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Des défis à relever, des projets à réaliser
Entretien avec le Président-Directeur Général de la SNCFT, Anis Oueslati
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 02 - 2018

Retards fréquents, trains souvent encombrés, des voyageurs qui ne se sentent plus en sécurité... et en plus une société qui souffre de difficultés financières
Pour éclairer davantage sur tous les problèmes de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (Sncft), Anis Oueslati, ex- contrôleur général de la commande publique, ex- secrétaire général au sein du ministère des Affaires locales et de l'Environnement, ex-président de la commission supérieure de contrôle et d'audit du marché public qui occupe le poste de président-directeur général de la Société nationale des chemins de fer tunisiens depuis octobre 2017, a répondu à nos questions et a donné un aperçu général sur la situation actuelle de la société et ses projets futurs.
Donnez-nous un aperçu sur la Société nationale des chemins de fer tunisiens (Sncft)
La Société nationale des chemins de fer tunisiens compte un nombre d'employés estimé à 4.600 personnes, déployés sur tout le territoire tunisien. Le réseau ferroviaire est de 2.200 kilomètres de long, mais nous exploitons uniquement 1.960 kilomètres. Ce réseau comporte 267 gares-stations et 3 liaisons rail-route. Nous disposons de cinq unités de transport, à savoir le transport - voyageurs grandes lignes, le transport-voyageurs banlieue de Tunis (Tunis-Borj-Cédria), le transport voyageurs banlieue du Sahel (Sousse-Monastir-Mahdia), le transport de phosphate et le transport de fret. Mis à part cela, la société dispose d'une autre unité d'affaires, à savoir celle de la maintenance industrielle.
La Société nationale des chemins de fer tunisiens (Sncft) assure quotidiennement 316 voyages dont 246 pour le transport des voyageurs. 20 trains sont destinés pour la banlieue sud de Tunis et 20 rames pour la banlieue du Sahel. Au total, 30 rames dont une en panne. Pour les grandes lignes, nous disposons de 30 trains diesel (autorail) et 17 locomotives pour voyageurs. Au total, nous disposons de 138 locomotives y compris le fret.
Comment est la situation financière de la société ?
Nous avons d'énormes difficultés. Le chiffre d'affaires annuel est estimé à 120 millions de dinars, mais toutefois nous avons des pertes. Les causes principales sont dues au manque de recettes, d'ailleurs, le chiffre d'affaires a beaucoup régressé en 2017 par rapport à l'année 2010.
Quelles en sont les causes ?
Deux causes principales sont à l'origine de cette chute. On note les sit-in et les resquilleurs. Les sit-in sont généralement situés, au niveau des lignes Sfax-Gafsa et Gafsa–Gabès. D'ailleurs, on compte 6.867 sit-in (jours de grève) pendant la période allant de l'année 2012 jusqu'à 2017. En 2017, nous avons enregistré 161 sit-in, ce qui nous a empêché de transporter les voyageurs à leur destination d'une part et à entraver le trafic de transport de phosphate, du soufre et de triple phosphate.
Durant ces six années, on a enregistré un manque à gagner estimé à 100 millions de dinars. Par ailleurs, il est à signaler également que le nombre de voyageurs a visiblement baissé par rapport à l'année 2010. Pendant l'année 2017, nous avons enregistré une baisse du chiffre d'affaires liée à la baisse de l'activité de transport de phosphate de la ligne 13 (Sfax-Tozeur) qui a été coupée, à cause des sit-in et qui continue à l'être jusqu'à aujourd'hui, ce qui a engendré une énorme perte non seulement à la société mais à l'économie nationale entière.
Que pensez-vous des grèves soudaines et sans préavis qu'organisent souvent les conducteurs de trains de la banlieue sud de Tunis ?
Il s'agit tout d'abord d'arrêts temporaires et non de grèves. Ces arrêts durent généralement deux heures et les causes sont exogènes. Le dernier cas, par exemple, qui datait depuis quelques semaines, a été provoqué à cause de l'arrestation d'un conducteur de train pour avoir causé la mort d'un piéton. Ses collègues, en colère contre cette décision et pour motif de soutien, ont décidé de faire un arrêt de travail de deux heures et de suspendre le trafic pendant cette période.
Il est à noter que ces arrêts ne sont pas réglementaires et afin de remédier à ce problème, les syndicats sont appelés à sensibiliser et former le personnel pour ne pas nuire à l'image de la société. Notre rôle en tant que responsable consiste également à créer un climat social confortable et à résoudre à l'amiable tous ces problèmes.
Nous misons également sur une bonne stratégie de communication pour assurer une meilleure qualité de service pour les clients et voyageurs. Toutefois, il est à noter que le personnel de la société, coopératif et conscient de tous ces problèmes, n'épargne aucun effort pour faire des sacrifices et se montrer compréhensif quant à la situation difficile de la société.
Comment envisagez-vous de remédier au problème de l'encombrement pendant les occasions spéciales ?
Nous sommes conscients de cette problématique et nous œuvrons à instaurer la notion de la réservation dans les esprits des clients. Il ne faut pas oublier que le service de gratuité dont bénéficient certains clients n'aide pas à connaître au juste le nombre de réservation, ce qui explique entre autres le problème d'encombrement dans les trains, notamment ceux des grandes lignes pendant les évènements spéciaux. Pareil pour les resquilleurs qui peuvent s'infiltrer puisque, pour le moment, nous n'avons pas encore un système de contrôle d'accès pour tous les voyageurs.
Qu'en est-il de la question de la sécurité du voyageur et la sûreté ferroviaire ?
Nous avons créé de nouveaux corps pour améliorer la sécurité des voyageurs et la sûreté ferroviaire. En collaboration avec le ministère de l'Intérieur, nous sommes en train de former 60 agents qui seront sur place en mois de mai prochain pour assurer la sûreté et la sécurité à bord des trains, dans les gares et pour l'accompagnement des voyageurs dans les trains. Ils seront renforcés par 40 autres agents pour surveiller les équipements et veiller sur le mobilier urbain (en 2017, nous avons enregistré 78 cas de jet de pierre). Ces agents seront déployés sur tout le territoire du réseau ferroviaire.
Quels sont les projets futurs de la Société nationale des chemins de fer tunisiens?
Nous sommes en pleine phase d'extension : le «RFR» sera en exploitation en avril 2019. En parallèle, nous œuvrons à l'amélioration du système de circulation de contrôle d'accès qui est en cours de réalisation pour les grandes lignes( Tunis, Sousse, Sfax, Gabès...), notamment avec des portes automatiques, des tourniquets. Ce système sera prêt au mois de juin prochain.
Idem pour les lignes de la banlieue sud de Tunis. Ce projet, en cours de réalisation, sera finalisé en 2019. Une étude pour le projet de la ligne 6 (Tunis-Kasserine) est en cours de réalisation. Ce projet financé par la Banque européenne de reconstruction et de développement coûte 78 millions de
dinars et consiste en le renouvellement de la ligne (une mise à niveau, signalisations...). L'étude s'achèvera en 2019 et le projet sera finalisé fin 2020. Un autre projet est en cours de réalisation, à savoir le doublement de la voie entre Moknine et Mahdia. D'une valeur estimée à 90 millions de dinars, le projet consiste en l'électrification et la signalisation avec l'ajout de 6 nouveaux trains entre Monastir et Mahdia.
Outre ces projets, la Sncft a lancé un appel d'offres pour l'acquisition de 110 voitures, d'une valeur de 300 millions de dinars pour le transport de voyageurs pour les grandes lignes.
Une autre étude est en cours de réalisation pour la réhabilitation de la ligne entre Gabès et Médenine ainsi qu'une nouvelle ligne entre Enfidha et Kairouan. D'ici un mois, nous lancerons l'appel d'offres pour la réalisation de la ligne Mateur-Tabarka.


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