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Au bonheur du jeu et du texte
Théâtre : Héritage, Térka
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 03 - 2017

Malgré un thème qui se prête à l'idéologie, la performance Héritage, Térka, produite par l'Association tunisienne des femmes démocrates, à l'occasion de la célébration du 8 Mars, ne sacrifie point la forme au profit du message.
A première vue, on l'avoue, on se méfie, un peu quand même, comme l'expression d'un tout premier réflexe. Parler d'égalité/inégalité dans l'héritage entre les hommes et les femmes, sans tomber au mieux dans un discours idéologique, au pire dans des slogans creux de campagne suscitait nos appréhensions d'avant le spectacle. La performance théâtrale Héritage, Térka, présentée avant-hier soir au Quatrième Art, est en plus produite, à l'occasion de la journée du 8 Mars, par... l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). Une association historique des femmes tunisiennes connue pour son militantisme de gauche, sa dimension intellectuelle et surtout pour ne point faire de concessions sur les questions féministes. Ce qui est loin d'incarner un défaut, mais conjuguée au théâtre, la fusion peut engendrer un... monstre ! Bref, la gageure était loin d'être gagnée d'avance.
Humour, mime, farce et dérision
Or, plus la performance, interprétée par neuf comédiens amateurs de l'Université féministe Ilhem Marzouki (sept femmes et deux hommes), avance et plus le plaisir du jeu et du texte primait sur tout le reste. La forme n'a point été sacrifiée au profit du fond, bien au contraire. Les acteurs dirigés et encadrés par la jeune Lobna Mlika, du Théâtre national, ont su soumettre le sujet et le message à l'art du mime et de la danse, au bonheur du spectacle, aux couleurs du cirque, à l'humour, à la farce et à la dérision. On déguste le tableau où un père partage les cahiers de ses trois enfants, écoliers — deux garçons et une fille —, à la manière de la mathématique du legs musulman, deux parts et une part, en arrachant quelques pages au profit des garçons pour que l'opération tombe «juste». On rit à gorge déployée lorsque à la lecture du patrimoine d'un géniteur venant de décéder, des maladies dont le diabète, l'insuffisance cardiaque, les rhumatismes et l'impuissance sexuelle sont énumérées par un agent de l'état civil et laissées comme seul héritage à ses deux enfants, une fille et un garçon. Le frère ne réclame qu'une... part ! La scène du discours de campagne faussement féministe et ponctuée de langue de bois d'un prétendant à un poste politique dont le corps se congestionne complètement lorsqu'on lui réclame l'égalité dans l'héritage emporte la salle dans une hilarité générale. La demi-heure de la performance passe comme un éclair. Elle est traversée par un extrait du fameux discours en noir et blanc de Bourguiba où le premier président de la République, père du Code du statut personnel, revendique en mars 1974 l'égalité dans l'héritage. Le discours a été longtemps censuré, car les jours d'après en représailles, l'Arabie Saoudite menace de couper tous ses prêts à la Tunisie.
La pièce jette un éclairage nouveau sur une situation injuste jusqu'à l'absurdité, bien démontrée dans Héritage, qui a fini par être intériorisée par beaucoup de Tunisiens et même par des partis politiques de gauche, taxant ce combat d'«élitiste», de «bourgeois» et de «peu approprié au moment présent». Une situation qui fait pourtant des femmes tunisiennes la moitié de leurs concitoyens hommes, malgré toutes leurs luttes, leurs évolutions, les bouleversements socioéconomiques de ce dernier siècle et les acquis de leur nouvelle constitution, traçant dans le marbre le principe de l'égalité totale entre les sexes (les articles 23 et 46).
Le titre arabe de la performance est un autre point fort de ce travail de groupe. A écouter les sourds silences et les arrière-pensées de ce mot, «terka» évoque un legs malheureux, indésirable, un boulet infligé à une descendance. Mais, à la lueur du débat lancé à la fin de la pièce, et animé par Khadija Cherif du bureau de l'ATFD, l'Association des femmes démocrates semble plus que jamais décidée, en ce 8 mars 2017, à continuer le combat jusqu'à ne plus faire subir aux femmes tunisiennes un destin écrit par le patriarcat ambiant et approuvé par les politiques.


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