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Un gouvernement d'union syndicale
Publié dans La Presse de Tunisie le 11 - 02 - 2011

Au lendemain du 14 janvier dernier, la réticence de l'Ugtt a été l'élément décisif ayant fait capoter le projet de constitution d'un gouvernement d'union nationale. Un tel gouvernement aurait, au moins symboliquement, signifié une volonté sincère d'union des forces vives du pays et une franche détermination à défendre les acquis de la Révolution et à se mettre sans plus tarder à préparer l'avenir. Trois semaines se sont écoulées depuis. A l'exception d'un semblant retour au calme émaillé de quelques épisodes de psychose, le bilan est lamentable : effritement de la crédibilité de l'Etat, recrudescence des revendications sociales les plus infondées et les plus irresponsables. Le pays avait frôlé le chaos sécuritaire, connu de terribles nuits de terreur et l'on doit, faut-il le souligner, le retour relatif au calme, bien sûr à l'armée nationale, mais aussi à un sursaut de patriotisme et à un élan de solidarité de tout un peuple qui s'est découvert la fibre, la nature et l'essence foncièrement pacifistes, casanières et conservatrices. Un peuple révolté et en révolte mais qui n'aime pas se faire trop peur ! Ce qui explique d'ailleurs ce sentiment de profonde reconnaissance à l'armée nationale. Aussi, au fur et à mesure que le spectre de la peur et de la terreur s'éloignait, que le pays retrouvait un semblant de sérénité, le brave peuple, libéré de tous les jougs, se croyant tout permis maintenant et tout de suite, est passé avec une rapidité inouïe de la contestation chaotique à la revendication irresponsable. Relayé en boucle par un nouveau discours médiatique creux, populiste et irresponsable, appuyé par une organisation qui confond politique et syndicalisme, le nouveau mot d'ordre est d'une simplicité déconcertante : «Allez-y, hâtez-vous, bientôt il n'y en aura plus pour tout le monde» !
Le gouvernement provisoire en porte une grande part de responsabilité. Pour avoir ouvert la brèche, d'abord à la vendetta, au lynchage des commis de l'Etat et pour avoir ensuite donné l'impression qu'il allait ouvrir, sans coup férir, les vannes de l'Etat-providence. Après les tâtonnements des premiers jours, les navettes syndicales, les caprices et petits calculs syndicaux, voici venu le temps des concessions coûteuses et des compromissions périlleuses qui font monter les surenchères sociales et qui sacrifient l'avenir au présent, risquant d'hypothéquer carrément l'avenir de tout le pays. La Révolution n'est pas un butin de guerre. Il ne faudrait surtout pas en vouloir aux masses laborieuses de continuer à le croire. Elles crient aujourd'hui justice après 23 ans d'arbitraire et réclament leur part du gâteau. Après tout, au fond, c'est leur Révolution, n'est-ce pas ? Il faudrait, en revanche, surtout en vouloir et tenir pour responsables tous ces esprits bourgeois et embourgeoisés qui ont le plus profité de l'opacité de l'ancien régime et qui étaient son bras séculier et qui, le comble, parlent aujourd'hui de justice sociale et de liberté en n'omettant pas de songer, le temps venu, aux dividendes de la Révolution populaire. C'est précisément à ce niveau que le gouvernement provisoire devrait être le plus lucide et le plus vigilant. Il est à cet égard des décisions hâtives qui pourraient provoquer des dérapages irrémédiables et, croyant rompre définitivement avec les vieux réflexes, il n'est guère exclu que l'on arrive, au bout du compte, à en adopter d'aussi dangereux et à couver une nouvelle forme d'arbitraire. En voici un signe avant-coureur : un gouvernement non pas d'union nationale mais un gouvernement provisoire d'union syndicale. Le ton surréaliste du communiqué de la seule véritable organisation politique et syndicale du pays, qui tire aujourd'hui les ficelles, est ,à cet égard, on ne peut plus clair. Extraits.
«L'Union générale tunisienne du travail (Ugtt) et le gouvernement provisoire ont convenu de la nomination de nouveaux gouverneurs. Dans un communiqué qu'elle a publié, ce mardi, l'Ugtt indique que cet accord est intervenu suite à deux séances de négociations entre le Bureau exécutif de la centrale syndicale et une délégation ministérielle du gouvernement provisoire au cours desquelles le Bureau exécutif de l'Ugtt a mis l'accent sur la nécessité de créer un conseil de protection de la révolution et de la transition démocratique. Les deux parties sont convenues, en outre, d'œuvrer pour rétablir la sécurité, en faisant face aux forces antirévolutionnaires. Elles ont, aussi, appelé à se pencher immédiatement et systématiquement sur les problèmes et préoccupations des salariés».
Au plan social, les deux parties sont tombées d'accord pour poursuivre l'insertion des employés du secteur de la sous-traitance dans les entreprises bénéficiaires de leurs services, à travers l'engagement de négociations avec l'Ugtt et ses structures syndicales et la mise en place de mécanismes appropriés pour entamer immédiatement des négociations au sujet des volets réglementaire et financier, de manière à favoriser la promotion des législations dans le sens du renforcement du travail permanent et de garantir la liberté effective de l'action syndicale dans tous les secteurs sans exception. Elles ont, également, convenu d'améliorer le pouvoir d'achat du citoyen, à la lumière de la hausse excessive des prix et de la détérioration de la situation dans le contexte de la corruption financière et administrative durant de nombreuses années.
Moins sérieux et une simple formalité sans doute, le communiqué ajoute :
«Les deux séances ont abouti, également, à l'approbation de la ratification d'une série de conventions arabes et internationales, fondées sur les principes de la liberté, de la justice et des droits de l'Homme, des principes de la révolution tunisienne».
Trêve de plaisanterie, les auteurs de ce communiqué ont parfaitement raison : l'exportation est le moteur de la croissance qui va permettre non seulement de répondre à toutes les revendications sociales déclarées et à venir mais aussi de réaliser le plein-emploi. Le problème est qu'au train où vont les choses, le pays n'aura bientôt plus rien à exporter, sauf les idéaux de la révolution. Mais cela n'a évidemment pas de prix !


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