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''Catharsis''... : Une femme en crise se remémore, se libère et se purifie
Lu pour vous
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 07 - 2016

Hanène Jannène nous fait accompagner une femme dans la crise de la quarantaine. D'abord pleine de doutes et d'hésitations, son éducation et son indépendance d'esprit la mènent à une honnête remémoration où elle parvient peu à peu à se libérer, à se confier à son thérapeute et à séparer le bon grain de l'ivraie avant de parvenir à la sublimation de ses pulsions
Elle a la quarantaine et, comme beaucoup de femmes de cet âge charnière, elle ne trouve plus sa plénitude dans son rôle d'épouse-mère. Avant de laisser la tristesse de la routine l'attirer vers les abysses du mal-être, son éducation et son indépendance d'esprit la portent vers la consultation d'un thérapeute. Une simple décision qui lui permet lentement de faire la part des choses et de donner leur juste mesure, ni plus, ni moins, à des pensées qui la taraudent et la menacent de profonds déséquilibres.
Elle cogite, cogite, cogite...
Car, avec les années et les vicissitudes triviales de la vie, elle est pratiquement devenue ce que les psychiatres appellent une ‘'compulsive'' souffrant de l'apparition répétée de pensées intrusives (c'est-à-dire des obsessions) qui l'entraînent irrésistiblement.
Elle cogite, cogite, cogite... pêle-mêle sur l'amour qu'elle conçoit comme entier et sans partage, sur la virginité qu'elle sépare des angoissantes questions d'honneur et de préservation pour le conjoint légitime, sur le mariage qui ne lui réussit pas malgré ses efforts de saper le mur qui s'est installé entre elle et son mari, sur le statut d'épouse-mère qui la comble en certains points mais qui lui donne l'impression d'avoir raté son épanouissement, sur ses lectures qui sont l'origine de sa force par leur permanence et leur diversité, sur ses années d'université où elle a rencontré son premier amour, sur des pages écrites par son père et qui les lui font redécouvrir, sur son mari qui la délaisse... et sur ‘ahl al kahf' (Les gens de la caverne).
Elle semble profondément marquée par ce récit de la 18è sourate du Coran, La Caverne, qui évoque les ‘Sept Dormants' (ou trois ou cinq) qui sont restés endormis dans une caverne en compagnie de leur chien durant 309 ans lunaires. Ils avaient décidé de s'y réfugier fuyant une société oppressive et corrompue, détournée de la foi pure en le Seigneur, et qui leur refuse le droit à la libre pensée.
Dans ses cogitations, elle en arrive à la conclusion que c'est plutôt par amour qu'il se sont retirés dans leur caverne, peut-être pour protéger des personnes chères. Et quand le récit relate leur réveil et leur retour vers leur ville, elle explique que s'ils finissent par rejoindre de nouveau la caverne, ce n'est pas à cause de la perte de leurs marques mais parce qu'ils n'ont plus trouvé les personnes aimées.
Une interprétation par l'amour qui en dit long sur ce qui se passe dans son être.
‘'Séparation du bon d'avec le mauvais''
Seulement, alors qu'elle cogite encore et encore, elle se rend compte que si les pensées à répétition la rendent compulsive, elles sont également de manière fondamentale une expression de son être et une force de réalisation de soi.
La voici donc, après ce devoir de mémoire, engagée dans une logique de libération et de purification, dans un chemin de catharsis. Pour elle, ce chemin signifie la ‘'séparation du bon d'avec le mauvais'', l'irrésistible inclinaison à faire la part des choses à l'égard de ses propres passions, un moyen de les convertir. Elle rejoint ainsi ce que la psychanalyse, depuis Freud, voyait dans la catharsis : une remémoration affective et une libération de la parole qui peuvent mener à la sublimation des pulsions. Une mixture de propreté matérielle, celle du corps, et de pureté de l'âme, une action où il s'agit de ‘'nettoyer, purifier, purger''.
D'alpha à oméga, c'est le chemin choisi par Hanène Jannène pour son héroïne qu'elle semble vouloir dresser en exemple de toutes ces femmes tunisiennes éduquées, ayant du caractère et des ambitions mais se retrouvant comme piégées dans la trivialité de la vie de tous les jours, et finissant par se reprendre en main, par renouer avec elles-mêmes et avec les leurs.
L'ouvrage
‘'Catharsis'', 224p., mouture arabe
par Hanène Jannène
Editions Addiwan, 2015
Disponible à la Librairie al Kitab, Tunis.


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