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«La situation demeure gérable mais la vigilance et la rigueur seront les mots d'ordre pour l'avenir»
Interviews : M. Mohamed Salah Souilem, directeur général des finances extérieures à la (BCT) s'exprime sur les nouvelles notes souveraines de la Tunis
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 01 - 2011

Les quatre agences de notation internationale, qui notent depuis longtemps, le risque souverain de la Tunisie viennent de réagir suite aux évènements que vit le pays depuis quelques semaines déjà. Un manque de visibilité qui a poussé l'américain «Moody's» à abaisser la notation de la Tunisie de «Baa2» à «Baa3» avec perspective négative. Parallèlement, l'agence de notation japonaise R&I a abaissé la notation de la Tunisie de «A-» (A moins) à «BBB» en la mettant également sous surveillance négative.
Il est à noter d'autre part, que l'européen «Fitch» et l'américain «Standard & Poor's» (S&P) ont maintenu la notation des émissions en devises de la Tunisie à «BBB» mais en la mettant, toutefois, sous surveillance négative pour une période de trois à six mois.
Nous avons contacté M. Mohamed Salah Souilem, directeur général des finances extérieures à la Banque centrale de Tunisie (BCT) pour nous expliquer davantage la situation et nous parler des vrais risques et des urgences auxquels est confronté notre pays . «Ces appréciations sont le résultat du climat d'incertitudes qui règne en Tunisie et peuvent être considérées comme un moindre mal par rapport à ce qui s'est passé pour d'autres pays ayant connu des moments d'incertitudes similaires où la notation a été abaissée de plusieurs crans», explique M. Souilem qui se veut rassurant. Il a ajouté que «ces mêmes agences ont affirmé que les fondamentaux économiques de la Tunisie demeurent assez solides, mais ce sont les doutes entourant la situation actuelle dans le pays et surtout leur possible impact négatif sur les perspectives économiques, les finances publiques ainsi que sur l'équilibre de balance des paiements qui ont justifié cette action sur la notation». Notre source tient toutefois à préciser par ailleurs, que la vigilance reste de rigueur. Interview.
Une dégradation de la note souveraine de la Tunisie intervient dans un contexte très particulier, comment est-elle perçue ?
Les agences qui notent le risque souverain de la Tunisie ont réagi après ce qui s'est passé dans notre pays. Cela est dû à un manque de visibilité en ces temps difficiles. Cette action entreprise par ces agences de rating a été dictée par l'obligation de ces agences d'informer à la fois les marchés et les investisseurs sur les dernières évolutions que peuvent connaître les émetteurs sur les marchés internationaux. Ces emprunteurs peuvent être aussi bien des pays ou même des banques ou des entreprises. Un suivi qui se veut ponctuel et ces agences se déplacent une fois par an et viennent chez nous pour suivre le développement économique et ses perspectives d'évolution. Ils évaluent également la situation politique, le climat social dans un objectif d'informer l'ensemble des marchés financiers internationaux sur la capacité de l'émetteur à honorer ses engagements financiers extérieurs.
Dans le cas de la Tunisie, et après cette transition que nous vivons actuellement, la situation a créé certaines craintes. Les agences ont été obligées d'examiner l'impact que pourrait avoir cette situation sur la capacité de notre pays à honorer ses engagements. Il est vrai que « Moody's » a baissé le rating de la Tunisie d'un cran avec perspectives négatives. Cela voudrait dire que si la situation ne s'améliore pas, cette note pourrait se dégrader davantage. Les deux autres agences, «Fitch» et «S&P» ont maintenu leurs notes, avec une surveillance des évolutions qui peuvent surgir entre- temps, et cela sur une période de trois à six mois. Cela veut dire que si la situation empire, cette note pourrait être revue à la baisse et là, notre situation nécessite beaucoup de vigilance. Nous devons être conscients de l'importance de ces ratings et de leur impact sur l'économie tunisienne.
En quoi consiste cet impact ?
La Tunisie, en tant que souverain ou même les entreprises tunisiennes, recourent aux marchés internationaux pour se ressourcer et le coût de ce financement dépend étroitement des ratings. Si les notes attribuées par ces agences sont bonnes, le coût de financement est amoindri et inversement. Je m'explique. Avant cette situation, la marge appliquée au risque tunisien sur dix années était autour de 140 à 150 points de base, c'est-à-dire 1,5 %, actuellement. Cette marge-là a grimpé pour atteindre 2,4 %. Au niveau de la banque centrale, nous sommes en train de communiquer sur les marchés internationaux nos évolutions, les fondamentaux de notre économie et nous menons un effort important pour tranquilliser les investisseurs sur notre situation économique, car beaucoup d'entre eux détiennent des obligations souveraines de la Tunisie. Si le risque souverain de notre pays se dégrade, le prix des obligations baisse et cela se traduit par une hausse des rendements exigés par l'investisseur (prime de risque) qui opte pour la vente de ses obligations. Si la Tunisie recourt à de nouveaux emprunts extérieurs, les investisseurs qui vont nous accorder cet argent se baseront sur une seule et unique référence qui est la marge observée sur le marché secondaire des obligations tunisiennes. Et c'est justement là où réside l'importance de l'appréciation du risque souverain de la Tunisie puisque ces investisseurs basent leurs choix, avant toute autre chose, sur les ratings attribués par les agences de notation, puis réagissent en conséquence.
Je dirais que pour nous, et malgré cette situation un peu sensible, l'augmentation de la marge n'a pas été très importante et la situation est encore gérable, alors que plusieurs pays ont connu des moments plus critiques. Néanmoins, cela demande de notre part beaucoup de vigilance et de rigueur pour la période à venir car la Tunisie est sous les feux des projecteurs. Nous sommes en train de communiquer quotidiennement notre situation avec nos investisseurs pour les convaincre de ne pas vendre leurs obligations.
Pour résumer je dirais aussi qu'il est important que les structures économiques redémarrent et reprennent leurs activités d'une manière habituelle et nous devons expliquer à nos partenaires que la situation politique est maîtrisée, la situation sociale est stable et que nous sommes en train de passer d'une situation à une autre, sans d'impacts négatifs graves sur notre économie.
Est-ce que cette situation, c'est-à-dire cette baisse de notation, est irréversible?
Cette baisse n'est pas irrévocable. La Tunisie est très observée en ce moment et tout dépendra de l'évolution de la situation politique, sociale et économique du pays. Il y a un très grand espoir que la Tunisie puisse de nouveau reprendre ses notations antérieures. Nous ambitionnons même d'améliorer ces notes puisque avant cette crise, « Moody's » allait nous placer sous « out look » positif. Il y a donc appel pour que tout le monde soit conscient que le pays est non seulement observé par les médias…mais également par les agences de notations, les investisseurs classiques qui ont déjà eu affaire à nous, mais aussi, les investisseurs potentiels (IDE ou investissement de portefeuilles). Et comme nous le savons tous, la Tunisie a besoin de ces financements, car notre taux d'épargne ne nous permet pas de couvrir tous nos besoins d'investissements.
Un site électronique d'information avait déclaré que «Moody's» a insulté la révolution du jasmin, qu'en pensez-vous ?
Il faut reconnaître que cette agence n'a pas donné le temps à cette transition et elle a tout de suite réagi en se basant ses jugements et sur ses craintes vis-à-vis du site tunisien. « Moody's » n'a pas donc pris le temps d'observer ce qui va se passer en Tunisie.
A mon sens, et cela est une vérité, la Tunisie dispose d'indicateurs économiques très solides qui lui ont permis de dépasser les effets de la crise financière internationale (croissance économique, un endettement extérieur et public à la baisse, un système bancaire de plus en plus solide, des créances accrochées aussi à la baisse…). Mais j'estime que les agences qui ont baissé les notes de la Tunisie ont, quelque part, pris en compte ces performances et cela ne peut que dénoter la confiance qu'ils ont en notre pays. Toutefois, il faut rappeler que face à des situations similaires vécues par d'autres pays, aussi puissants et solides soient-ils, la réaction de ces mêmes agences était beaucoup plus sévère. C'est le cas de la Grèce qui, en périodes difficiles, a vu sa note baisser de cinq crans.
Comment a réagi la BCT à cette baisse, elle qui a toujours œuvré pour l'amélioration de la note souveraine de la Tunisie? Et quelles sont les pistes qui ont été mises en place pour rectifier le tir?
En fait, la BCT a pour mission de gérer les relations avec les agences de notation internationales et notre devoir est, bien entendu, d'encadrer leurs missions, actuellement, nous poursuivons nos contacts avec ces agences pour les sensibiliser sur les points forts de l'économie tunisienne et surtout sur les effets positifs de la transition que vit notre pays. Notre principale mission est de pousser ces agences à réajuster leurs appréciations dès que la situation le permettra. En plus de ses contacts avec les agences de rating, la BCT est en train d'expliquer quotidiennement aux investisseurs internationaux, aux banques internationales, la situation afin de les rassurer.


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