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Grève des enseignants du primaire : La crainte légitime des familles
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 10 - 2025


© La Presse/ Kouthier Khanchouch
Les parents sont confrontés, encore une fois, à un problème dont ils auraient pu se passer. à peine l'année scolaire vient-elle de commencer, qu'on leur annonce une grève des enseignants du primaire !
Pour un début, c'est inquiétant, dans la mesure où ces parents redoutent une escalade et des risques pour leur progéniture.
La Presse — Malheureusement, beaucoup de syndicalistes n'ont pas encore compris que le temps des grèves à tout venant est révolu.
De plus, on continue toujours à faire l'amalgame entre ce qui est purement revendicatif et ce qui n'est autre que de l'ingérence dans les prérogatives de l'administration.
En attendant, nos syndicats n'ont pas fini de choisir la voie la plus courte pour parvenir à réaliser leurs objectifs.
Dès hier, 7 octobre, la Fédération générale de l'enseignement de base (Fgeb) a mis à exécution sa menace de grève.
D'ailleurs, les enseignants ont inauguré le 13 septembre dernier leur mobilisation en organisant des réunions dans les établissements scolaires. Le 17 du même mois, ils ont organisé des rassemblements.
Alors qu'on est à la troisième semaine de la reprise des cours, la Fgeb n'a pas hésité à débrayer. La Fédération générale de l'enseignement secondaire (Fges) a, justement, publié un communiqué de soutien dans lequel elle invite, entre autres, les enseignants des collèges et lycées qui n'ont pas cours à se rassembler devant les sièges des syndicats régionaux ou devant le siège de l'Ugtt à Tunis.
S'il n'y a rien à dire à propos du droit de grève, il y a, par contre, bien des réserves à émettre. Tant sur la méthode que sur l'opportunité.
Une journée de grève dans le primaire signifie la privation de 1.9 million d'écoliers de 4 à 5 heures de cours.
Sans parler de la perturbation du rythme de vie des parents qui doivent prendre en charge leurs enfants tout en coordonnant avec leur travail.
Bien qu'ils s'en défendent, les syndicats, qui recourent aussi vite aux grèves, ne font que prendre nos écoliers et leurs parents en otage. C'est malheureux de le dire, mais c'est ainsi.
On aura beau invoquer la légitimité d'un tel mouvement, il y aura toujours des critiques auxquelles on ne peut échapper.
Ce qu'il y a lieu de déplorer, c'est la longue liste des revendications formulée par les responsables syndicaux. Ces revendications concernent la situation matérielle des enseignants (primes, promotions, régularisation de la situation professionnelle, etc.) ainsi que d'autres points sujets à polémique. C'est le cas de tout ce qui relève des initiatives propres à l'administration. À l'instar de la désignation des chefs d'établissements ou de leurs suppléants, la révision du rythme scolaire, l'entretien et l'équipement des écoles, etc. En somme, des revendications qui n'ont rien à voir avec le travail syndical.
Ce qui est plus grave, peut-être, c'est que l'on affiche une grande satisfaction en annonçant que la «grève a été observée à 90%». Selon les organisateurs, cela va de soi.
Ce n'est, nullement, un motif de fierté. Bien au contraire, cela devrait susciter la préoccupation et l'inquiétude quant à l'avenir de nos enfants et de notre système éducatif.
Un jour de grève, c'est une journée de perdue. Par ailleurs, les menaces lancées concernant d'autres mesures à venir ne peuvent qu'aggraver la situation. Pourtant, lors de la Journée du savoir tenue le 28 août dernier, le ministre de l'Education avait annoncé la régularisation de la situation d'environ 24.000 agents et enseignants.
En outre, le 25 septembre 2025, six arrêtés ont été publiés au Jort portant sur des augmentations de plusieurs indemnités allouées aux cadres et enseignants du secteur éducatif avec effet rétroactif et dont les versements sont prévus pour 2026.


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