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Ensemble sauvons notre pays
OPINIONS
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 04 - 2011


Par Taha BELKHODJA
La Tunisie est à genoux aujourd'hui, a dit le Premier ministre, la situation évolue malheureusement vers le pire, moi je dirai que la Tunisie est dans un sable mouvant jusqu'aux genoux parce que si on peut rester quelque temps à genoux, dans un sable mouvant on coule petit à petit et le facteur temps joue contre nous. Le peuple tunisien n'a pas droit à l'erreur, il est impératif pour lui de réussir cette révolution et de franchir tous les obstacles dans les meilleurs délais.
Après la révolution, il est du devoir de chacun d'entre nous, celui qui prétend être un bon citoyen et un patriote, de lancer un appel solennel au peuple tunisien pour le travail. La démocratie passe par la sauvegarde de l'économie faute de quoi nous serons passibles d'un retour en arrière. Nous sommes en train de démolir ce que nos parents ont construit au prix du sang et du labeur. Nos enfants ne nous le pardonneront jamais.
Nous sommes tous confrontés à un défi majeur et nous devons tous prendre nos responsabilités aussi bien individuellement qu'en tant qu'organisations et gouvernants.
D'abord, il faut être clair et sincère en regardant la réalité en face, suite aux décisions qui ont été prises par tous les partis, le gouvernement actuel est un gouvernement d'expédition des affaires courantes donc provisoire (pour 3 ou 4 mois). A cet effet il ne peut pas établir une stratégie à terme, il ne peut intervenir que sur des affaires qui revêtent un caractère d'urgence telles que la sécurité, la survie des familles nécessiteuses, les affaires d'injustice urgentes et de la prévention en vue de la stabilité du pays et sa sécurité.
En mémoire du leader Habib Bourguiba, il serait très souhaitable que le gouvernement applique la politique des étapes:
1ère étape, immédiate :
Il faut instaurer des communiqués médiatiques fréquents en vue du suivi permanent des affaires du clan Trabelsi – Ben Ali pour le rétablissement de la confiance entre la population et l'Etat.
Comme il faut créer une cellule de crise installée de préférence au ministère de la Défense nationale, mettent un numéro vert à la disposition de tous les Tunisiens par l'intermédiaire des différents opérateurs télécom, nous devons nous mobilier tous pour faire le policier (comme en Suisse et ailleurs) en vue d‘assurer notre sécurité, l'ennemi est encore là pour quelque temps.
2ème étape :
Le rôle essentiel aujourd'hui des organisations syndicales c'est qu'elles se mobilisent pour tout faire afin de sauvegarder les emplois existants. Des dizaines de milliers d'employés sont en chômage technique suite aux comportements irresponsables de certains syndicalistes derrière les sit-in et grèves, les faits sont là soyons honnêtes avec nous-mêmes.
10.000 malheureux employés sont victimes des différents mouvements sociaux et 80.000 autres sont très menacés suite aux divers sinistres des entreprises après la révolution, ce qui favorise l'augmentation du taux de chômage à 20% avec les 35.000 qui sont revenus de la Lybie.
Les premiers à payer le prix de ces sit-in et grèves, ce sont les travailleurs eux-mêmes parce que quand le pain devient à un dinar ou quand ils sont en chômage sans le sous, et que l'Etat se trouve impuissant, ce n'est pas l'Ugtt ou autre qui va leur trouver un nouveau emploi ou va leur donner à manger, «chacun pour soi et Dieu pour tous».
Les 40.000 jeunes à recruter, en attendant, peuvent effectuer leur service militaire en espérant que les choses aillent mieux d'ici quelques mois, sachant que le recrutement dans la Fonction publique est déjà tributaire du service militaire (art. 17 de la loi 83-112).
Pour être réaliste le service militaire rémunéré est l'issue de secours, il reste l'unique solution d'embauche à l'heure actuelle, d'une pierre cinq coups (embauche immédiate, formation et discipline, diminution des manifestants, éligibilité de recrutement future à la Fonction publique et surtout la sécurité). Il ne faut surtout pas donner une prime de chômage sans contrepartie, ceci incite à la paresse. Il est plus raisonnable de revenir à l'ancienne loi de faire participer l'Etat à 50% du salaire en levant la limite à 300D, et à 250D pour ceux qui effectuent leur service militaire. Il y a déjà certains jeunes qui ont dit : «Ne me donnez pas de l'argent en restant à la maison…» ils ont raison, il faut lancer un site web appelé «Emploi des Jeunes» sur lequel les jeunes mettent leur C.V. accompagné d'une photo d'identité et demander à l'administration et à l'Utica d'effectuer des recrutements en donnant la priorité à ceux qui ont effectué leur service militaire.
Il faut reporter les négociations sociales jusqu'au gouvernement qui sera désigné par l'Assemblée constituante, il n'est pas logique de commercer des négociations pour les interrompre après trois mois ou de prendre des décisions qui engagent le prochain gouvernement, ceci ne nous empêche pas de résoudre certains problèmes, du cas par cas quand il y a nécessité.
En revanche certaines négociations sociales urgentes peuvent exister pour la possibilité de rouvrir les entreprises sinistrées pour essayer de maintenir en poste les employés quitte à ce qu'on diminue les salaires par solidarité jusqu'à la remise sur pieds desdites entreprises, en situation de crise les concessions sont inévitables.
Toutefois toute revendication doit désormais faire l'objet d‘une requête auprès de ladite cellule de crise et laisser le temps matériel aux responsables de faire leur travail, il n'y a pas de baguette magique pour tout résoudre à la fois, il y a des priorités, soyons patients.
Afin d'éviter d'augmenter davantage le chômage en devenant structurel et durable, une charte doit être établie pour ne plus faire de grève en cas de litige ou différend, mais plutôt porter des brassards rouges et que tout le monde doit maintenir son poste et travailler. La participation de l'Ugtt est nécessaire pour trouver une solution et éventuellement en optant pour un audit indépendant, le cas échéant, en dehors des partis (employeur & employés / Ugtt).
Il faut rappeler et jamais assez que le slogan de notre Révolution était «khobz we ma ou Ben Ali la» donc attendons le nouveau gouvernement, il faut être patient, on a attendu des dizaines d'années, il ne faut pas gâcher cette Révolution très prometteuse à terme, ne soyons pas égoïstes.
3ème étape, priorité absolue et impérative pour :
- Le rétablissement par tous les moyens et en toute urgence de la sécurité pour la reprise effective de l'activité des individus et des sociétés, la sécurité est une exigence essentielle pour la relance économique et tout développement.
- Assurer la sécurité sur nos frontières de crainte du passage des intrus perturbateurs et des malfaiteurs ainsi qu'au niveau du littoral qui ne cesse de faire de victimes.
- La sécurité pour pouvoir bien préparer et faire réussir le déroulement des prochaines élections ainsi que la période postélectorale qu'il ne faut pas négliger.
Pour cela il n'y a pas trente six mille solutions, la seule solution immédiate possible c'est de multiplier notre effectif militaire pour les deux années à venir au moins afin d'assurer la stabilité et la sécurité.
Des actions surprenantes de plus en plus fréquentes, telles que les derniers barrages sur l'autoroute par des enfants et la mise à feu des biens, ceci est inadmissible, il faut maîtriser au plus vite cette situation de plus en plus alarmante, ceci est entrain de faire boule de neige, ça ne peut pas continuer, ceux qui brûlent sont des criminels, d'office ils doivent être sévèrement punis.
4ème étape :
Application des lois, il faut absolument discipliner les gens en commençant par le respect de l'état d'urgence et arrêt des contrevenants. L'Europe a évolué grâce à la discipline. Il faut rétablir l'ordre, être strict et sévère, comme il faut investir dans la remise en état des prisons et l'extension éventuelle de celles-ci.
Personne n'est sans savoir qu'il existe des individus truands, comme dans n'importe quelle population, il existe des bons et des mauvais (20%), qu'il ne faut pas sous-estimer pour ne pas le regretter plus tard, c'est tout à fait normal il faut juste les combattre, ils sont là parmi nous et ils ont commis des méfaits depuis le début du soulèvement.
5ème étape :
La révision du budget de l'Etat et la loi de finances pour l'année 2011 devrait se faire avec le prochain gouvernement, toutefois une priorité doit être donnée à l'investissement dans la sécurité.
Les fonds nécessaires pour commencer existent déjà, ceux de Ben Ali et compagnie, non prévus dans le budget de l'Etat et l'argent est disponible de suite à part les aides des ONG, de l'UE et des USA. Si ce n'est pas suffisant, nous avons nos chers compatriotes ambassadeurs qui peuvent jouer un rôle prépondérant auprès des pays d'accueil qui nous ont soutenus. Du temps de Ben Ali les délégués s'acharnaient sur nous pour le FNS (26-26).
Il ne faut pas que la Tunisie soit mal menée par ses propres enfants, ceci est inacceptable.
L'histoire a démontré que certaines révolutions ont échoué à cause des enchères qui ont mis à mal l'économie de leur pays, le peuple Tunisien doit faire preuve de maturité et de responsabilité pour ne pas tomber dans ce piège et que toute mesure doit être prise à l'encontre des défaillants.
Les médias ont un rôle très important à jouer en cette période cruciale pour convaincre les Tunisiens à se comporter en bon citoyens responsables et civilisés. Il faut insister et expliquer que nous sommes dans une révolution culturelle que le monde entier nous envie. En effet il faut faire face à l'anarchie qui ne peut qu'aggraver notre sort, le plus important, ce sont tous les droits qu'on a obtenus au prix des vies de nos concitoyens et cet acqui est irréversible.
Un autre petit détail, en cette période transitoire d'ouverture sur une nouvelle culture, il serait très souhaitable de faire passer plus fréquemment des chansons patriotiques sur nos écrans, radio mosaïque le fait déjà, ceci pourrait unir davantage les Tunisiens en pensant au bien-être de leur pays.
Les immolations et les tentatives de suicide après la révolution doivent être arrêtés et il faut le faire savoir au grand public, ces actes sont punis par la loi et par Dieu, puisque tous les moyens de recours existent maintenant, ceci est un acte criminel et de lâcheté. Cela n'a rien à voir avec le geste de Bouazizi et «le silence est le complice de tous les abus».
C'est très regrettable de voir le jeune qui a été agressé par la police le 14 janvier dire : «…ils m'ont donné 3000d, qu'est ce que ça peut me faire ? …» au lieu de demander de punir ceux qui l'ont agressé.
Enfin, appel à nos jeunes pour protéger leur révolution en passant leur service militaire en signe de patriotisme pour bien terminer ce qu'ils ont commencé. Le monde entier a dédié cette année à la Jeunesse et pour boucler cette bonne année avec les grands honneurs, nos jeunes ne manqueront pas de se réunir sous le drapeau Tunisien ce qui mérite bien un prix de l'Unicef ou autre pour leur dévouement.


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