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A questions brûlantes, réponses en suspens…
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 10 - 2018

Même si certains intervenants ont adopté le retour à l'étymologie, à travers des études linguistiques comparatives, d'autres ont insisté sur le fait que la traduction n'est pas étrangère à l'ordre culturel, social, historique, économique, esthétique et idéologique.
Les universitaires et les chercheurs de la sphère artistique en ont longtemps rêvé. L'Institut de traduction de Tunis l'a fait. C'était les 26, 27 et 28 septembre, à la Cité de la culture : le Colloque international sur «La traduction de la terminologie des arts».
Théâtre, danse, arts plastiques, musique et cinéma, il faut dire que l'Institut de traduction de Tunis a eu le mérite de brasser assez large pour traiter de cette problématique qui se pose de plus en plus avec acuité et d'inviter une pléiade de chercheurs d'horizons divers et de pays différents. Toutefois, et nous le regrettons vraiment, il existe un parent pauvre : le design avec toutes ses spécialités et tous ses acteurs, complètement écartés de la programmation. Dommage !
Comment traduire le lexique des arts ? Pas moins de vingt-huit intervenants se sont penchés sur la question lors de ce colloque. Si l'on admet que «traduire, c'est trahir», si la question de la traduction dans son acception générale est entourée d'ambiguïté car, entre autres, liée aux concepts de Vérité, d'authenticité et d'identité, la problématique de la traduction de la terminologie des arts s'avère des plus difficiles et des plus délicates.
Pendant les séances réservées aux arts plastiques et auxquelles nous avons assisté jeudi dernier, Nélida Nassar, Naceur Ben Cheikh, Charbal Dagher, Ahmed Jarid, Nja Mahdaoui, Zeineb Kerima et Mohamed Rekik se sont attelés sur la question, de plusieurs points de vue, sans apporter, au final, des réponses ou des solutions concrètes tant attendues et assouvir les attentes de la communauté scientifique. A vrai dire, de rares glossaires traduits existent ici et là un peu partout dans le monde arabe, mais restent très controversés et approximatifs, non exempts de déformations. Aucun consensus n'existe et les appellations diffèrent souvent d'un pays à un autre. C'est que la différence irréductible entre les langues, la rudesse ou la richesse de certaines d'entre elles, l'autonomie sémantique de chacune, font que la traduction de la terminologie des arts soit une opération des plus rudes qui ne se fait pas sans défaillances. S'y ajoutent la question de la temporalité et l'existence ou pas d'une relation référentielle entre la pratique artistique et les termes qui la décrivent. Comment parler de l'art islamique dans les langues latines ? Comment transposer une terminologie d'arts occidentaux connus depuis seulement un siècle dans le monde arabo-musulman, des arts qui nous sont au final assez étrangers ? Comment traduire sans se référer aux orientalistes ?
Même si certains intervenants ont adopté le retour à l'étymologie, à travers des études linguistiques comparatives, d'autres ont insisté sur le fait que la traduction n'est pas étrangère à l'ordre culturel, social, historique, économique, esthétique et idéologique. Tant de paramètres qu'il faudrait prendre en considération. La langue n'est pas, en effet, une combinaison de lettres et de mots, elle véhicule toute une pensée, souvent complexe. Sans le recours à la philosophie, sans la réflexion sur la culture de soi et sur la culture de l'Autre, nulle traduction n'est valable pour la terminologie spécifique au champ artistique, selon certains chercheurs, en particulier le Libanais Charbal Dagher, de l'Université Balamand. Pour d'autres, la transposition des termes est étroitement liée aux besoins d'une nouvelle économie de la communication et subit, de ce fait, des «techniques de moulage linguistique» qui ne sont pas sans conséquences.
Parmi les recommandations, l'urgence de collecte des termes techniques traduits et leur soumission à une institution de référence pour les approuver afin d'obtenir un dictionnaire spécialisé accessible aux étudiants. Mais pouvons-nous arriver à un consensus ? Quelle crédibilité cette institution de référence — qui n'existe pas à ce jour — peut-elle avoir ? Là est tout le problème…
Mais en fait, pourquoi traduire les termes relatifs au champ artistique ? Pourquoi ne pas se contenter de les transcrire phonétiquement ? Le besoin serait né d'une vague d'arabisation et d'un arabisme exacerbé, avec des attitudes réactionnelles et passionnelles dans le contexte de colonisation/décolonisation, mais également d'un besoin d'appropriation des arts occidentaux. Aujourd'hui, le désir unificateur (assez utopique) relève des exigences d'un marché de l'art mondialisé et d'une nécessité de communication avec les Occidentaux et entre Arabes eux-mêmes.
Pour ce qui est du cas de la Tunisie, il convient de noter que l'existence d'un lexique trilingue relatif au champ artistique avec toutes ses disciplines devient impérative. Le problème de la traduction se pose en particulier avec acuité dans les domaines de la recherche et de l'enseignement dans les treize instituts d'Arts et métiers et écoles des Beaux-arts que compte le pays : régression de la francophonie dans les rangs des étudiants, problèmes rencontrés par ceux qui entreprennent des recherches en langue arabe ou qui voudraient publier des articles dans des revues scientifiques étrangères, ouverture de l'Université tunisienne aux étudiants arabophones et anglophones (venus de l'Afrique subsaharienne et de certains pays arabes), volonté d'un nombre important d'universitaires — en majorité francophones — d'enseigner dans les pays du Golfe (fuite des cerveaux, oui!), et nous en passons…
Pour conclure, l'organisation de ce colloque international sur «La traduction de la terminologie des arts» est une initiative louable qui a soulevé une question brûlante, quoique restée en suspens, avec tout de même un oublié du répertoire : le design. Nous, nous sommes restée sur notre faim, avec autant de frustration intellectuelle. Il est fort regrettable que bon nombre de colloques, de journées d'études, de tables rondes se suffisent à la théorisation sans pour autant trouver les vraies solutions à des problématiques réelles. Des rendez-vous «scientifiques» qui, au final, offrent une certaine visibilité aux participants et font valoir pour un éventuel passage de grade…


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