En 2017, la Banque africaine de développement (BAD) envisage de financer des projets et des programmes en Afrique du Nord qui permettront la création de 470.000 postes d'emploi. Les présidents nationaux et locaux des Jeunes chambres internationales de 30 pays d'Afrique , d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord, ainsi que les représentants des Jeunes chambres locales et nationales tunisiennes ont pris part aux travaux du sommet régional portant sur le chômage et l'emploi en Afrique et qui a eu lieu le jeudi 4 mai. Parmi les interventions-débats suggestives, nous retenons celle donnée par M. Mohamed Gueye, économiste principal de l'éducation au bureau régional de la Banque Africaine de Développement (BAD) en Afrique du Nord et qui a porté sur «Les stratégies et les actions de la BAD en faveur de l'emploi des jeunes».Au cours de son intervention, il a présenté la vision stratégique de la BAD, axée autour de cinq priorités, à savoir relever et remporter le défi concernant le domaine énergétique et, notamment, les énergies renouvelables, industrialiser l'Afrique et investir dans les Ntic, l'agroalimentaire, les industries et les industries surtout minières, assurer l'autosuffisance alimentaire en développant davantage l'agriculture, développer les échanges économiques des pays africains surtout sur le plan commercial et, enfin, améliorer la qualité de vie des populations africaines, et ce, en garantissant une meilleure qualité de l'éducation qui doit répondre au grand sursaut qualitatif accompli dans le domaine des Ntic et de la santé, ainsi que l'emploi pour les jeunes et les générations futures. Création de 25 millions de postes d'emploi à l'horizon de 2025 M.Gueye a, par ailleurs, indiqué que la BAD a adopté, en 2016, une initiative concernant l'emploi des jeunes en Afrique qui vise la création de 25 millions de postes d'emploi à l'horizon de 2025 dans des secteurs prioritaires, à savoir l'industrie, l'agriculture et les technologies numériques. Il a remarqué que pour cette année 2017 , la BAD envisage de financer des projets et des programmes en Afrique du Nord qui peuvent créer 470.000 emplois pour les jeunes dans les trois secteurs prioritaires pré-cités. Il a cité l'exemple du projet «Souk Ettanmia» institué en 2012 en Tunisie et financé par la BAD et dont la troisième phase a été lancée en mars 2017. Ce projet, qui soutient l'entrepreneuriat des jeunes en Tunisie, a permis d'assister 7.000 jeunes demandeurs d'emploi tunisiens dans les secteurs de l'artisanat, des Ntic, de l'agriculture, de l'industrie... Des réformes structurelles dans les secteurs de l'éducation et de la formation Actuellement, a-t-il poursuivi, on recense en Afrique 10 millions de jeunes chômeurs en quête d'un emploi, dont 3 millions d'entre eux ont trouvé un poste de travail dans les divers secteurs socioéconomiques. Il a, par ailleurs, évoqué la double approche de la BAD qui consiste, d'une part, à intensifier les écosystèmes et les chaînes de valeur dans les secteurs de l'agriculture, des Ntic, de l'industrie et des énergies en particulier les énergies renouvelables, et ce, pour accroître le nombre d'emploi en faveur des jeunes des deux sexes et, d'autre part, à accompagner les réformes structurelles dans les secteurs de l'éducation et de la formation. L'objectif étant d'inculquer l'esprit et la culture de l'entrepreneuriat dès le bas âge à l'école primaire, et ce, à travers l'initiation aux technologies numériques. Par ailleurs, il a mentionné que le développement accru des plateformes numériques offre des opportunités de formation à distance des jeunes dans divers domaines (compétences de vie, communication, maîtrise des langues, entrepreneuriat...), ainsi que le lancement de leurs propres projets. M.Gueye a souligné la nécessité de développer le partenariat entre les gouvernements, les acteurs de la société civile dans les pays africains et les autres partenaires du développement socio-économique (banques, agences et structures de coopération bilatérale et multilatérale...), et ce, pour accompagner les jeunes à développer davantage l'esprit d'entrepreneuriat et relever le défi de la transformation structurelle et économique de l'Afrique. «Le problème du chômage et du sous-emploi des jeunes constitue une menace pour la paix sociale et pour la prospérité économique de l'Afrique. D'où l'urgence de développer des solutions immédiates, concrètes, à court terme, coordonnées entre les pays africains», a-t-il conclu. Hichem BENZARTI