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Crise tunisienne : «Il faut que la violence s'arrête»
La Tunisie à travers la presse internationale
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 01 - 2011

La formation d'un gouvernement de transition contesté a remis le feu aux poudres hier dans une Tunisie électrisée qui continue de manifester. Du coup, le gouvernement, vieux d'un jour, a perdu au moins cinq ministres. À Tunis, notre envoyée spéciale a constaté que plusieurs s'inquiètent de la crise qui perdure en gardant en tête ceux qui ont laissé leur vie dans la révolte des dernières semaines.
Grand brun aux traits fins, Malek Lakhoua pourrait tenir le rôle principal d'une version tunisienne de l'émission ER. Mais, ces jours-ci, le jeune médecin de 29 ans trouve son métier tout sauf glamour.
Les yeux pleins d'eau, la voix qui tremble, il avale sa salive trois fois avant de raconter la pire nuit de sa vie.
C'était jeudi soir dernier. Des manifestations avaient lieu dans toute la Tunisie, et il venait de se porter volontaire aux urgences de l'hôpital La Rabta, dans la capitale tunisienne. Par le portail blanc de l'hôpital accroché à flanc de colline, les blessés arrivaient les uns après les autres. Les morts aussi, portés par leurs proches. Dans ce seul hôpital, on a recensé 10 morts et 53 blessés en deux jours. À l'hôpital voisin, le Charles-Nicolle, on a dénombré 30 morts.
«Toutes les victimes étaient tellement jeunes», dit Malek Lakhoua. La plupart des victimes avaient de 15 à 35 ans. L'un d'eux n'avait que 13 ans. «Ils avaient des balles dans le thorax, dans la tête, dans les hanches. Plusieurs avaient été atteints dans le dos. Les balles avaient été très bien ciblées. Des balles de tireurs d'élite de la police», dit le jeune médecin, qui s'est occupé de 15 blessés graves cette nuit-là.
Le scénario a été le même le lendemain, lors de la grande manifestation du 14 janvier qui a donné le coup de grâce au président Zine El Abidine Ben Ali, qui a quitté le pays ce jour-là pour l'Arabie Saoudite après 23 ans de règne autoritaire.
Douleur sourde
«On n'avait jamais vécu une telle situation à l'hôpital. La médecine de catastrophe, c'est quatre pages dans notre livre de pratique. Ces deux jours-là, toute l'équipe médicale a vécu un traumatisme psychologique horrible, une douleur sourde», a raconté Malek Lakhoua à La Presse, hier, dans un cinéma du centre-ville de Tunis. Musicien de jazz dans ses temps libres, il s'y était rendu pour assister à une réunion d'artistes qui voulaient prendre position sur le nouveau gouvernement de transition.
Le ton a vite monté. La plupart des personnes présentes ont dénoncé le fait qu'on y ait nommé neuf ministres appartenant au parti de Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), qui était au pouvoir lors de la répression des manifestations qui ont fait au moins 88 morts la semaine dernière.
Dans la rue, l'atmosphère était tout aussi électrique, alors que des manifestants qui demandaient la dissolution entière du RCD fuyaient les gaz lacrymogènes lancés par la police.
«Mon objectif, ces jours-ci, c'est de calmer les esprits, a dit Malek Lakhoua. Il faut que la violence arrête. La vie d'un gamin de 15 ans, ça n'a pas de prix.» Son appel au calme a trouvé des échos en Tunisie, hier. Plusieurs rappellent que les revendications de la population doivent être portées par les nouvelles voies démocratiques. «Nous ne voulons pas de lynchage, tout comme nous ne voulons pas être lynchés», a dit hier dans un appel passionné la directrice d'un théâtre, Leïla Toubel, alors que la communauté artistique pleurait la perte lundi d'un acteur, Moez Kouki. L'homme de 30 ans a été tué par une balle perdue dans les violences qui opposent depuis samedi la police à des groupuscules armés soupçonnés d'être des fidèles du président déchu. «Vive les martyrs de la Tunisie!», a-t-elle lancé en arabe sous les applaudissements.
Médecin à l'hôpital général de Kasserine, dans le centre du pays, Messaoud Guessoumi a, comme Malek Lakhoua, soigné et opéré les blessés par balle lors de manifestations. Il en a vu plus d'un rendre l'âme. Dans sa ville, 48 civils ont été tués avant le départ du dictateur. «Ça était le plus grand massacre. Un tournant de la révolution. Comment voulez-vous qu'on accepte, après cela, que des leaders du régime précédent gouvernent encore? La tuerie a assez duré.»


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