage, beaucoup d'invités arabes et des spectacles pour jeunes sont au programme. Hammamet affichera la participation de groupes Underground et de groupes tunisiens en offrant aux lauréats des JMC, comme l'année dernière, l'occasion de se produire, et ce, pour une meilleure visibilité.
Outre ces deux grands événements annuels, il ne faudrait pas oublier également la célébration au mois de juillet du 50e anniversaire du festival international de Testour du malouf et de la musique arabe et traditionnelle auquel le ministère a apporté son soutien, a-t-elle relevé.
Un autre événement de taille, à savoir «Sfax capitale de la culture arabe 2016» dont le coup d'envoi sera donné le 23 juillet et durant huit mois jusqu'à mi-mars 2017. La cérémonie d'ouverture sera faite avec une animation de rue et un spectacle de musique de Mohamed Ali Kammoun, Zied Zouari au violon et des musiciens de Sfax, sachant qu'un intérêt accru a été accordé aux compétences de Sfax sur tous les plans lors de cet événement.
Ouverture de débats et de passerelles avec tous les secteurs
Un autre volet sera au cœur des débats lors de cette saison estivale : les rencontres de discussions sur les solutions à court, moyen et long terme pour les secteurs du livre, du cinéma, du théâtre, des arts plastiques et de la musique.
L'objectif étant de discuter non pas des états des lieux mais pour les parties concernées de définir les cinq priorités afin de mettre en œuvre un plan d'action cohérent et efficient pour faire face aux différentes difficultés et promouvoir petit à petit chacun des secteurs.
Le premier débat sera la rencontre avec les auteurs, éditeurs, libraires et distributeurs le 23 juin à la Bibliothèque Nationale de Tunisie (BNT). Dans ce même esprit, quatre autres rencontres sont prévues au Centre culturel international de Hammamet selon le calendrier suivant : le cinéma (28 juillet), le théâtre (5 août), les arts plastiques (8 août ) et la musique (17 août).
Projet du site Oudhna et inscription des poupées d'argile sur le PCI : un coup d'œil mérité de l'histoire et pour valoriser le patrimoine
Les travaux du projet du site archéologique d'Oudhna vont commencer fin août 2016 pour se poursuivre jusqu'à fin 2017 avec l'aménagement, notamment d'une aire de repos pour accueillir les touristes et visiteurs de tous bords. Oudhna ne sera pas «une simple destination», a insisté Sonia M'barek, mais une «destination intégrée dans un circuit culturel touristique global» et sera marquée également par l'aménagement d'un musée archéologique.
Parallèlement à ce souci constant de mettre en valeur le patrimoine matériel dont regorge la Tunisie, l'accent sera mis sur l'intérêt à devoir accorder au patrimoine immatériel de notre pays. Dans ce sens, «nous allons œuvrer à faire en sorte que le wdossier d'inscription des poupées d'argile de Sejnane soit prêt en 2017, surtout que la Tunisie qui regorge de richesses dans ce domaine n'a rien d'inscrit sur le PCI contrairement à plusieurs pays voisins», a-t-elle fait remarquer.
Inventaire et restauration du Fonds national des arts plastiques: il est temps de passer la vitesse supérieure
Sauvegarder, inventorier, restaurer et numériser telles sont les étapes à entreprendre dans un premier temps pour l'opération de transposition des 12 mille tableaux en état de délabrement qui existent actuellement dans les réserves du palais Ksar Saïd. Conservé dans de très mauvaises conditions, ce fonds national des arts plastiques sera transporté vers les réserves déjà prêtes dans la Bibliothèque nationale de Tunisie (BNT). La première opération consiste à restaurer ces œuvres et à les inventorier avant de passer au stade de numérisation. Une équipe de spécialistes, de représentants des unions et des syndicats des arts plastiques, a été formée afin de garantir le processus d'inventaire des œuvres d'art auquel participeront également des étudiants en beaux arts. Soulignant la nécessité de passer à présent la vitesse supérieure, le déplacement de ces tableaux démarrera dans un mois ou un mois et demi, a-t-elle précisé. Parlant de l'opération de restauration pour beaucoup d'œuvres, d'éventuels partenaires étrangers pourront apporter leur appui, notamment en matière de moyens techniques et d'expertise de restauration.
Un calendrier dense se prépare pour la saison culturelle post-estivale
Il ne faudrait pas oublier également qu'en cette année 2016, l'on fêtera le 50e anniversaire des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) dont la tenue est prévue entre fin octobre et début novembre prochain. Des expositions internationales de grande envergue seront également organisées pour ne citer que l'exposition du Mucem (musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) sur la tolérance entre les religions et l'exposition du Musée de Carthage consacrée à l'ingénieur et archéologue hollandais Jean Emile Humbert au mois d'octobre prochain. Des rencontres de grande envergure sont également au programme dont la rencontre des ministres arabes de la culture à Tunis.
Le ministère apportera toute son aide à toute initiative innovante et originale au service de la culture pour Tous
Parlant d'un agenda culturel riche d'ici 2017, la ministre a fait part de l'engagement de son département à apporter toute son aide aux projets artistiques et culturels originaux, singuliers et qui apportent une plus-value culturelle et citoyenne. A cet effet, elle a mentionné que la sixième édition de la fête des bergers de Sbeïtla bénéficiera d'une attention particulière en 2017 car «il est de notre devoir en cette conjoncture difficile d'encourager les populations à l'intérieur du pays, à changer par eux-mêmes leurs modes de vie, leur comportement avec la culture et donc leur propre destin». Un état d'esprit qui a été bien visible lors de la cinquième édition de cette fête dont le crédo est : la culture et l'art pour Tous, unis contre l'obscurantisme et le terrorisme.


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