Les USA affirment n'avoir fourni aucun financement pour soutenir la campagne de Saied lors de la présidentielle de 2019    Hichem Ajbouni dénonce la nomination de Lazhar Loungou    UBCI : Un PNB de 63,460 MDT au 1er Trimestre 2021    Coupe de la CAF-Phase de groupes-5ème journée: Le CSS se qualifie aux quarts de finale, l'ESS éliminée !    Bilan Covid-19 : 2603 nouveaux cas et 75 décès en Tunisie    « Mahdia, chroniques d'une ville heureuse », le récit enchanteur de Alya Hamza    Syrie : Bashar Al-Assad présente sa demande de candidature aux élections présidentielles    Accord trouvé dans le dossier Shems Fm    Monde: Daily brief du 21 avril 2021    Tunisie [Vidéo + Photos]: Ambiance de Ramadan, les fromages, une particularité de Béja    Tunisie-Le ministre des affaires sociales fustige la non contribution des grandes surfaces aux efforts nationaux    BCT : Augmentation des billets et monnaies en circulation    BCT : Hausse du solde du compte central du gouvernement fin 2020    BCT : les réserves en devises sont constituées, principalement, de crédits extérieurs...    PSG vs Angers: Où regarder le match des quarts de finale de la Coupe de France du 21 avril?    CNRPS : Une application pour payer les cotisations en ligne    Manque de solidarité : Trabelsi fustige les grandes surfaces    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour Du 21 Avril 2021 à 11H00    Arrestation à Mahdia de trois personnes impliquées dans des affaires terroristes    Tunisie – météo : Brouillard local le matin et hausse des températures    Le Synagri fustige la hausse des prix des carburants    MEMOIRE : Khalifa BOULAARES EL HERZI    L'ambassadeur Moez Mahmoudi renforce le cabinet du ministre de l'Economie, Ali Kooli    Billet | Relais de croissance    BCT : Les avoirs en or de la Tunisie s'élèvent à 675 MD, à fin décembre 2020    Foot-Europe: le programme du jour    CONDOLEANCES    Coupe de la CAF | Salitas-CSS (17h00 à Ouagadougou) : Mettre les bouchées doubles    Foot – Les clubs anglais disent "stop" à la Super League !    Expatriés : Aïssa Laïdouni champion de Hongrie    Mechichi irait-il à Washington, avec Majoul et Taboubi ?    Le virus en terrain favorable !    News | Retour en octobre pour Dahmen    Tunisie: Accident mortel à Bouhajla    Abir Moussi [EN DIRECT]: "Je dénonce l'acharnement judiciaire orchestré par Ennahdha à mon encontre"    Un blessé dans l'explosion d'une mine à Châambi    Un citoyen perd une jambe dans l'explosion d'une mine au Mont Chaâmbi    Dernière minute- Kasserine : Etat de santé du citoyen blessé dans l'explosion d'une mine    Israël : 73 ans d'existence mais que de nuages sur la fête !    Décès du président du Tchad Idriss Déby    Exposition collective «L'espace du dedans, livres d'artistes» à la galerie A. Gorgi : Un médium d'art total    Espace | Vol d'un hélicoptère sur Mars    Mood Talent organise sa 36e édition à Dar El Marsa du 23 au 25 avril    "Covid'Art Espoir" s'engage pour CoviDar    Tunisie : Le mois du patrimoine en ligne du 18 avril au 18 mai    Les indiscrétions d'Elyssa    «Le Cadeau» de Farah Nabulsi: Court simple et très émouvant    Par Henda Haouala – La série TV « Ken ya Makenech » : délicieuse, grave et soignée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'Art... ou « le soupir niais »
Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 07 - 2017


Par Khaled TEBOURBI
Comme prévu, le «60 ans de musique tunisienne» présenté par Shady Garfi en ouverture du Festival de Carthage n'a suscité qu'une «bataille» d'impressions. Ou totalement pour, ou totalement contre. Le jugement de la musique est ainsi, souligne Kundera («Une rencontre», textes de 2009 ; Gallimard), il a «son côté bête», «naïf», («c'est beau», ce n'est pas beau), plus ou moins «sentimental, propice à la perception facile(on dit subjective), Kundera assénait: au «soupir niais» !
Evidemment l'occasion se prêtait à mieux.
On inaugurait «Carthage» sur un thème tout autre que «badin» : une synthèse de nos musiques depuis «l'Indépendance», qui est un choix «référentiel». Ni résumé ni «passage en revue».
Avec ensemble philarmonique, qui plus est : une cinquantaine entre musiciens et chœurs, un jeune pianiste, compositeur et chef d'orchestre, et des arrangements complexes, risqués, «sophistiqués» .
Autour, donc, d'un vrai projet.
Pas nouveau certes : on «s'arme de moderne» pour revisiter (embellir? enrichir? rénover?) de l'ancien. Kassobji et Abdelwahab étaient un peu les précurseurs en Egypte. Années 30. Certainement dans le sillage du fameux Congrès du Caire où musicologues occidentaux et spécialistes arabes s'étaient «affrontés» : les premiers invitant à «maintenir inchangée la vieille tradition orientale», les seconds refusant cet «immobilisme colonisateur», et appelant à une modernisation de notre système musical.
L'école «libanaise» se joignit, elle aussi, au mouvement. Tôt : années 40-60. Avec force talents et renom. L'immense Beyrouthan Tawfiq Bacha, d'abord, un peu «l'inventeur du grand orchestre», le premier qui a «familiarisé» l'harmonie et la polyphonie. Puis les Rahabani, les «innovateurs» par excellence, Assi, Mansour et Ziad, le trio historique des surdoués. Le Palestinien Sabri Chérif enfin, l'émule de Tawfiq Bacha, ou le pur classiciste Zaki Nassif dont la proximité de la musique du folklore et l'inspiration des chants d'église le rendirent (paradoxalement) plus «proche» des répertoires nouveaux.
Ici, en Tunisie, l'interculturalité, les tendances réformatrices, le métissage musical, la culture symphonique, l'écriture lyrique, tout ce qui se propose comme alternative et «remède» à « l'hégémonie du ghinaa» existe depuis des décennies. Avec de grands noms et des expériences dignes d'être citées.
Mohamed Saâda fut l'initiateur. Il étudia, se spécialisa et composa dans le contrepoint, la polyphonie et l'harmonie. Sa trop grande proximité avec la musique turque, ajoutée, début 2000, à un certain découragement(une œuvre injustement méconnue) le ramèneront à la fin de sa vie, vers le répertoire andalou. Vers la tradition.
Mais Mohamed Garfi (père de Shady) en fut, entre 1970 et la mi-80, un véritable porte-drapeau. Œuvre lyrique, théâtre musical, succès critique, mais surtout de remarquables «réécritures» dans la série «Zakharef arabia». Une sélection pointue de chefs-d'œuvre de la musique arabe dont certaines versions, à notre avis(on pense au concert de 1993 à Carthage), habiteront définitivement les mémoires.
Le travail de Shady Garfi dans «60 ans de musique tunisienne» s'inscrivait dans cette ambition. Prétendait à cette «lignée». Le plus juste, d'abord, eût été, de bien en saisir le but : une quête de sonorité. De modernité. L'univers sonore de la chanson traditionnelle, du genre musical «dominant» est, quoi qu'on en dise ses promoteurs et ses adeptes, «mol», répétitif, frappé de sclérose. Les jeunes générations musiciennes s'en sentent comme «obligés». Ils en prennent la «charge». Ils veulent aller de l'avant. Quand on réduit le jugement d' un spectacle tel que «Fann touness» à une «bataille d'impressions», on confond l'appréciation critique avec une simple affaire de goût.
Voltaire avait raison de se méfier des goûts. Finalement, ils ne disent que nos penchants, nos envies. Il y avait de belles réussites dans les musiques de «Fann touness». Des reprises qui ont embelli les «originaux». Et il y en eut de moins bons à l'écoute. Sûrement. Mais le critère dans l'Art est dans la compétence, la maîtrise, la cohérence, la clarté. Réfléchissons bien : jamais dans ce qui plaît ou déplaît. Dans le «soupir niais» ...


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.