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Un goût d'inachevé
Mission d'hommes d'affaires tunisiens à Tripoli
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 01 - 2012

Quatre-vingt-trois hommes d'affaires et entrepreneurs parmi les grands promoteurs économiques privés tunisiens, représentant un large éventail des secteurs économiques, ont effectué une visite de travail à Tripoli, organisée du 7 au 9 janvier par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect). La tête pleine de projets, les poches de cartes de visite et les bagages d'échantillons et/ou de prospectus et autres dossiers de présentation, les hommes d'affaires sont retournés en Tunisie avec un goût d'inachevé, en d'autres termes «bredouilles».
Du côté libyen, un point d'honneur a été accordé à l'accueil et au séjour de la délégation tunisienne, mais la participation des hommes d'affaires libyens, par ailleurs très sollicités, a été plutôt modeste en nombre. Relativement, peu de contacts ont été établis et aucun contrat négocié. Déçus, certains participants ont fait assumer la responsabilité à Conect qui, affirment-ils, n'a pas pris le temps suffisant pour organiser une aussi importante rencontre. D'autres hommes d'affaires ont, quant à eux, profité de l'occasion pour établir des contacts professionnels par l'intermédiaire d'anciennes connaissances libyennes ou d'entrepreneurs tunisiens travaillant en Libye. Tous admettent, en revanche, que le voyage a été une occasion propice pour se rencontrer, se connaître entre promoteurs tunisiens et engager des discussions « B to B » tuniso-tunisiennes qui se sont avérées prometteuses.
Faut-il s'en tenir là ? Non, bien sûr
La Confédération tunisienne n'en est pas à sa première visite de prospection du marché libyen pour les hommes d'affaires tunisiens, après la révolution de nos voisins. La précédente a eu lieu à Benghazi, il y a de cela trois semaines, et a été fructueuse en ce sens que les retombées du côté libyen continuent d'arriver à Conect, sous forme de demandes (fax) de contacts ou de rencontres, notamment en Tunisie, avec des promoteurs tunisiens. Ce second voyage d'affaires vient une semaine après la visite officielle du président Moncef Marzouki en Libye où il était accompagné notamment par la présidente de l'Utica, Mme Wided Bouchamaoui, et par le président de Conect, M. Tarak Chérif, ainsi que par une importante délégation d'hommes d'affaires. Les discours politiques, les incitations et les promesses des deux parties officielles ont nourri beaucoup d'espérance et encouragé la nouvelle organisation patronale à se rendre à Tripoli, en un temps record, avec une autre importante délégation d'hommes d'affaires tunisiens. Le défi était grand et l'intention louable: «Cette visite est une occasion pour ces hommes d'affaires, dont certains viennent pour la première fois en Libye, de rencontrer des officiels libyens, de les écouter, de leur poser des questions et de retenir les messages. Ils se sont fait une idée sur le contexte libyen et sur les opportunités. A eux, maintenant, de faire leur travail, de nouer des contacts à partir de la Tunisie ou de retourner de leur propre chef en Libye», explique M. Tarek Chérif. Les hommes d'affaires savent qu'un contrat n'est jamais signé dès la première rencontre, mais nécessite en amont un travail de fond et du temps, en tout cas suffisamment pour convaincre.
La prochaine visite de Conect est déjà prévue à Mosrata qui a dépêché un représentant à Tripoli pour entrer en contact avec M. Tarek Chérif. Pour le président de Conect, l'heure n'est plus à la passivité, il faut essayer de se faire une place, en tant que professionnels et compétences, dans un pays en pleine reconstruction, trop convoité et qui plus est un voisin. «Le rôle d'une organisation comme Conect est de se positionner par rapport à un contexte concurrentiel, d'aider les hommes d'affaires tunisiens à occuper un terrain balisé et à s'imposer aux côtés des grandes entreprises occidentales», ajoute M. Tarak Chérif. Il reste aux hommes d'affaires tunisiens à être plus agressifs et entreprenants dans un marché libyen déjà occupé par diverses nationalités (chinoise, turque, espagnole, grecque, etc.), mais qui n'est pas méconnu des Tunisiens qui ont toujours été présents en Libye en quantité et en qualité. Les participants à la mission de Tripoli ont même suggéré à Conect que des contacts soient établis avec les grandes entreprises occidentales et les entrepreneurs libyens pour négocier des contrats tripartites.
La Libye a changé
Les officiels libyens étaient, en effet, présents à la séance d'ouverture du forum organisé à l'occasion par la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Tripoli, sur le thème : «Rencontre économique tuniso-libyenne : pour une économie complémentaire efficace». Le thème a été bien choisi pour avoir reflété le ton et les messages des interventions des responsables libyens, en l'occurrence le secrétaire d'Etat à l'Economie et au Commerce, le directeur de la coopération internationale au ministère des Affaires étrangères, le président de l'Union des chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture de Libye et le président de la Chambre sus- citée organisatrice du colloque. D'emblée le ton est donné par le secrétaire d'Etat, M. Ahmed El Kouchi : «De grandes opportunités de partenariat existent entre les deux pays, mais il y a une nouvelle réalité en Libye qu'il faut prendre en considération ensemble et sérieusement ». La nouvelle réalité est que la Libye a changé, les mentalités aussi et que la vision du futur et des relations avec les partenaires économiques, même s'ils sont voisins, doit désormais se baser sur «une stratégie claire de coopération et d'échange construite sur les principes de complémentarité et d'égalité». En termes plus clairs, M. El Kouchi explique : «Nous voulons des industries stratégiques complémentaires entre les deux pays avec des investissements en Libye ; nous pouvons et devons développer le buisness entre nos deux pays, mais celui-ci doit être réfléchi, basé sur des études scientifiques, sur des assises juridiques et sur les intérêts mutuels ; il nous faut de ce fait des recommandations concrètes et applicables ; la construction de la nouvelle Libye et la coopération tuniso-libyenne doivent être envisagées en termes de pragmatisme pas de sentimentalisme». Et d'ajouter : «Nous disposons de lois et de dispositions juridiques qui permettent aux hommes d'affaires tunisiens de travailler en Libye et avec les Libyens comme il se doit car nous allons œuvrer à instaurer un environnement d'affaires sain et adéquat». Les priorités de la Libye s'expriment aujourd'hui en infrastructures routières, bâtiment, santé, éducation et industries agroalimentaires. Quant à ce dernier secteur, les potentialités sont « énormes» pour ce qui concerne la production d'huile d'olive et les autorités libyennes comptent sur l'expérience et le savoir-faire tunisiens pour se lancer dans la production d'huile d'olive. Idem pour les tomates.
Pas de sentimentalisme, place au pragmatisme
Même si l'orientation générale va vers l'encouragement des investissements et des créations d'entreprises sur le sol libyen, les responsables libyens souhaitent également une facilitation des procédures et un allègement des mesures administratives et juridiques pour les investissements libyens ainsi que les transferts de capitaux et de marchandises ; l'intervention des autorités tunisiennes pour stopper l'hémorragie de devises au niveau de Ras Jedir consécutive au foisonnement du commerce parallèle dans cette région frontalière et la redynamisation, avec l'aide tunisienne, des ports libyens actuellement « en panne ». Tout en admettant que la Libye ne possède ni archives, ni statistiques, ni bases de données, notamment dans le domaine des échanges tuniso-libyens, le secrétaire d'Etat annonce la création d'un conseil libyen de la concurrence, la mise à niveau des chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture ainsi que la consolidation de l'assise juridique par de nouvelles lois et des amendements. Des promesses sont également faites aux entreprises tunisiennes déjà installées en Libye et qui ont arrêté de fonctionner durant la révolution. Le secrétaire d'Etat les invite à revenir en Libye et à relancer leurs chantiers. En ce qui concerne leurs avoirs et leurs paiements, les financements devraient être bloqués d'ici la fin de ce mois de janvier.
Pour les officiels libyens, plus rien ne sera comme avant. Les messages sont clairs. Le peuple libyen pleure encore ses martyrs, plus de 50.000, et ses nombreux disparus. Les jeunes qui ont fait la révolution doivent être le centre de gravité de tous les programmes et plans d'action, de tout projet futur. «Nous ne soutiendrons que les projets qui tiennent compte de l'intégration des jeunes dans le marché de l'emploi et qui leur offrent des opportunités de formation», promet M. Idriss Omrane. Pas moins de 20 milliards de dollars sont consacrés par le Conseil transitoire libyen à l'emploi et à la formation des jeunes. Le président de l'Union des chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture déclare que le savoir-faire, l'expérience et les compétences tunisiennes dans les domaines industriel et agricole devront servir de base à la promotion de ces deux domaines en Libye et à la formation des jeunes Libyens et que « la Tunisie mérite de prendre part à la reconstruction de la Libye car le peuple tunisien a soutenu son homologue libyen dans les moments les plus difficiles ». M. Boubaker Ghaoui, président du club libyen des affaires, ajoute pour sa part : «Nous voulons une économie de partenariat entre les hommes d'affaires tunisiens et libyens ; il n'est plus question que la Libye importe des produits qu'elle est capable de produire, et dans le cadre de cette nouvelle orientation, nous voulons que les Tunisiens soient les premiers à bénéficier de la coopération économique».
Tout en réitérant leur considération et reconnaissance au peuple et au gouvernement tunisiens pour l'aide apportée au peuple libyen au cours de sa révolution, les responsables libyens annoncent de nouvelles règles pour construire des relations plus solides de coopération bilatérale. Ce sont là les règles du jeu d'un système économique bien en place, sécurisé et durable. Et il n'est pas étonnant que les hommes d'affaires tunisiens à Tripoli aient réagi très favorablement à cette nouvelle vision de l'avenir économique de le Libye; la Tunisie étant elle-même un pays d'institutions et de règles juridiques, administratives et financières régissant les échanges commerciaux et la coopération économique bilatérale et multilatérale. La nouvelle stratégie libyenne vise un changement des mentalités et l'esprit d'entreprise ; elle sera sans aucun doute productive et constructive pour les hommes d'affaires tunisiens et libyens qui comptent sur les opportunités, pas sur l'opportunisme.


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