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L'Islam, cette leçon de paix
«D'Abraham à Fatma (la fille préférée du Prophète)» de Hichem Kacem
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 02 - 2013

Peut-on s'éprendre de sa religion sans pour autant tomber dan le piège du dogmatisme religieux? Le musulman est-il apte à lire et à comprendre le Coran et le message du prophète Mohamed tout en préservant cette ligne salvatrice le séparant — voire le protégeant- du risque islamiste? Mieux encore : l'Islam — cette ultime religion monothéiste, dont l'argument focal dépasse les seuls miracles divins pour interpeller la faculté humaine et appeler l'Homme à comprendre sa source, son parcours et sa finalité —, cette religion donc est-elle enfin de compte aussi cruelle que les maçonniques et les extrémistes ont tendance à la configurer?
Toutes ces interrogations ont interpellé l'écrivain Hichem Kacem qui, pour apaiser son insistante curiosité spirituelle et mettre les jalons d'une lecture autre de l'Islam car sereine, s'est adonné à un travail de recherche et d'analyse au terme duquel une œuvre historique romancée est née: D'Abraham à Fatma (la fille préférée du Prophète), dont la séance de dédicace a eu lieu vendredi dernier au centre culturel d'El Menzah 6, se présente comme un ouvrage de plus de quatre cents pages où l'auteur plonge dans l'ère pré-islamique, dans la vie et le parcours du Prophète-messie Mohamed en se basant sur le texte sacré et le Hadith. Ce travail de recherche, d'analyse et de compréhension responsable, dépourvu de tout préjugé, a fini par mettre en lumière une figure féminine fort distinguée tant dans la vie du Prophète que dans l'histoire de l'Islam. Fatma Ez Zahra, la fille cadette de Mohamed, constitue le personnage principal de la présente œuvre. Elle l'est pour diverses raisons.
La femme, cet être que les islamistes considèrent comme secondaire dans la création divine, a joué un rôle capital dans la vie de Mohamed. Sa nourrice Halima, son épouse-mère Khadija, son épouse Aïcha, mais aussi ses filles Roukaya, Om Kalthoum et Fatma Ez Zahra ont apporté, chacune, au Prophète une part de réconfort, de tendresse, de soutien moral et financier. Fatma Ez Zahra a joué un rôle distingué dans la vie de son père. La fille cadette du Prophète avait à peine cinq ans lorsque son père a reçu la Révélation. Elle a donc assisté au parcours sacré de son père qu'elle adorait plus que quiconque au monde. C'est une enfant qui s'est opposée aux agressions des dés-islamisés contre son père alors qu'elle n'avait que neuf ans. Fatma Ez Zahra ne s'est décidée à se marier qu'à l'âge de 18 ans alors qu'à cette époque — où la prise en considération du développement psycho-physiologique de l'enfant faisait défaut — les filles se mariaient à un âge précoce. Fatma Ez Zahra était, par ailleurs, féministe. Elle défendait la monogamie et avait entretenu avec son père une discussion là-dessus. Après le décès de Mohamed, Fatma a démissionné de la vie. Elle se recueillait sur la tombe de son père dans l'attente de le rejoindre pour un monde meilleur. Le présent livre met en valeur ce personnage historique qui traduit la place réelle de la femme, en général, et de la fille, en particulier, dans une communauté musulmane. Hichem Kacem replace Fatma au cœur de l'histoire islamique; ce personnage voué quelque peu à l'oubli par les sunnites car vénéré par les chiites.
Lors de la séance de dédicace du présent ouvrage, l'écrivain était tiraillé entre deux envies pressantes: celle de donner une idée sur son nouveau-né à la fois historique et romancé d'une part, et celle de défendre, voire de présenter l'Islam comme il se doit, comme il l'est réellement. Cette double initiative a pour optique d'aider l'autre à adopter une vision nouvelle de sa religion; une vision positive car non obscurantiste, une vision objective car fondée sur des arguments-sources jugés comme sûrs, à savoir le Coran, le Hadih, mais aussi l'histoire de l'Islam. «J'ai commencé à écrire en pensant à l'autre», avoue l'écrivain dans le sens altruiste mais aussi dans le sens antithétique du terme. Car, dans «l'autre» nous sous-entendons bien évidemment et ceux qui aspirent à comprendre et ceux qui déforment le message religieux.
La foi fait face
à la laïcisation
Qu'est-ce que l'Islam? C'est une religion. C'est également la paix. Dans la langue arabe être «bi salam» veut dire être dans un état de paix. C'est aussi la soumission à Dieu l'unique. Ces constatations ont permis à Hichem Kacem de tirer un certain nombre de conclusions qui ne font que traduire encore la valeur de l'Islam. En effet, si l'Islam se définit communément comme étant l'ultime religion monothéiste après le Judaïsme et le Christianisme, il s'avère être la religion de tous les messies et prophètes, du moment qu'ils sont tous soumis à Dieu. L'auteur du livre met en exergue le message coranique et sunnite qui tout en s'adressant à la raison et aux valeurs sûres, s'adresse également au cœur au sens spirituel du terme. «Les sourates évoquant le cœur, donc les sentiments, sont multiples», fait remarquer M. Kacem. Ce sont, en fait, ces mêmes sentiments qui ont suscité, parfois, l'interaction entre le message divin et l'Homme via le Prophète. «Dans un Hadith, une femme s'est présentée un certain jour face au Prophète Mohamed pour se plaindre contre la place dominante des hommes dans le discours religieux. Une plainte qui avait suscité le sourire du Prophète qui lui avait expliqué que le masculin voulait dire l'Homme en général. Suite à cet épisode, l'équivalence linguistique féminine a été consolidée dans le texte sacré. C'est dire que Dieu répond aux interrogations du Prophète, aux interrogations de l'Homme», explique l'écrivain. Dans une réflexion, l'auteur souligne l'intérêt accordé par Dieu pour les êtres humains qui croient en Lui. Les sourates qui renvoient aux croyants et aux croyantes (qui ne se limitent donc pas aux musulmans et aux musulmanes) en disent long sur la miséricorde de Dieu. L'Islam n'est-il donc pas laïque par essence dans le sens où il respecte l'Homme dans ses préférences? Mieux encore: Le discours qu'entretient Dieu avec Satan (Iblis) ne constitue-t-il pas une réelle leçon de démocratie?
Une religion qui renferme en elle toutes les religions monothéistes, qui prend en considération les interpellations des facultés humaines, qui considère le dialogue comme un pilier du relationnel Dieu/ Homme et Homme/ Homme, qui tient compte de la faiblesse humaine et des raisons du cœur peut-être aussi cruelle que l'on tend à la transparaître? D'où viennent donc les arguments qui nous renvoient l'image d'un Islam-bourreau? «Ce sont les arguments auxquels recourent les dés-islamisés pour désacraliser ce qui est le plus important. Il s'agit, renchérit l'orateur, du processus de laïcisation qui vise à ébranler la foi. Les caricatures malsaines sur le Prophète en sont un outil. Or, nous sommes très croyants. D'ailleurs, dans un Hadith, le Prophète insiste sur la possibilité de détruire la Kaâba et l'impossibilité de détruire la foi». L'orateur s'exprime mû par une émotion agréable qu'il réussi, via sa spontanéité et sa sincérité, à transmettre à l'assistance. Au terme de son travail de recherche religieuse et spirituelle, il est parvenu à comprendre l'Islam dans le sens positif et unique d'ailleurs. Ses yeux pétillent de joie et de sérénité. Il conclut: «Je ne suis pas un soufi mais je suis sûr d'une chose: Dieu nous aime».


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