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Des idées, un programme et un manque de moyens
ARP — Audition du ministre des Affaires religieuses
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 05 - 2017

En 2017, et malgré le retard accusé par le programme en train d'être mis en place maintenant, à trois semaines de Ramadan, celui-ci fait l'objet d'une meilleure organisation et d'un saut à la fois quantitatif et qualitatif
La commission parlementaire des affaires des Tunisiens à l'étranger a auditionné hier le ministre des Affaires religieuses sur l'envoi d'imams hors de la Tunisie. La mise en place de stratégies de prévention contre la radicalisation des Tunisiens et l'encadrement spirituel des jeunes établis à l'étranger représentent l'aspect majeur de cette séance post-méridienne, à laquelle ont assisté moins d'une dizaine de députés.
Dans un exposé qui se veut sincère, Ahmed Adhoum, ministre des Affaires religieuses, a fait l'état des lieux d'un secteur d'activité « non organisé, purement circonstanciel ». L'envoi des imams prédicateurs est en effet tributaire essentiellement de deux rendez-vous religieux, le « Mouled » et Ramadan. Les prêches du vendredi étant la principale activité de ces émissaires. Les expéditions couvrent trois destinations, l'Italie, la France et l'Allemagne, pour une durée de 5 à 6 jours. Le ministre regrette le choix non pertinent des villes à l'intérieur de ces pays. Reconnaissant par là même le manque de coordination avec les mosquées européennes où la Tunisie a très peu de contacts.
C'est depuis 2016 seulement que la donne a changé. Trois délégations de prêcheurs de bonne parole ont été mandatées, dont une est spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, vers des centres et des mosquées où la diaspora est fortement concentrée. En 2017, et malgré le retard accusé par le programme en train d'être mis en place maintenant, à trois semaines de Ramadan, celui-ci fait l'objet d'une meilleure organisation et d'un saut à la fois quantitatif et qualitatif. Désormais, les prédicateurs tunisiens officieraient dans 15 destinations différentes au cours du mois saint. Ils sont mieux outillés en termes de connaissances des doctrines, des rites et pratiques et même de maîtrise des langues.
Un discours moderne et adapté
La présidente de la commission, Ibtissem Jbebli, a interpellé le ministre sur notamment deux points, la nécessité d'encadrer et de déradicaliser la jeunesse incarcérée dans les prisons étrangères et tunisiennes, ainsi que sur le manque d'établissements tunisiens qui poussent les parents, faute de mieux, à inscrire leurs enfants dans des écoles chrétiennes.
Khawla Ben Aïcha, élue sur la circonscription de France 1, de Nida Tounès, a décrit le vide spirituel dans lequel vit la quatrième génération, qui n'a aucune idée ni de son identité, ni de ses origines, ni même de sa langue. Prenant l'exemple de ses cousins, qui connaissent très peu l'arabe et mélangent des mots algériens, marocains et parfois tunisiens. La parlementaire préconise un discours moderne et adapté qui réponde à leurs préoccupations de jeunes et à leurs attentes.
Ramzi Ben Fradj du parti Ennahdha, élu des Etats-Unis d'Amérique et du reste de l'Europe, a concentré sa prestation sur la nécessité pour la Tunisie de préparer massivement les imams prédicateurs, « ces compétences sollicitées par les centres de recherches islamiques et les mosquées », regrettant que, pour l'heure, le terrain soit investi par les Marocains et les Egyptiens.
Ziad Lakhdar, député du Font populaire, a remercié le ministre pour le Coran offert aux parlementaires et traduit en langue française, mais « imprimé dans un pays responsable de la diffusion de l'islam radical ». Il a insisté pour sa part sur le maigre budget du ministère qui ne peut mettre en place des programmes sérieux et efficaces avec peu de moyens. Or, la responsabilité lui revient essentiellement de diffuser l'islam des lumières. Le vice-président de la commission a attiré l'attention du ministre sur le danger de collaborer avec des « associations dangereuses » que ce soit en Tunisie ou à l'étranger, « dont on connaît les ultimes objectifs ».
Le ministère s'ouvre sur son environnement
Si le ministre dans sa réponse a insisté sur la valeur et la portée de l'école tunisienne « des Makassed et «Achraia », il a précisé sans nommer personne, que la Tunisie est confrontée à plusieurs défis. Transcender les conflits idéologiques et partisans devient alors une nécessité. Prenant l'exemple d'un jeune extrémiste embrigadé en seulement une semaine, celui-ci requiert un travail assidu et une cure de déradicalisation d'un à trois mois, « sans qu'on soit parfaitement sûrs du résultat obtenu ». Il a également déroulé une série de difficultés auxquelles est confronté le ministère, à l'instar du fonctionnement archaïque de certains services ; 19 mille cadres de mosquée ne sont même pas listés sur un fichier numérique, « on utilise encore aujourd'hui le papier », ou encore la vétusté des établissements chargés de former les prédicateurs. Ce pour quoi, le ministère a été dans l'obligation de céder à « des associations financées par des pays étrangers un volet de la formation ».
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le ministère ne dispose pas de cadre juridique non plus. Etant juriste, le ministre a placé dans l'ordre de ses priorités la mise en place des dispositifs juridiques. Effleurant seulement le dossier du hadj de cette année, on saura que 222 mille candidats ont été sélectionnés, seuls 10.347 d'entre eux feraient le pèlerinage, en plus des 230 membres de la délégation officielle, « c'est le quota de la Tunisie ». Parmi les propositions ministérielles, la désignation d'un attaché religieux dans certaines missions diplomatiques, puisque « ce sont eux qui sont en mesure de cerner les attentes de la communauté, ou encore ses points faibles et de les faire remonter au ministère ». En guise de conclusion, M. Adhoum fait valoir sa volonté d'ouvrir le ministère sur son environnement et les institutions du pays.


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