Carrefour Tunisie célèbre les 25 ans de ses hypermarchés avec plus de 200 000 dinars de gains et des offres exceptionnelles chaque jour    Tunisie : fortes pluies, crues et retour du soleil attendu dès la fin de semaine    Retraite anticipée des femmes : une audition décisive au Parlement    Alerte en Tunisie : la ''classe préparatoire'' dans les jardins d'enfants est illégale    Chedly Abdelly : le chercheur qui place la Tunisie sur la carte du monde    Le Géoparc Dahar inscrit sur la liste des géoparcs mondiaux de l'UNESCO    Centenaire de Youssef Chahine : L'ESAC et l'ATPCC organisent un séminaire à Gammarth    Tunisie : Dernier jour pour les déclarations fiscales, attention aux pénalités !    Avis aux étudiants tunisiens, découvrez le guide 'Etudes à l'International — Edition 2026'    Riadh Zghal: L'IA, une opportunité pour l'innovation et la révision de la pédagogie universitaire    Agil Energy met à l'épreuve ses dispositifs de gestion de crise lors d'une opération blanche à dimension internationale    Météo en Tunisie : pluies orageuses sur le nord et le centre , l'INM actualise la carte de la vigilance    Mondial 2026 : voici le prix des billets des matchs de la Tunisie    Où voir en direct Bayern Munich vs Real Madrid et à quelle heure ?    Pèlerinage de la Ghriba 2026 : les dates fixées du 30 avril au 6 mai    ISIE : fin du siège loué, l'instance mise sur ses propres locaux pour réduire les coûts    Agil Energy met à l'épreuve ses dispositifs de gestion de crise lors d'une opération blanche à dimension internationale    Liverpool vs PSG et Atlético de Madrid vs FC Barcelone : ou regarder les demi-finales de Ligue des Champions UEFA    Université tunisienne: qui fait quoi? Repenser la gouvernance    Korbous : un projet touristique pour faire de la station thermale tunisienne un joyau méditerranéen    Recrutement de travailleurs tunisiens : la Tunisie et l'Italie signent un accord    Météo en Tunisie : pluies éparses et temporairement orageuses    Mondial 2026 : calendrier des matchs de la Tunisie    Turquie : attaque dans une école, 16 blessés    Le député Tarak Mahdi présente ses excuses au peuple tunisien    Tunisie : lancement progressif du recrutement des diplômés sans emploi sur trois ans    Habib Touhami: Quand le Plan s'appelait Tas'mim تَصْمِيم    Université de Tunis El Manar : n°1 en Tunisie dans le classement UniRanks 2026    Inauguration de Isharat Gallery à Sid Bou Saïd: une réhabilitation lumineuse de l'abstraction tunisienne    Le ciel va s'éteindre en plein jour... une éclipse exceptionnelle attendue en 2026    Tahar Ben Lakhdar - Sadok Belaïd,L'architecte silencieux d'une réforme qui a changé la Tunisie: Comment la réforme des études d'ingénieurs des années 1990-1991 a refondé le paysage de l'enseignement supérieur tunisien    Général Mohamed Nafti - Trois Lettres Persanes    La caille domestique: Un grand potentiel nutritionnel et économique peu exploité    El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    Lotfi Chedly - Sadok Belaïd: Un professeur, un modèle...un ami    70 ans de relations Tunisie–Japon : un nouvel accord pour booster l'économie nationale    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Pensons d'abord, construisons après
Architecture
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 08 - 2011


Par Dorra IsmaIl et Mehdi Dellagi*
Al Ardh (LaTerre)
La terre unit (14 janvier 2011).
La terre sépare (Palestine).
La terre nous donne.
La terre nous reprend.
La terre démolit.
La terre construit.
Nous sommes architectes, tunisien(e)s et diplômés de l'Ecole nationale d'architecture et d'urbanisme (ENAU) de Tunis. Nous lançons un appel à toutes nos consœurs et à tous nos confrères architectes : sortons de la fatalité du "‑tout ciment, tout poteau / poutre et dalle ".
A travers le champ de notre discipline " Architecture ", nous avons le devoir de prendre part au projet de société qui s'offre à nous aujourd'hui. Pensons notre société autrement. Libérons-nous et libérons nos concitoyennes et nos concitoyens de la fatalité : " allah ghaleb ! ".
Nous, architectes, avons l'entière responsabilité de conseiller nos partenaires et de les guider vers les meilleurs choix.
La terre crue est un matériau de construction qui périt chez nous (faute de mise en valeur) alors qu'il se revivifie et se développe dans les pays riches sous une labellisation "‑écologique et développement durable ". Label qu'ils viennent nous revendre au prix fort .
Consœurs, confrères, souvenez-vous de nos magnifiques voyages d'études dans le Sud tunisien où nous étions initiés à l'architecture bioclimatique. Souvenez-vous de nos inoubliables stages passés dans les agences du patrimoine où l'on apprenait les techniques de restauration de nos sublimes édifices anciens. Tout existe, là, sous nos pieds, à notre portée, en attente d'une simple révélation de notre part.
La pénurie actuelle de ciment est en grande partie notre faute à nous, architectes. Nous agissons comme résignés à la fatalité du " tout ciment ". Pensons différemment l'architecture de notre pays. Pensons un projet de société où il y aurait aussi la liberté de penser son habitat, son école, sa rue… La liberté d'une architecture en terre crue, en bois, en pierre, en sable, en chaux… Travaillons pour un projet de société libre. Un projet de société qui " englobe et qui intègre‑", non pas qui exclut. Aujourd'hui, les constructions en ciment sont exclusives et sélectives. Ne peut construire que celui qui a les moyens d'acheter le sac de ciment à 17DT. Le schéma est identique à celui politique. Nous sommes encore dans des mécaniques d'exclusions non pas d'intégration.
D'où les questions qui sont au cœur de notre opérativité‑:
Quelle a été la part de responsabilité de l'Etat dans la situation actuelle ?
Comment l'architecture peut participer à un projet de société ? Comment un architecte, par une pensée globale et intégrative, peut agir dans un projet de société ? Comment un architecte peut penser une architecture accessible à tous? La chaux est un choix possible (écologique, économique, saine). D'autres alternatives sont également plausibles et à penser. Construire en terre crue est une voie tout aussi concrète. A la question : comment stabiliser (solidifier) la terre crue, plusieurs civilisations y ont trouvé des réponses différentes et qui résistent plusieurs siècles après (alors que le béton armé a une durée de vie moyenne de 50 ans). Au Mexique, on stabilise la terre crue à la laitance de cactus (identique au hendi national). En Afrique noire, on stabilise la terre crue avec les excréments d'animaux (la henna). En Europe, on stabilise à la chaux. Plusieurs pistes sont à explorer et à développer dans nos centres de recherches scientifiques (ENIT, CNRS, IRA…).
Voici un exemple et une occasion pour nous, consœurs et confrères architectes, pour agir dans un projet de société.
En espérant que la Tunisie ne se transformera pas en un champ de " hendi " (pour enrichir le lobby industriel du stabilisant de terre crue en laitance de hendi) ni en décharge de " ghbar " (pareil, aux excréments d'animaux), agissons !
Le choix initial fait par l'architecte dans son processus de conception du projet est fondamental. D'où l'importance de " penser l'architecture " et non pas de la réduire à une mimétique ou à une simple fatalité constructive limitée et tributaire de son temps. Un architecte est, comme tout autre acteur social et citoyen, un penseur et non un exécutant. Il pense la société dans laquelle il vit. A travers sa discipline, il agit dans cette société. Son action peut être la réalisation d'édifice, mais aussi et surtout la réflexion sur des questions anthropologiques, bioclimatiques, l'enseignement, l'expertise, l'histoire, la philosophie, l'événementiel, l'objet, la ville, le territoire… L'architecture ne se limite plus au seul fait constructif, contrairement aux donneurs de leçons " modernistes ". L'architecture devient une pensée. Une pensée qui se libère et qui libère l'homme de toute appartenance.
Inventons de nouveaux modes d'autoconstructions indépendants des lobbys industriels à la portée de tout un chacun. Formons nos maçons à de nouvelles techniques de construction, enseignons nos futurs architectes à penser une nouvelle architecture, rédigeons de nouveaux règlements urbains, trouvons de nouveaux matériaux de construction, pensons la ville indépendamment de la fatalité de l'automobile, recyclons les déchets des chantiers, chauffons et ventilons naturellement… !
-Consœurs et confrères architectes, pensons d'abord. Construisons après.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.