Qatar annonce le premier jour de l'Aïd al-Fitr 1447 H    Préparez-vous : l'Arabie Saoudite annonce la date exacte de l'Aïd    Beyrouth : un journaliste d'Al-Manar et son épouse tués dans une frappe    Ooredoo Tunisie célèbre l'Aïd avec une initiative spéciale dédiée aux enfants de l'association Kafel El Yatim    Le taux d'activité féminin: Quel effet sur les régimes de retraite?    Tunisie – Grâce présidentielle : libération de 1473 détenus à l'occasion de Aid El Fitr et la fête de l'indépendance    Temps variable pour l'Aïd : températures stables malgré quelques averses    Seif Omrane chante 'Ce qui doit arriver arrivera' pour les Assurances BIAT    Retraits et paiements électroniques : la Banque centrale de Tunisie renforce la vigilance avant l'Aïd el-Fitr    Crise de l'ATB : colère des clients et appel à l'intervention de la Banque centrale    Retraités : vos pensions de mars seront versées avant l'Aïd    CAN 2025 : Sénégal privé du titre, le Maroc champion    La crise d'Ormuz et le retour du choc pétrolier : vers un nouvel ordre géoéconomique    La salle de classe du futur combine innovation numérique et supports papier indispensables    TCL ne peut plus qualifier certains de ses téléviseurs de 'QLED' après une décision de justice face à Samsung    Saison Méditerranée 2026 : une place de choix à la Tunisie en France avec plusieurs programmes    Aïd al Fitr 2026 : 3 jours de congé pour les fonctionnaires en Tunisie    Novatis : comment une agence web construit son propre écosystème technologique    Météo en Tunisie : pluies denses sur plusieurs régions    Le paradoxe de la « qualité » académique : standardiser l'enseignement supérieur, à quel prix ?    Comprendre le Moyen-Orient, ce foyer de crises    La Tunisie à l'ONU : La montée de l'islamophobie est une menace croissante et directe à la paix et à la stabilité internationales    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Marie Curie: Une figure scientifique emblématique et un modèle pour toutes les femmes    Météo en Tunisie : pluies éparses et temporairement orageuses sur plusieurs régions    Hachemi Nouira: Un journaliste épris de libertés    Arbitrage tunisien : 16 arbitres sanctionnés par la Fédération    "Monsieur Day", In memoriam    Al Ahly – EST : Quand et comment regarder le match ?    Ramadan 2026 : les génériques des feuilletons tunisiens Hayat et Bab LeBnet signés Karim Thlibi séduisent les téléspectateurs    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Le poulpe: Un plat raffiné et une ressource sous pression    Iran: scénarios possibles et analyse stratégique    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Livre 'Si Le Kef m'était Conté' de Najet Ghariani : un livre de contes pour redécouvrir Le Kef et son imaginaire    Citoyens tunisiens aux Emirats : voici comment obtenir un visa de transit d'urgence    62 cellules terroristes démantelées et des milliers d'éléments arrêtés en 2025 !    Tahar Bekri: Liban ma rose noire    Kaïs Saïed sonne l'alarme: réformes structurelles imminentes pour les caisses sociales    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Mondher Msakni: L'orfèvre    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



On se perd dans les contradictions
Manarat — «Razzia» de Nabil Ayouch
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 07 - 2018

Entre le Maroc des années 1980 et celui d'aujourd'hui, Nabil Ayouch et sa compagne portent à l'écran des destins entrecroisés.
Manarat se poursuit jusqu'au 15 juillet entre projections, dans les salles et dans les plages, et autres rencontres professionnelles.
Le festival du cinéma méditerranéen crée une belle dynamique surtout à travers son volet professionnel avec au rendez-vous producteurs, cinéastes, agents artistiques et autres institutions. Le réalisateur marocain Nabil Ayouch était de la partie, il est également venu présenter son film «Razzia» sélectionné dans la compétition officielle du festival.
Nabil Ayouch, dont le premier film «Mektoub» a remporté en 1997 un immense succès public au Maroc, ne cesse depuis 20 ans d'évoquer les sujets qui fâchent comme les enfants des rues dans «Ali Zaoua», les jeunes qui se radicalisent dans «Les chevaux de Dieu» (23 récompenses internationales) ou encore les prostituées de Marrakech dans «Much Loved»; son dernier film «Razzia» remet en cause l'arabisation de l'éducation imposée dans les années 80 et les effets pervers de l'islamisation de la société marocaine.
Présenté dans son pays natal, en février 2018, après avoir participé à de nombreux festivals à l'étranger, «Razzia» est sorti, en 2017, deux ans après son film polémique «Much loved» qui avait été interdit au Maroc. Coécrit avec son épouse Maryam Touzani (qui y joue le role de Salima), ce film raconte un Maroc figé, comme en suspens et met en scène plusieurs personnages. Entre le Maroc des années 1980 et celui d'aujourd'hui, Nabil Ayouch et sa compagne portent à l'écran des destins entrecroisés.
Contrairement à «Much Loved» qui avait fait scandale en montrant la vie de prostituées de Marrakech, ce dernier film a eu un grand succès au Maroc en battant les records de fréquentation. «Much Loved» a choqué parce que délivrant une réalité ordinaire d'une manière trop crue. Les femmes y étaient solidaires, fortes, refusant le rôle de la victime. «Une razzia, c'est s'accaparer ce qui ne nous appartient pas», explique Nabil Ayouch, c'est celle, aussi et surtout, que les islamistes établissent sur son pays.
Le film, tourné à Casablanca, Ouarzazate et dans les montagnes de l'Atlas, s'ouvre sur une séquence où l'on voit un instituteur passionné (Abdallah, interprété par Amine Ennaji) donnant un cours en berbère sur le système solaire aux enfants d'un village de l'Atlas. Nous sommes en 1988, l'année où l'arabe est imposé à l'école. Désespéré, l'instituteur lâche l'affaire. Le film se poursuivra en 2015, avec des images de manifestations contre la réforme de la loi coranique sur l'héritage, à Casablanca. Les islamistes ont gagné, ils sont majoritaires et capables de faire descendre dans la rue une foule féminine et masculine qui manifeste ensemble contre l'égalité de leurs droits.
Dans ce décor, on découvre différents personnages, celui de Salima, incarnée par Maryam Touzani, une femme bourgeoise et libre qui ne supporte plus le poids des mœurs ; Hakim, un jeune menuisier, chanteur le soir qui rêve de devenir le Queen marocain dans un pays où l'homosexualité est encore taboue. Inès (Dounia Binebine), une adolescente qui, entre une éducation permissive et l'interdit de la sexualité, découvre ses désirs homosexuels. Il y a aussi Joe, incarné par Arieh Worthalter, un Juif, victime d'antisémitisme, vivant à Casablanca qui s'occupe de son père malade et de son restaurant. C'est chez lui que travaille Ilyas, le fils d'Yto qui est venue chercher son premier amour, l'instituteur du petit village de l'Atlas.
Ce sont surtout les destins féminins qui intéressent Nabil Ayouch, celui de femmes combatives et audacieuses. Mais cela prend des fois des aspects didactiques, manque de fluidité pour faire dans les extrêmes et tomber dans les contradictions. Cette résistance devient des fois désespérée et sans issue, comme c'est le cas chez Salima qui veut avorter au cas où elle attendrait une fille, «le Maroc n'est pas un pays pour les femmes», lance-t-elle.
Razzia, en filmant ces individualités, des «marginaux» dans une société hostile (de par ses traditions ou de diktat religieux) qui se confrontent à un tout complexe et rêvent d'un idéal sociétal, finit par perdre de son éloquence et de sa force en occultant justement cette complexité qui caractérise la société marocaine.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.