La peur de perdre dans les cinq dernières minutes, le manque d'expérience chez les jeunes et les blessures nous ont compliqué la tâche. Je me sens bien dans un club qui fonctionne à merveille et qui respecte ses engagements. A l'EST, il n'y a pas d'animosité. On vit bien et on progresse. J'ai été poussé à quitter l'ESS et le CA. Il est un pur produit de l'école handballistique de l'Etoile Sportive du Sahel, celle du travail et du sérieux. Lui, c'est Aymen Hammed, colosse incontournable de la défense aussi bien qu'en attaque, qui est devenu en quelques années une des pièces maîtresses de l'ESS, du CA, de Montpellier, et actuellement de l'EST. Il était l'un des artisans de la consécration des «Sang et Or» qui remportèrent brillamment le 31e titre du championnat, le deuxième de suite. Hammed loue la sérénité retrouvée de ses camarades au bon moment... Interview. L'EST a confirmé sa suprématie en conservant son titre de champion. Qu'est-ce que vous en dites après ce nouveau sacre ? Ma joie reste indescriptible suite à cet exploit réalisé de haute lutte. Tous les joueurs n'ont épargné aucun effort pour venir à bout de toutes les difficultés dressées ici et là, et finir victorieusement leur long parcours. Ça aurait été injuste de rater le trophée à deux doigts du but. J'éprouve un sentiment de satisfaction et du devoir accompli. Notre travail de longue haleine et notre stratégie ont donné leurs fruits. Juste récompense pour nous tous. Mais ça n'était pas aussi facile à domicile en «finale» face à l'ogre étoilé, n'est-ce pas ? Ce ne fut pas une rencontre comme les autres : pénible, stressante et éprouvante. Mon équipe a fait preuve de suffisamment de maturité, d'application et de sérénité pour le négocier convenablement. Devant une Etoile en regain de forme et déterminée, l'EST avait réussi à faire l'essentiel et à prouver, par la même occasion, qu'elle est la plus forte. Comment expliquez-vous le relâchement de l'ESt dans les ultimes moments de sa rencontre à Sousse face à l'Etoile et celle de Radès contre le CA après avoir pris les choses en main ? Cela est dû, à mon avis, à l'absence de certains joueurs de base pour des raisons de santé, au manque d'expérience nécessaire chez les jeunes, à l'instar de Tarek Jallouz, Bilel Abdelli et Oussama Jaziri, et aussi à la peur de perdre dans les cinq dernières minutes qui font habituellement la différence entre la victoire et la défaite, L'EST compte beaucoup sur l'apport des ex-pros en France, comme Mgaeïz, Alouini, Chouiref, Boughanmi et Hammed. Pourtant, en ce qui vous concerne, nous vous avons trouvé plus discret que d'habitude. Pourquoi ? Il est vrai que je ne me suis pas totalement livré. Je n'ai pas été épargné par les blessures dont une au niveau de l'épaule qui remonte à notre rencontre face à Ezzamalek en coupe d'Afrique des clubs en 2016. Et c'est pour cette raison que j'ai été privé de certaines rencontres dans les deux phases de la compétition nationale. Je suis pour l'instant en convalescence. Je retrouverai ma forme habituelle à l'entame de la préparation pour la nouvelle saison au cours de laquelle vous verrez le vrai visage de Aymen Hammed. Pensez-vous à une nouvelle expérience étrangère après celle de Montpellier? Pour le moment, je ne pense qu'à honorer mes engagements avec l'Espérance. Il me reste encore une année de contrat avec ce prestigieux club qui fonctionne à merveille à tous les niveaux. Vous gardez certainement de beaux souvenirs de l'ESS et du CA... L'Etoile est mon club d'origine et j'ai vécu avec les camarades de l'époque Sahbi Ben Aziza, Noureddine Dahmani et Khabir des moments inoubliables. Mon passage au Club Africain était en somme réussi. Je dois avouer que je n'ai pas quitté l'ESS et le CA de mon propre gré. J'ai été poussé à le faire. Qu'est-ce qui manque à l'EST pour qu'elle conserve un niveau de jeu beaucoup plus constant et réussir les échéances de la saison prochaine sur les plans national et continental ? Un peu plus de rythme et un peu de concentration dans les situations les plus difficiles. Les expériences cumulées par certains joueurs dans le relevé championnat français ont fait avancer le groupe où il n'y a pas d'animosité. Tout le monde est bien intégré à l'EST, il y a des expérimentés qui jouent et des jeunes talents qui regardent. Ce n'est pas l'âge qui est déterminant, c'est plutôt la qualité du jeu et la générosité dans l'effort. Comment jugez-vous le niveau du championnat national ? L'irrégularité caractérise souvent le déroulement des compétitions nationales, surtout ces dernières années. Parfois, on reste admiratifs de quelques matches, et aussi de quelques actions spectaculaires. Dans d'autres occasions, on est déçu, puisque il n'y a rien à voir. De toute manière, le niveau reste tout même acceptable et permet à nos joueurs de trouver leur place partout en Europe.