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Vers une génération à deux vitesses
Enseignement et savoir
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 07 - 2012

Dans un peu moins d'une décennie, la Tunisie va découvrir une génération de jeunes à deux niveaux diamétralement opposés : la race des très brillants ou, c'est plus correct, des génies, et celle qui peinera beaucoup à se frayer une petite place au soleil. C'est que les deux catégories, dès à présent, évoluent à armes inégales. Et c'est injuste.
La race des génies (car c'est vraiment le cas de le dire) est confiée à l'une des cinq écoles privées les plus brillantes et sérieuses de la capitale. Il est instamment demandé à ces enfants d'arracher coûte que coûte une moyenne ne pouvant glisser sous la barre des 18/20, sous peine d'être...renvoyés aux écoles publiques. A la 6e année de l'enseignement primaire, un concours national (qui, selon le niveau général, fixe le plafond requis de la moyenne, généralement, à partir de 18,5/20) va distinguer les plus et les moins brillants qui, tous de toute façon, vont poursuivre leurs études jusqu'à la 9e. Seulement voilà, les plus brillants seront admis ensuite aux écoles dites pilotes qui, elles, vont terminer le travail entrepris dès le primaire et doter le pays d'éminents sujets appelés, en principe, à fréquenter les grandes écoles d'Europe ou d'ailleurs. C'est un peu la méthode américaine qui consiste à fabriquer des génies, non à attendre qu'ils naissent ou se fassent d'eux-mêmes et au hasard des jours.
Or, il y a une nouveauté en Tunisie : l'arrivée sur le marché de l'enseignement d'une (ou peut-être deux) école assez spéciale et fonctionnant à longueur d'année, surtout l'été. Elle dispense des cours d'anglais, de français et de...calcul mental. Ce sont des Britanniques et des Français qui enseignent les deux langues en question, et c'est tout dire. Quant au calcul mental, c'est une véritable première. Par exemple, à la question de savoir combien font 8 746 x 5 : 13, l'enfant n'est pas autorisé à sortir une calculette de sa poche ou à faire le calcul sur un bout de papier, mais à répondre mentalement dans les cinq-six secondes qui suivent l'énoncé de la question. On apprend à l'enfant que les chiffres ont, en eux, une telle logique, toujours la même, qui fait qu'il est possible de résoudre les équations les plus compliquées – en apparence – en un temps record. De cette méthode va naître chez l'enfant un autre sentiment, inestimable : la confiance en soi. Plus encore : chez ces enfants, on observe une soif incroyable de connaissances, d'où leur propension à tout chercher sur Internet. Un enfant de 11 ans qui vous parle du Triangle des Bermudes et de la date exacte de l'extinction des dinosaures, avouez que c'est fort !
En face, hélas ! il y a l'autre catégorie : celle qui se contente d'assister au cours de la journée sans jamais se soucier de le réviser; qui, au sortir de l'école, n'y pense plus ; qui ne manifeste aucun intérêt réel pour les études et le savoir de façon générale ; et qui, pour être honnête avec elle, ne reçoit qu'un enseignement lui-même bancal.
Il est inutile de remuer le couteau dans la plaie et faire remarquer que seuls, malheureusement, les gens bien nantis qui peuvent offrir à leurs enfants un enseignement de qualité. C'est un peu, si l'on ne s'abuse, le diktat ou l'injustice de l'argent. Toutefois, il y a une question qui s'impose d'elle-même : mais pourquoi donc est-ce que ‘‘enseignement public'' équivaut de nos jours à ‘‘médiocrité'', pour ne pas dire nullité ? Comment expliquer que tel professeur au public (un Tunisien) fabrique juste des ‘‘tout moyens'', alors que son collègue au privé (un Tunisien) en arrive à fabriquer des génies ?
C'est cette équation inextricable à laquelle, avec toutes les calculettes du monde, on ne trouve pas une seule réponse convaincante.


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