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Les enfants des décharges publiques se portent bien!
Effets de la pauvreté sur la population
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 06 - 2013

Certaines décharges contrôlées ou anarchiques sont fréquentées quotidiennement par les fouilleurs qui essayent de trouver des objets de valeur en mettant leur santé en danger vu les maladies qu'ils peuvent contracter
Leur travail commence très tôt le matin, presque à l'aube, aux décharges anarchiques ou contrôlées, quand tous les déchets ménagers des quartiers sont entreposés, puants et divers. L'objectif premier de ces fouilleurs qui sont des adultes et des enfants est de dénicher un objet de valeur pour pouvoir le vendre plus tard dans les marchés aux puces. C'est un travail quotidien, pénible, nécessitant un certain savoir-faire acquis par la force des choses. La décharge contrôlée de Borj Chékir visitée quelque temps constitue un exemple significatif dans ce domaine qui ne cesse d'intéresser plusieurs personnes appartenant à une catégorie pauvre.
Une fois les déchets entreposés par les bennes municipales provenant des communes du Grand-Tunis, les fouilleurs, qui attendent depuis un moment, accourent pour passer de longues heures à fouiller minutieusement pour ne pas laisser passer le moindre objet qui peut servir et donc bon pour être vendu. Par habitude, les puanteurs et les mouches ne dérangent plus ces hommes et femmes dont certaines portent leurs enfants avec elles. Sac au dos, les fouilleurs ne quittent le site qu'après avoir débarrassé les déchets de ces objets jetés par certains ménages pour diverses raisons. En effet, plusieurs familles préfèrent changer leurs ustensiles de temps à autre ou des objets de décoration et n'hésitent pas à les jeter dans les sacs de poubelles.
Satisfaire des besoins pressants
Ainsi, dans les amoncellements des déchets, il est possible de trouver des cuillères, des fourchettes, des montres, des vêtements et même des claviers et des composants électroniques. Si certains appareils trouvés sont récupérables, d'autres nécessitent des réparations ou ne sont plus propres à l'usage.
L'un des vieux fouilleurs semble fier de son travail qu'il pratique depuis des années déjà. Am Sassi, la cinquantaine, estime que “ce travail me permet de gagner un peu d'argent que je dépense pour satisfaire certains besoins de ma famille composée de cinq personnes. Je n'ai jamais exercé de ma vie un autre travail car je n'ai aucune formation". Son cas, il est vrai, ressemble à beaucoup d'autres âgés entre trente et soixante ans qui font de cette activité un gagne-pain quotidien qui ne permet pas, certes, de faire de grandes affaires, mais aide au moins à satisfaire des besoins pressants pour la survie.
Un autre fouilleur âgé de soixante ans, Am Rabah, estime à juste titre que “fouiller les décharges est mieux que de tendre la main pour demander l'aumône. Après leur mariage, mes enfants sont partis de la maison faire leur vie et n'ont pas pensé à m'aider. Il faut dire que leur situation est aussi modeste et je ne leur en veux pas, même si j'ai veillé des nuits pour leur fournir des conditions de vie acceptables pour étudier et grandir mais cela n'est que mon devoir".
Certains fouilleurs se sont presque “spécialisés" dans les matières plastiques. Tout ce qui les intéresse, ce sont ces bouteilles d'eau minérale ou de boissons gazeuses. Dès que les bennes déchargent leur cargaison, ils se précipitent sur les tas de déchets pour récupérer ces bouteilles. Les autres fouilleurs leur laissent la place et n'hésitent pas à leur prêter main-forte en leur donnant tout ce qui tombe sous leur main comme objet en plastique. Ces fouilleurs de plastique travaillent avec les sociétés de collecte créées dans le cadre du programme Ecolef qui vise à lutter contre la pollution des villes par les déchets en plastique. A leur tour, ces sociétés rémunèrent le collecteur au kilogramme et fournissent les déchets à des unités de transformation du plastique pour en faire une matière première commercialisable en Tunisie ou à l'étranger.
Un matériel lourd indisponible
Mais la fouille ne concerne pas uniquement la décharge contrôlée. Les fouilleurs choisissent tout site ouvert où les déchets sont entreposés. Ce sont souvent des habitants de la région ou proviennent des zones environnantes. Personne n'a le droit de les empêcher de faire cette activité d'autant plus qu'ils ne dérangent personne et ne participent pas à la pollution de l'environnement. Dans certains sites, on brûle les déchets pour s'en débarrasser car les enfouir – à l'instar de ce qui est fait dans les décharges contrôlées – prend beaucoup de temps et nécessite un matériel lourd indisponible dans les communes. Cette action n'est entreprise qu'après que les fouilleurs aient terminé leur travail. Ils se précipitent ainsi pour fouiller avant de laisser la place aux agents chargés de brûler les déchets. Une fumée opaque enveloppe le ciel après chaque brasier, ce qui contribue à la pollution de l'air.
Après avoir récupéré leur butin du jour, les fouilleurs essayent de le vendre dans les marchés aux puces qui se tiennent quotidiennement dans certains endroits comme à Sidi Abdessalem, à Mellassine ou à Souk El Asr. Ils se rendent aussi aux marchés hebdomadaires où les marchandises neuves et anciennes se côtoient.
Les clients potentiels, qui s'intéressent à ces objets anciens, mettent du temps à les examiner et essayent de marchander avec le vendeur pour avoir le meilleur prix. C'est une source de revenu qui n'exige aucun investissement matériel mais qui exige quand même un certain effort physique et beaucoup de patience.
Les fouilleurs souhaitent travailler dans des décharges contrôlées qui sont mieux organisées et moins encombrantes que les sites anarchiques. Ils veulent sans doute prendre leur temps pour effectuer le travail sans être bousculés par les agents chargés de ces dépotoirs à ciel ouvert qui les invitent à déguerpir pour brûler les déchets. Même les enfants sont présents dans ces sites, ce qui est vivement déconseillé car certains déchets peuvent comporter des germes et des bactéries qui se transmettent rapidement à l'enfant dont le système immunitaire n'est pas encore en mesure de résister. Mais les mères n'ont pas le choix puisqu'elles n'ont pas où placer leur progéniture le temps de terminer leur activité quotidienne. De plus, les chiens errants fréquentent ces sites en toute liberté à la recherche de nourriture. Non vaccinées, ces bêtes peuvent être porteuses, elles aussi, de germes ou même atteintes de rage.
Une action en profondeur devrait être menée au niveau de ces décharges, notamment celles qui sont considérées comme anarchiques, qui ont besoin d'un aménagement même temporaire en attendant de les transformer en décharges contrôlées réalisées selon les normes de sécurité. Il vaudrait mieux fournir aux fouilleurs de meilleures conditions de travail et les protéger contre les éventuelles maladies qu'ils peuvent contracter d'autant plus que dans les déchets on trouve parfois des seringues et des produits pharmaceutiques et hospitaliers. Le tri des déchets aurait certainement épargné beaucoup de problèmes mais les opérations menées dans ce sens ont été de courte durée et n'ont jamais abouti. De ce fait, dans les déchets ménagers, l'on trouve souvent toutes sortes de produits : des restes de produits alimentaires, des composants électroniques, de l'acier, des lampes, voire des débris de verre et de matériaux de construction !


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