La Grèce a accepté des réformes supplémentaires pour sortir de l'impasse, lors de la réunion des ministres des Finances, vendredi, à Malte. Sous pression, Athènes a trouvé un terrain d'entente avec ses créanciers (UE, FMI) sur les réformes additionnelles à adopter pour recevoir un nouveau prêt, dans le cadre du plan d'aide de 86 milliards d'euros. «Nous avons un accord sur les éléments fondamentaux de la politique, en termes de taille, de calendrier et de séquencement des réformes, et sur cette base, les travaux vont se poursuivre dans les prochains jours», s'est réjoui Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, à l'issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, vendredi, à Malte. Ce n'est toutefois pas la fin de l'histoire. La mission technique (Commission européenne, BCE, Fonds de sauvetage de la zone euro, FMI) doit encore retourner à Athènes afin de finaliser les détails avant que le dossier ne revienne sur la table des ministres lors de l'Eurogroupe du 22 mai. C'est au cours de cette réunion, qui s'annonce cruciale, que les ministres pourraient également aborder l'épineuse question de l'allégement de la dette publique qui pèse près de 180% du PIB. Un sujet qui reste extrêmement sensible. «Nous devons maintenant travailler très rapidement» «Nous devons maintenant travailler très rapidement», a averti Jeroen Dijsselbloem. Et pour cause, Athènes risque sérieusement d'avoir besoin d'argent frais pour rembourser environ 7 milliards d'euros en juillet et ainsi éviter de faire défaut. Or, seul un compromis final permettra d'ouvrir la voie à un nouveau prêt. Depuis plusieurs semaines, les négociations sont bloquées sur les réformes des retraites et la fiscalité que la Grèce est sommée d'appliquer après la fin du plan d'aide, en 2019 et 2020, et qui représentent 2% du PIB, soit 3,6 milliards d'euros. Une exigence du FMI, appuyé par l'Allemagne, qui veut s'assurer que le pays poursuivra ses efforts budgétaires et obtiendra un excédent budgétaire primaire (hors coût de la dette) de 3,5% du PIB. Initialement, l'institution internationale estimait que cet effort budgétaire aurait dû être revu à la baisse (1,5% du PIB). En contrepartie, la pilule risque de très mal passer chez les Grecs, sous la tutelle des créanciers depuis 2010. Le ministre des Finances grec, Euclide Tsakalotos, ne repart toutefois pas les mains vides. En contrepartie, il a reçu l'engagement de pouvoir adopter des mesures de dépenses pour financer la croissance en 2019 et 2020 si la cible budgétaire est atteinte, parallèlement aux réformes additionnelles. Surtout, la Grèce espère toujours que la question de l'allégement de la dette sera rapidement réglée. «Nous serons prêts pour que toutes les pièces du puzzle soient en place pour la discussion sur l'allégement de la dette», a fait savoir le ministre. «Si les discussions s'enlisent, l'incertitude va revenir (...). Personne ne veut le retour de la crise grecque», a mis en garde le ministre. (Le Figaro)