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Révolution culturelle
Ici-Bas
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 11 - 2012


Par Abdelhamid GMATI
Le cheikh Rached Ghannouchi, chef incontesté du mouvement Ennahdha, et de ce fait, détient le vrai pouvoir en Tunisie, vient de déclarer, mardi, à un journal égyptien que «la Constitution sera prête dans 7 mois». Ce qui veut dire que les élections présidentielle et législatives qu'on annonçait pour l'été 2013, sont renvoyées aux calendes...islamiques. Il ne faut pas s'en étonner: le cheikh n'a jamais cru en la Constitution, ni en la démocratie, nonobstant ses déclarations lénifiantes. Il l'a toujours dit et il l'a répété dans un de ses récents prêches. Pour lui, la vraie Constitution, c'est la charia et il estime qu'elle est la principale source de législations. En fait que veulent les islamistes ? Pour M. Caïd Essebsi, leader du parti Nida Tounès, «Ennahdha veut un Etat du 7e siècle». Rien de nouveau, les leaders nahdhaouis, y compris le Premier ministre, et leurs autres alliés islamistes comme Hizb Ettahrir, appellent à un Califat, à un Etat islamiste. Soit. Rappelons tout de même, pour mémoire, que le Califat est le système le plus despotique, le plus dictatorial qui soit. Les pouvoirs, tous les pouvoirs, sont détenus par une personne, le Calife, qui gouverne, légifère selon son bon plaisir, ayant droit de vie et de mort sur ses sujets. Car dans un Califat, il n'y a pas de peuple ayant des droits, des devoirs, des libertés, mais une «rayia», des sujets, obéissants et soumis. Bien entendu, un tel système ne serait pas accepté par l'immense majorité des Tunisiens, des citoyens à part entière, éduqués, ouverts, modernes, aspirant au progrès, à la démocratie, aux libertés, fiers et jaloux de leur islam modéré, équilibré, ouvert sur la justice, la paix, la tolérance, la modernité. Que peuvent faire les islamistes dans ces conditions? Simple : changer la société tunisienne. Ils l'ont dit et redit.
Première urgence : gagner du temps, tergiverser sur l'élaboration de la nouvelle Constitution, garder le pouvoir le plus longtemps possible. Jusqu'à aujourd'hui, les constituants ne s'occupent pas de Constitution, mais perdent leur temps, et le nôtre, à discuter de religion, de sacré, de la non-normalisation avec Israël, de l'augmentation de capital d'une banque, de l'octroi de terrains agricoles, et essaient d'imposer des lois et des dispositions liberticides. Et on louvoie pour retarder voire pour empêcher l'indépendance de la justice, des médias, de l'instance chargée des élections, etc. Ennahdha, entre-temps, place ses sbires dans les administrations nationales, régionales et locales, histoire de contrôler les rouages de l'Etat. Mais cela ne suffit pas, il est impératif de changer la société tunisienne. Et là on procède furtivement à une Révolution culturelle, à l'image de celle initiée par Mao Tsé Toung en Chine, à la fin des années 60.
Les salafistes et les ligues de protection de la révolution jouent le rôle des «gardes rouges» et persécutent les pseudo-Rcdistes, les intellectuels, les artistes, les journalistes, les opposants, les responsables politiques, les hommes d'affaires, les représentants de la société civile et même les forces de l'ordre. Les communistes voulaient épurer la société des «révisionnistes», les nahdhaouis font la chasse aux sorcières des «rescapés de l'ancien régime». La violence politique s'est installée, avec la complaisance d'un ministère de l'Intérieur, contrôlé par un ministre nahdhaoui, compréhensif avec les agressions des milices et répressif avec les manifestations pacifiques des démocrates, modernistes. Et on développe une certaine police des mœurs qui s'en prend aux commerçants et consommateurs d'alcool, aux bars, aux restaurants, aux femmes, aux maisons closes, aux couples. La police a même effectué une descente dans un hôtel à la recherche de couples non mariés. On n'hésite pas non plus à faire appel aux bas instincts et à contourner la législation. La polygamie étant interdite, on introduit le «mariage coutumier» (orfi), qui permet la bigamie et plus. On fait l'éloge de la pédophilie en appelant à marier les fillettes dès l'âge de 13 ans. Le gouvernement nahdhaoui n'hésite pas à célébrer des circoncisions et des mariages collectifs, ce qui nous rappelle les mises en scène de la secte Moon. Un climat de peur voire de terreur est instauré. On voit de plus en plus de femmes voilées, et même celles qui n'en sont pas convaincues, cacher leurs cheveux sous un foulard. Les barbes poussent même chez les imberbes. En même temps on invite des prédicateurs orientaux, interdits dans leur pays, pour venir distiller le wahhabisme en Tunisie. Le changement de mentalité est imposé. Ainsi s'en prend-on aux universités, pour séparer les hommes des femmes, pour étendre le hijab, pour molester des doyens et des professeurs. On s'attaque aux enfants dans des écoles coraniques illégales, où l'on procède à un lavage de cerveau de bambins de 3, 4, 5 ans. Cela est pernicieux car ces bambins s'en viennent répéter ce qu'ils ont appris à leurs parents. Une façon pernicieuse d'influencer les parents.
Bien sûr, on amuse la galerie par des actions populistes n'ayant aucun rapport avec les besoins du pays et les préoccupations des citoyens. Comme cette «conférence internationale de soutien aux prisonniers palestiniens», décriée et rejetée par l'ambassadeur de Palestine à Tunis qui estime «n'avoir pas été informé» et qui «regrette les tentatives de certaines parties d'instrumentaliser la cause des prisonniers palestiniens pour servir un agenda spécifique».
Voilà où nous en sommes. Un peu d'attention à ce qui se dit et se fait amène à ce constat...amer. Et ce que nous promet Ennahdha n'est pas réjouissant. Va-t-on donner raison à l'humoriste québécois Anthony Kavanagh, qui, dans un de ses sketches contre la racisme, disait avec dérision : «Je n'ai rien contre les arabes...J'adore le Moyen Age».


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