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Quand Hollande casse la baraque en voulant la sauver
Commentaire :
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 11 - 2012

Il s'est enfin rendu compte que son hôte à l'Elysée était allé ce jour-là trop loin en transformant une cérémonie d'hommage aux victimes d'un crime odieux en «meeting électoral».
Le président français a, en effet, exprimé tout récemment son indignation, soit moins d'une semaine après ladite cérémonie, du fait que le Premier ministre israélien avait profité d'une manière «incorrecte» de la rencontre. Mais Hollande ne s'est pas encore aperçu que lui aussi était allé trop loin et qu'il avait, ce jour-là, cassé la baraque en voulant la sauver. Pire, il avait bafoué et d'une manière scandaleuse les principes de la République française et sapé par la même occasion les fondements de l'Etat laïque.
Ce jour-là, le 1er novembre dernier, Netanyahu était allé un peu trop vite en besogne. Belliqueux jusqu'à la moelle des os, arrogant et baignant dans une suffisance et un orgueil morbides, le chef du gouvernement israélien n'avait pu cacher son opportunisme.
Prenant la parole lors de la cérémonie d'hommage aux victimes juives de la tuerie perpétrée à Toulouse par le Français d'origine algérienne Mohamed Merah, en mars dernier, Netanyahu avait martelé que les juifs ont un Etat, une armée et «les moyens de se défendre». Déclaration qui avait reçu un accueil plus que chaleureux de la part de l'assistance tout comme celle qui avait servi de clôture à son intervention, un tonitruant «Le peuple d'Israël vivra». Traduire, si la France est incapable de protéger «ses juifs», Israël sera là avec tout son arsenal militaire. Clin d'œil sans fard aux assassinats politiques érigés par Israël en politique d'Etat.
Ce qui fera dire à Hollande ce dont il aurait mieux fait de s'abstenir de dire : «Les juifs de France doivent savoir que la République met tout en œuvre pour les protéger. La garantie de leur sécurité est une cause nationale». Puis d'assurer que la République française est déterminée «à combattre l'antisémitisme». Ce dernier sera «pourfendu dans toutes ses manifestations, les actes mais aussi les mots. Il sera pourchassé partout».
Sauf que M. Hollande a oublié que la propagande sioniste et pro-sioniste possède l'inégalable don de transformer toute position ou action la dénonçant en une manifestation d'antisémitisme et que pour certains Français la sécurité des juifs veut tout simplement dire celle d'Israël, Etat hors-la-loi, belliqueux, colonialiste, expansionniste et pratiquant le plus horrible des apartheids.
Hollande est lui aussi allé trop loin, d'abord en occultant les quatre autres victimes du meurtrier (dont les trois militaires français d'origine maghrébine), en plaçant ensuite la confession avant la citoyenneté et en créant enfin un second précédent en instituant un privilège. La République étant tenue, à ce que tout le monde sache, à traiter ses citoyens sur un pied d'égalité. La République est tenue de garantir la sécurité à tous ses citoyens sans exception et même à tous ceux qui se trouvent légalement sur son sol. Cela fait partie de ses prérogatives. Y a-t-il un danger particulier qui guette les Français de confession juive dont bon nombre possèdent la nationalité israélienne ? A mon humble avis aucun. A part peut-être, celui qui pourrait découler d'un excès de zèle de la part de la droite française radicale, xénophobe, raciste et violente.
En déduire que la sécurité du reste des Français ne sera pas érigée en «cause nationale». Très grave de la part d'un chef d'Etat.
Oui Mohamed Merah a commis ce crime, c'était un cas isolé, mais un cas. Celui en fait qui illustre d'une manière éloquente l'échec de la politique française d'intégration, sa faillite même. Et aussi en partie de sa politique sécuritaire. De l'aveu même de M. Hollande qui avait reconnu ce jour-là que le «drame de Toulouse a révélé certaines failles dans l'organisation» des renseignements français.
C'est en faisant régner la justice que la sécurité est assurée. C'est en luttant contre toute forme d'exclusion et de haine que la violence sera réduite à sa plus infime dimension.
Comment parler alors de justice lorsque l'Etat français s'ébranle avec tous ses rouages contre un soupçon d'antisémitisme et garde un silence scandaleux face à l'islamophobie qui ronge la société, face au refus de ses représentants de reconnaître ses crimes contre ses anciennes colonies, face à son indifférence parfois manifeste, vis-à-vis de civils que l'on massacre un peu partout dans le monde y compris ceux par la main de son illustre hôte.


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