Tunisie : un lundi sous tension avec la grève du transport non régulier    Temps instable en Tunisie : vents forts et orages attendus cet après-midi    Nouvelle acquisition stratégique : Nouvelair accueille un Airbus A320neo    Recrutement à l'étranger : la Tunisie joue uniquement le rôle de médiation    Le journalisme tunisien en deuil : décès de Noureddine Tabka    Une grande avancée scientifique - Séquençage et publication des génomes complets de deux variétés emblématiques de blé dur tunisien: Mahmoudi et Chili (Album photos)    La Tunisie brille au Meeting international de Rabat en para-athlétisme    Journée mondiale de la Terre 2026 : la Cité des Sciences à Tunis organise l'événement Génération Terre    Projet Qawafel : 2,28 milliards de dollars d'opportunités d'export à saisir pour les entreprises tunisiennes en Afrique    Le Nigérian Michael Eneramo, ancien attaquant de l'Espérance sportive de Tunis, décédé    Michael Eneramo : qui est-il et quelle est la cause de sa mort ?    Météo en Tunisie : cellules orageuses avec des pluies dans les régions du ouest, centre et sud    Michael Eneramo : le football africain perd une ancienne star de l'Espérance de Tunis    Nasser Kamel : La Méditerranée nous unit. Ses politiques doivent être à la hauteur    Titre    Moutons de l'Aïd : le kilo ne dépasse pas 60 dinars à la source    Vient de paraître - «Dictionnaire des féministes: un siècle de féminisme en Tunisie»    Londres : la carte d'identité tunisienne disponible sur place !    La nouvelle gamme de lave-vaisselle LG présentée à EuroCucina 2026    Négociation de crise: Entre espoir et désillusion    Transport vers la Foire du livre de Tunis 2026 : la TRANSTU renforce ses navettes vers le Palais des expositions du Kram    Vivez par l'image la commémoration du 40ème du décès de Abderrazak Kéfi    Microsoft Defender suffit sous Windows 11, pas besoin d'installer un anti-virus payant, pourquoi?    Omra 2026 : la date de reprise des visas enfin dévoilée !    Mars : découverte qui relance la question de la vie    Météo en Tunisie : temps brumeux, pluies sur les régions ouest    ATB aux côtés de la profession pharmaceutique: un engagement renforcé via le CNOPT    Palais El Abdelliya organise la 4ème édition de l'initiative 'Un monument... et des enfants'    Zouhaïr Ben Amor: L'espèce humaine face à ses propres limites biologiques    Film Michael : Jaafar n'a pas imité, il est devenu le nouveau Michael Jackson dans l'opus hommage    Mare Nostrum Voice Festival en Tunisie pour une 3ème édition au Théâtre de l'Opéra de Tunis    Driss Guiga, l'ancien ministre et avocat tunisien est décédé    Neïla Chaabane - Le professeur Sadok Belaïd nous a appris à réfléchir et à questionner la règle de droit    La menthe verte: Fraîcheur, traditions et art de vivre    La Cité des Sciences à Tunis accueille le Cosmonaute russe Kirill Peskov    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Plages de Takelsa: les effets du changement climatique se font sentir
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 09 - 2025

A Takelsa, une petite ville du nord-ouest du Cap Bon (nord-est de la Tunisie), les effets du changement climatique, dont l'érosion marine, se font déjà sentir sur des plages peu fréquentées et jalousement gardées secrètes par les randonneurs professionnels. L'empreinte humaine se manifeste par l'accumulation de déchets de tous genres, la plupart en plastique.
Sur la plage « d'El Mangaa » et un peu plus loin sur les côtes, des lagons ont gardé leur aspect naturel sauvage, où les vagues, le vent, le sable et le temps ont sculpté des rochers fantastiques offrant un paysage spectaculaire. Hélas, les déchets rejetés par la mer incluant des plastiques ont fini sur le sable et entre les rochers. Près de 80% de ces déchets proviennent de la terre, en témoignage d'un cercle vicieux provoqué par l'homme.
Sur cette partie du littoral tunisien, des criques enclavées qui n'étaient accessibles que par des sentiers de randonnée ou par bateau, reçoivent désormais, environ 1000 visiteurs par jour, selon Mohamed Temimi, fondateur de la start-up d'aventures éco-responsables « Tunisian Campers ». Le plus difficile, toujours d'après lui, c'est d'inculquer aux férus de la nature les pratiques de sa préservation.
Sur la piste qui mène à la plage El Mangaa, il n'y a aucun panneau de signalisation, ni pancarte pour sensibiliser les visiteurs à respecter l'environnement et la propreté des lieux. En l'absence de la municipalité, les seules actions de nettoyage des plages sont menées, quatre fois par mois, par l'Agence de Protection et d'Aménagement du Littoral (APAL) du 18 mai au 15 septembre.
Aussi, pour toute la zone, une seule personne est chargée de collecter les déchets recyclables. Kaïs Habchi sillonne les lieux à pied et ramasse ce qu'il trouve sur son chemin avec des moyens artisanaux. « Les quantités de déchets en plastique augmentent d'année en année », déplore-t-il, espérant obtenir les autorisations nécessaires pour créer son point de collecte à Takelsa et employer au moins deux autres personnes.
Pour Yassine-Ramzi Sghaier, expert en biodiversité marine et cofondateur de l'ONG de conservation marine « TunSea », les plages ne sont pas seulement des espaces où on peut profiter du sable et du soleil, mais aussi des écosystèmes complexes. « Ce que nous devons tous comprendre, c'est que les plages sont les récepteurs de tous ce que nous produisons comme déchets pendant toute l'année. Si tu jettes une bouteille en plastique à Oued Medjerda, tu la trouveras six mois après à Coco Beach (Bizerte) ».
Des actions de sensibilisation sont de ce fait nécessaires, d'autant plus que les associations de la société civile sont absentes à Takelsa. Un appel a été lancé à cette occasion pour y créer des ONG qui pourraient coopérer avec la municipalité et l'APAL durant leurs interventions.
Une première piste vicinale vers la plage d'El Mangaa est en train d'être créée, pas loin de quelques villas de luxe surplombant les eaux turquoises. Elles appartiennent à des hommes d'affaires connus, selon les locaux rencontrés lors d'une visite organisée au profit de journalistes spécialistes de l'environnement.
Cette visite est organisée par la GIZ, à travers son Projet d'Appui à la Gouvernance environnementale et climatique pour une Transition écologique en Tunisie (PAGECTE) en collaboration avec le Projet d'appui aux médias tunisiens (Pamt2). Ces deux derniers sont financés par l'UE et l'APAL, sous l'égide du ministère de l'Environnement en collaboration avec la start-up d'aventures éco-responsables « Tunisian Campers » et la start-up « TunSea ».
L'accès difficile à certaines plages de Takelsa a empêché la dégradation de leurs écosystèmes et a allégé les effets de l'érosion marine, de l'aménagement urbain et de la pollution. « Nous voulons anticiper et préserver ces rivages, en leur épargnant la pression subie par le reste des plages de Nabeul et du Cap Bon, région à forte vocation touristique, principalement axée sur le tourisme balnéaire », a déclaré le représentant régional de l'APAL à Nabeul, Karim Boulifa.
L'APAL, qui avait intégré la plage d'El Mangaa au marché-cadre entre les ministères de l'Environnement et du Tourisme, puisqu'elle répond désormais au critère de densité, y a organisé une action de nettoyage à l'occasion de cette visite. Au total, 47 plages dans la région de Nabeul et du Cap-bon sont concernées par ses interventions.
« Nous ne voulons pas reproduire l'exemple de Coco Beach à Takelsa », a lancé l'expert en conservation de la nature, Faouzi Maamouri, en allusion à l'Île de Coco ou Chatt Coco, une destination touristique très prisée jusqu'à la surexploitation, à Ghar El Melh. Une ruée, non écoresponsable, vers de belles zones enclavées du littoral pourraient mener à la dégradation des écosystèmes et de la biodiversité et à la destruction des habitats.
L'idéal, d'après lui, serait de profiter de la beauté des plages, mais d'une manière durable. « Si le citoyen adopte un comportement civique, on n'aura pas besoin de poubelles sur les plages », a ajouté Maamouri, qui appelle à la création d'une réserve naturelle à Takelsa intégrant le micro-climat et l'écosystème autour de la plage El Mangaa, où se trouve une source d'eau douce à 20 mètres et un couvert végétal très intéressant.
Les plages de Takelsa ne font pas partie, par ailleurs, du projet de protection du littoral contre l'érosion marine couvrant la zone de Béni Khiar à Yasmine Hammamet. Ce projet, l'un des plus ambitieux sur le littoral tunisien, prévoit la protection d'un linéaire de 32 kilomètres.
D'un coût global estimé à environ 300 millions de dinars, le projet, dont le démarrage est prévu début 2026, « va changer la donne environnementale, touristique et économique dans la région de Nabeul et dans tout le pays », espère Karim Boulifa.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.