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L'art urbain en images
Présence des Arts - Mohamed Akacha à la galerie Bel Art
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 11 - 2012

Il ne faut pas chercher loin, rien qu'à sa mise, on devine sa posture, cravate aux couleurs flashy et look décomplexé. Mohamed Akacha vit dans un nomadisme urbain, urban attitude et souci déclaré d'être à la pointe de son temps, il expose une trentaine d'œuvres entre peintures à l'acrylique et dessins à l'encre à la galerie Bel Art. Encore jeune, il a touché un peu à tout, acteur dans des feuilletons et des courts métrages, il a tâté à l'animation radio, pratiqué le montage cinéma et secoué bien des idées reçues. Peintre il l'est, et de bonne facture. Une année d'études aux Beaux Arts à Tunis « du temps perdu », nous déclare-il, inutile d'insister. Il part en Italie, deux ans et demie d'études à l'Academia des Belle Arte Aquila où il apprend les techniques du métier, il est directeur artistique, et fréquente des artistes actuels et découvre les œuvres d'art. La peinture, un choix ? Je suis revenu à mes premières amours et je veux prouver que je suis artiste peintre en premier lieu. Aucun doute, il est peintre et domine sa matière. Dans une même utopie Akacha conjugue l'art avec l'agitation social. Son matériau, « c'est la rue, nous confie t-il, il y a de tout dans la rue, le bus jaune, les taxis, les couleurs des cheveux, les bâtiments, les variations du ciel. » On situe donc sa démarche, il est artiste urbain qui met en évidence ce qui anime la vie, l'espace vivant et les champs de forces qui la traversent. Un artiste activiste ? On peut le prendre comme tel, tant ses tableaux montrent le champ social , exemple : Cafouillage un grand format, couleurs vives, du vert, du jaune, du rouge et un jet de couleurs (Driping), un mot en diagonale en forme de tag annonce le jeu : Takriz nous conduit aux revendications de la jeunesse. Ou encore Politique, un autre grand format, couleurs éclatantes, figures humaines, une langue qui pend, des flèches dirigent le regard, beaucoup de scènes en même temps. Il n'est pas difficile de deviner, Akacha est nourri d'une culture de bandes dessinées. Il nous confie « Effectivement, je regarde pendant des heures les dessins animées, Je suis très influencé par Walt Disney que je ne cesse de découvrir. ». De plus, il aime se situer dans la lignée de la Pop art, J'aime beaucoup Andy Warhol, dit-il. Avec les jeux des personnages, les bouts d'hommes, les rues hyper animées, les couleurs vives, on rapprocherait sa sensibilité plutôt de celle de Rosenquist, un artiste pop qui a notamment intégré des éléments de publicité dans ses œuvres et utilisé des couleurs brillantes et gaies. En exemple : dans le tableau Hlib El Ghoula, cette pluie de personnages qui cerne un berlingot de lait. Allez savoir si ça n'a pas de lien avec l'augmentation du prix du lait. Parce que la peinture de Akacha, d'après les scènes et les titres est aussi politique, l'homme s'engage dans le présent. Tel ce tableau en acrylique, intitulé Mariage sans feu d'artifices (Ers blach zaza), des scènes animées, une explosion de couleurs et ... sur une ligne horizontale, en noir et au premier plan 3 silhouettes représentant 3 femmes niqabés. Pas de vivacité, ni strass, ni couleurs, encore moins les artifices. Par ailleurs, le spectateur découvre parmi tant de personnages et de scènes la présence du drapeau tunisien, comme signe de reconnaissance. Et puis ça voyage, ça swingue dans ce Duo angoissé, un trompettiste noir dans le coin, un violon au milieu, ça déborde de couleurs. Akacha, confie « Je me sens plus Black africain qu'arabe et ce, depuis longtemps ». Et puis, comme des fourmis, ses dessins à l'encre représentent une multitude de personnages, des scènes de rue, un labyrinthe, des têtes de mort dans Burn out, des sinuosités, des images cassées, des fragments, des yeux en boule qui sortent de leurs orbites, des lèvres pendantes...
Les figures sur les toiles ne sont pas en position de repos, elles sont agités, animées, dansantes, rigolant, tournoyantes, il s'y dégage une forme d'inquiétude, une violence urbaine. Dans cette expo, devant ces œuvres, on n'a pas le temps de se reposer, de rêver, on bouge sans cesse, juste comme Akacha qui ne tient pas sur place.

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