Tunisiens : pas de preuve financière = pas de visa pour les Etats-Unis !    Chery, Renault, Kia... pourquoi ces modèles dominent la Voiture Populaire en 2025 ?    Iran–Etats-Unis: Une réunion sous haute tension prévue ce vendredi, ce que l'on sait    L'Université de Sousse obtient l'accréditation internationale « Université entrepreneuriale » du NCEE    Tokyo : Les Tunisiens peuvent enfin renouveler leurs passeports facilement depuis l'ambassade !    Météo Tunisie : temps partiellement nuageux et pluies éparses sur les côtes nord jeudi    Pourquoi le député Ahmed Saidani a-t-il été arrêté ?    Tous les produits en promotion dans les magasins pendant le Ramadan    Ramadan 1447 en Arabie Saoudite : voici quand débutera le jeûne et l'Aïd al-Fitr    Trois startups tunisiennes sélectionnées pour participer à GITEX Africa Morocco 2026    FCR : le guide pour les Tunisiens résidant à l'étranger sur l'importation de voitures    Le Conseil européen de la fatwa annonce la date de début de l'Aïd el-Fitr    Suspension temporaire des activités du consulat honoraire de Norvège    Le Conseil européen de la fatwa fixe la date du début du Ramadan    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Taekwondo : la Tunisie remporte trois nouvelles médailles aux Emirats arabes unis    Réseaux sociaux et enfants : l'OIPEM alerte sur les risques psychologiques et sociaux d'un usage précoce    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Un enfant tunisien retenu depuis deux mois à Kuala Lumpur    Tunisie : nomination ou élection des présidents d'université ?    Météo Tunisie : Temps nuageux, vents forts, pluies orageuses et baisse des températures mercredi    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    La Banque centrale de Tunisie intègre le rial omanais dans la cotation des devises étrangères    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Le PSG officialise l'achat de Khalil Ayari    CSS : Cinq joueurs prêtés pour renforcer les clubs tunisiens    Picasso: l'éternel réinventeur de l'Art    Arbitrage en crise : les arbitres passent à l'action ?    Taekwondo : Amenallah Trabelsi décroche l'argent pour la Tunisie au tournoi d'Al Fujairah    Tout sur le nouveau SUV Mahindra 3XO : la voiture pensée pour la vie quotidienne des Tunisiens, économique et fonctionnelle (Vidéo)    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Paiement de la taxe de circulation 2026 : dates limites selon le type de véhicule    Mounir Zili - Agriculture Durable vs Agriculture «Rentable»: Le choc des modèles au cœur de l'olivier tunisien    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    Festival Mon premier film Documentaire MyfirstDoc 2026 : appel à films documentaire d'écoles de cinéma de Tunisie    Sfax rassemble ses livres    Yadh Ben Achour : Le déclin de l'universalité des droits de l'homme (texte intégral)    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Décès de l'actrice de'' Home Alone''    Ooredoo Tunisie Sponsor Officiel du Champion du monde Mohamed Khalil Jendoubi    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    Le Forum Chokri Belaid des Arts se déroule dans sa 9ème édition du 1er au 7 février 2026    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'Art... ou « le soupir niais »
Contrepoint
Publié dans La Presse de Tunisie le 25 - 07 - 2017


Par Khaled TEBOURBI
Comme prévu, le «60 ans de musique tunisienne» présenté par Shady Garfi en ouverture du Festival de Carthage n'a suscité qu'une «bataille» d'impressions. Ou totalement pour, ou totalement contre. Le jugement de la musique est ainsi, souligne Kundera («Une rencontre», textes de 2009 ; Gallimard), il a «son côté bête», «naïf», («c'est beau», ce n'est pas beau), plus ou moins «sentimental, propice à la perception facile(on dit subjective), Kundera assénait: au «soupir niais» !
Evidemment l'occasion se prêtait à mieux.
On inaugurait «Carthage» sur un thème tout autre que «badin» : une synthèse de nos musiques depuis «l'Indépendance», qui est un choix «référentiel». Ni résumé ni «passage en revue».
Avec ensemble philarmonique, qui plus est : une cinquantaine entre musiciens et chœurs, un jeune pianiste, compositeur et chef d'orchestre, et des arrangements complexes, risqués, «sophistiqués» .
Autour, donc, d'un vrai projet.
Pas nouveau certes : on «s'arme de moderne» pour revisiter (embellir? enrichir? rénover?) de l'ancien. Kassobji et Abdelwahab étaient un peu les précurseurs en Egypte. Années 30. Certainement dans le sillage du fameux Congrès du Caire où musicologues occidentaux et spécialistes arabes s'étaient «affrontés» : les premiers invitant à «maintenir inchangée la vieille tradition orientale», les seconds refusant cet «immobilisme colonisateur», et appelant à une modernisation de notre système musical.
L'école «libanaise» se joignit, elle aussi, au mouvement. Tôt : années 40-60. Avec force talents et renom. L'immense Beyrouthan Tawfiq Bacha, d'abord, un peu «l'inventeur du grand orchestre», le premier qui a «familiarisé» l'harmonie et la polyphonie. Puis les Rahabani, les «innovateurs» par excellence, Assi, Mansour et Ziad, le trio historique des surdoués. Le Palestinien Sabri Chérif enfin, l'émule de Tawfiq Bacha, ou le pur classiciste Zaki Nassif dont la proximité de la musique du folklore et l'inspiration des chants d'église le rendirent (paradoxalement) plus «proche» des répertoires nouveaux.
Ici, en Tunisie, l'interculturalité, les tendances réformatrices, le métissage musical, la culture symphonique, l'écriture lyrique, tout ce qui se propose comme alternative et «remède» à « l'hégémonie du ghinaa» existe depuis des décennies. Avec de grands noms et des expériences dignes d'être citées.
Mohamed Saâda fut l'initiateur. Il étudia, se spécialisa et composa dans le contrepoint, la polyphonie et l'harmonie. Sa trop grande proximité avec la musique turque, ajoutée, début 2000, à un certain découragement(une œuvre injustement méconnue) le ramèneront à la fin de sa vie, vers le répertoire andalou. Vers la tradition.
Mais Mohamed Garfi (père de Shady) en fut, entre 1970 et la mi-80, un véritable porte-drapeau. Œuvre lyrique, théâtre musical, succès critique, mais surtout de remarquables «réécritures» dans la série «Zakharef arabia». Une sélection pointue de chefs-d'œuvre de la musique arabe dont certaines versions, à notre avis(on pense au concert de 1993 à Carthage), habiteront définitivement les mémoires.
Le travail de Shady Garfi dans «60 ans de musique tunisienne» s'inscrivait dans cette ambition. Prétendait à cette «lignée». Le plus juste, d'abord, eût été, de bien en saisir le but : une quête de sonorité. De modernité. L'univers sonore de la chanson traditionnelle, du genre musical «dominant» est, quoi qu'on en dise ses promoteurs et ses adeptes, «mol», répétitif, frappé de sclérose. Les jeunes générations musiciennes s'en sentent comme «obligés». Ils en prennent la «charge». Ils veulent aller de l'avant. Quand on réduit le jugement d' un spectacle tel que «Fann touness» à une «bataille d'impressions», on confond l'appréciation critique avec une simple affaire de goût.
Voltaire avait raison de se méfier des goûts. Finalement, ils ne disent que nos penchants, nos envies. Il y avait de belles réussites dans les musiques de «Fann touness». Des reprises qui ont embelli les «originaux». Et il y en eut de moins bons à l'écoute. Sûrement. Mais le critère dans l'Art est dans la compétence, la maîtrise, la cohérence, la clarté. Réfléchissons bien : jamais dans ce qui plaît ou déplaît. Dans le «soupir niais» ...


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.