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Derby, mode d'emploi
Auditoire limité rime avec ambiance atténuée
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 10 - 2016

La ferveur ne s'achète pas à coups de «pognon» et ne s'improvise pas à coups de restrictions, elle perdure par le biais des émotions.
Le derby tunisois a quelque peu perdu de sa superbe, non pas en raison de l'écart de niveau (ça reste relatif), mais depuis l'imposition des quotas de supporters. Il est forcément temps de changer le cours des choses. Mais plus tard, la décision étant encore renvoyée aux calendes grecques. Bref, ce ne sera pas pour cette fois-ci. Dommage pour les passionnés et autres inconditionnels jusqu'à la mœlle. Il paraît que c'est le match de l'année et que la Tunisie s'arrêtera de tourner pour le suivre. Cette explication au sommet s'est imposée comme l'affiche incontournable du championnat sans jamais décliner via un intérêt sportif illimité. La preuve, le favori n'est pas toujours certain de l'emporter alors que l'outsider peut se révolter le temps de ce match de vérité. Du coup, l'avant-derby débute dès la divulgation du calendrier. L'intérêt et la priorité seront de connaître la date du derby et d'en parler (trop tôt, trop tard, trop dirigée...). Et aux médias de prendre par la suite le relais en y allant de leur «punch-lines interposées». Exemple de décor planté, le derby n'aura jamais été aussi électrique qu'au paroxysme de la rivalité entre entraîneurs ou leaders des deux côtés (match dans le match). Les tabloïds, ça coule de source, en mettent une couche. Il faudrait que ça «clash» de partout dans les médias pour chauffer les joueurs et leur déclinaison le jour «J». C'est de bonne guerre car ce folklore médiatique permet de faire monter la sauce, de mettre une certaine ambiance et de rehausser l'intérêt du match. Ça met surtout les joueurs dans l'ambiance et ça ne manque pas de réveiller les pulsions de dirigeants qui nourrissent la polémique. En clair, s'il y a bien un choc dépendant de ses supporters, c'est le grand derby de la capitale. Malheureusement, si le gros des cohortes «sang et or» sera présent dimanche, l'auditoire d'en face sera limité à sa plus simple expression. Et c'est dommage, car les grosses ambiances teintes de rivalités ont toujours bonifié cette affiche. C'est forcément rageant et ça frise la mélancolie. Car l'on ne peut rester taciturne devant cette aberration. Il est capital d'avoir des supporters des deux camps pour un choc de cette ampleur. Sur les gradins, c'est un rituel, une symphonie bien orchestrée. Exemple, il suffit que les supporters adverses fassent plus de bruit pour que les supporters locaux haussent le ton et ainsi de suite pour provoquer une sorte d'inflation de l'ambiance. Ça fait toujours du bien sur le terrain, ça galvanise. Dommage pour le spectacle. La politique du «je ne prends pas de risques» et la prévention pour les tenants de notre sport-roi ont encore été mises en avant. Pourtant, lors de la finale de la Coupe de Tunisie, ça s'est bien passé à quelques exceptions près. C'est quand même plus sympa de voir des «ultras» tailler leurs adversaires. C'est tout de même plus valorisant d'admirer le «Cops» dans ses œuvres de ténor qui nourrit le spectacle. Cela sonne comme une évidence.
Fulgurances, chorégraphies et élans oratoires
Pour que notre «choc national» soit aussi respecté que spectaculaire, il faut un même nombre de supporters des deux camps. Des supporters qui régalent la galerie, qui livrent bataille par l'intonation légitime. Oui, pour que le match soit grand, il ne peut pas simplement être âprement disputé. Il faut de la passion tout autour. Les gens veulent voir des fulgurances, des chorégraphies, des élans oratoires et des larmes de joie ou de dépit. La rivalité envieuse entre l'EST et le CA est naturelle, empirique et traditionnelle. On le sait, elle redonne de l'intérêt à notre football et le sort de sa léthargie. Le derby, le moment ou jamais de trouver un nouveau prétexte pour que Clubistes et Espérantistes se détestent à nouveau, se chambrent et se taquinent sur fond de slogans toujours exhumés sans prendre ne serait-ce qu'une ride. Le courageux qui vient défier le colosse du championnat. Un cliché toujours d'actualité. Cela dope considérablement l'ambiance, suscite l'enthousiasme et crée une alchimie spéciale avec ce niveau sonore assez particulier. Tension, atmosphère exclusive et distinctive, le derby est un référent universel où l'on rivalise d'ingéniosité pour se distinguer. Des «tifos» extraordinaires sont déballés telle une démonstration de force où le compteur de décibels est au plus haut. Ça chante dans tous les sens et ça s'amplifie des deux côtés. Sauf qu'avec les restrictions et autres quotas, le derby a perdu de son sel. On dit souvent que la solution de facilité n'est pas compatible avec la rivalité. Il faut être deux pour que l'envoûtement agisse. EST-CA, c'est un show médiatique. Mais c'est aussi une ambiance de feu, des tribunes garnies et des chants hostiles à tout-va. Cela fait partie du concept de la rivalité et personne ne s'en est jamais plaint. Du moment que cela reste dans les limites de l'acceptable. Avec la mise à l'écart des jeunes de moins de 18 ans, Radès a perdu une partie de son âme. Sa ferveur s'est même parfois éteinte dans un silence assourdissant. Et ce ne sont pas les clubs qui diront le contraire. Mais il n'y a pas que ça. Les supporters ne sont pas masochistes. Ils veulent en avoir pour leur argent tout autant que de rentrer par la suite chez soi sans dégâts, sans embrouilles. Quand ça coince, la plupart ne s'en remettent pas au péché originel. Ce n'est pas une question de fatalité mais d'évolution des mentalités. Faudrait-il un jour recourir aux services de spécialistes de l'événementiel pour organiser un derby ? Allons donc, c'est une initiative quelque peu grotesque, un moyen de détourner le problème. La ferveur du football ne s'achète pas à coup de «pognon» et ne s'improvise pas à coup de restrictions, elle perdure par le biais des émotions et s'abreuve de l'émanation et du rayonnement d'un tout de qualité.


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