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Consensus ou défi?
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 07 - 2013


Par Habib CHAGHAL
La question n'est évidemment pas posée à M.Marzouki dont les ambitions se résument à occuper le poste protocolaire de président à Carthage, partageant avec le chef du gouvernement quelques attributions dont, notamment, la politique étrangère où il s'est distingué, une première fois, en rompant nos relations diplomatiques avec la Syrie au nom de la sacro-sainte défense des droits de l'Homme, puis une deuxième fois en raison de son soutien déclaré à Morsi, risquant ainsi de mettre à mal nos relations avec le plus grand pays arabe, cette fois au nom de la légalité des urnes.
Dans ces conditions, il est difficile de croire que nos relations avec ces deux pays se normaliseront un jour avec l'actuel président comme chef d'Etat.
Les Frères musulmans au pouvoir.
Les Frères musulmans -qui sont en réalité plus compagnons que frères- n'auraient jamais été portés au pouvoir en Tunisie comme en Egypte sans l'aval de l'administration américaine. On se souvient que cette dernière avait mobilisé de grands moyens afin de former, de manipuler puis d'entraîner les forces vives de la jeunesse des deux pays dans une sorte d'arène baptisée « révolution » pour ouvrir ensuite la voie du pouvoir politique à des partis islamistes lesquels, une fois à la direction des deux pays et tels des magiciens, avaient vite fait de substituer le manifeste des Frères musulmans à leurs programmes électoraux.
Il n'y a aucun doute que les amis de Rached Ghannouchi savent que les conditions de leur victoire, toute relative, du 23 octobre 2011 furent exceptionnelles à plus d'un titre, d'où leur désarroi à la suite de l'éviction de Morsi de la présidence de l'Egypte.
Les liens du parti Ennahdha avec l'organisation des Frères musulmans, à la limite de l'inféodation, est la meilleure preuve que ce mouvement est dans le sillage d'une organisation mondiale dont les objectifs et les ambitions ne coïncident pas nécessairement avec ceux de notre pays, et ceci n'est pas sans risque pour notre indépendance dès lors que ce parti dirige le gouvernement.
Fort heureusement, les islamistes tunisiens n'ont jamais réussi à tromper la vigilance de la société civile ni celle des médias et, n'eut été la naïveté des membres de l'ANC appartenant aux partis dits laïcs, la légitimité de celle-ci n'aurait pas pu franchir la date butoir du 23 octobre 2012
Il est aujourd'hui admis que l'administration américaine s'est lamentablement trompée au sujet de la capacité des islamistes tunisiens à gouverner un peuple jaloux de ses nombreux acquis hérités de l'ère Bourguiba. Et nul doute qu'en l'absence de compétences au sein du gouvernement, c'est à la haute administration tunisienne que le pays doit sa relative stabilité tout au long de ces deux dernières années.
Il est surprenant de voir les militants islamistes tunisiens se révolter, au nom de la défense de la légalité, contre le changement qui a eu lieu en Egypte alors que, de l'autre côté de la Méditerranée, en Espagne comme en Italie ou en Grèce, des gouvernements élus démocratiquement ont cédé volontairement le pouvoir à un gouvernement de technocrates ou d'union nationale afin de permettre à ces pays d'affronter, dans de meilleures conditions, la plus grave crise économique de leur histoire.
Et c'est certainement par référence à la nature des changements dans ces pays européens que le général Rachid Ammar avait proposé à l'ancien chef du gouvernement Jebali, le jour même de l'assassinat de Belaïd, la formation d'un gouvernement de compétences hors des partis politiques
Le général R.Ammar avait tout simplement constaté l'échec, sur tous les plans, du gouvernement Jebali- que ce dernier s'empressa de reconnaître publiquement- et avait proposé la formation d'un gouvernement de compétences, comme cela se fait nécessairement en de pareilles circonstances dans les pays démocratiques; devrait-on en conclure que l'armée tunisienne avait tenté un coup de force contre la légalité avec l'assentiment du chef du gouvernement ?
On se souvient que le parti Ennahdha avait préféré amortir le choc dû à l'assassinat de Chokri Belaïd en cédant sur des questions secondaires pour enfin recomposer un autre gouvernement tout aussi acquis à sa volonté en dépit des conditions posées par son partenaire, Attakattol, dont les responsables semblent avoir mis en veilleuse, entre autres, la révision de la liste de 3000 cadres désignés arbitrairement dans la haute administration.
Il semble que tous les hommes politiques tunisiens, en dehors du vétéran Beji Caïd Essebsi, n'ont jamais compris que le seul souci des camarades du cheïkh Rached Ghannouchi est de demeurer au pouvoir,coûte que coûte, jusqu'aux prochaines élections ; pour cela, ils sont prêts à céder sur toutes les autres questions, il faut simplement leur accorder du temps afin de permettre à la direction de leur parti d'élaborer, à l'intention des militants, l'argumentaire nécessaire au maintien de la cohésion au sein du mouvement.
Il n'y a pas mieux, dans les conditions actuelles de la transition, que les forces armées pour juger de la réussite ou de l'échec du gouvernement. Or, à moins d'être ignorant, inconscient ou de mauvaise foi ,il est impossible de ne pas réfléchir sur les dangers réels de la « somalisation » de notre pays auxquels s'était référé le général R.Ammar, arguments à l'appui. Ce dernier, qui s'est découvert une compétence d'homme d'Etat depuis qu'il a fréquenté les hommes politiques actuels, serait le dernier responsable de niveau national originaire du Sahel à quitter avant terme son poste.
Les Frères musulmans évincés du gouvernement?
L'opinion tunisienne a été certainement surprise de la réaction quasi-hystérique de certains membres de l'ANC à la suite des événements qui ont abouti, en Egypte, à l'éviction de M.Morsi. Est-ce par peur de perdre le pouvoir en Tunisie que les nahdhaouis multiplient les meetings et les déclarations pour fustiger tous ceux qui penseraient que le scénario égyptien pourrait se répéter en Tunisie ? Ce qui n'arrange en rien les projets d'Ennahdha, c'est qu'au moment même de l'éviction de M. Morsi, le mouvement tunisien Attamarrod annonce plus de deux cent mille signatures.
Ce mouvement à l'instar du mouvement égyptien, mais avec une meilleure argumentation au sujet de l'illégalité actuelle de l'ANC, se propose de renvoyer tous les partis politiques de nouveau devant les urnes sous le parapluie de la Constitution de 1959 (sans les modifications ultérieures). Il est demandé, en outre, la formation d'un gouvernement de compétences qui sera chargé de gérer le pays pour une période transitoire.
Cependant, des voix se sont déjà élevées au sein de l'ANC pour rétorquer que, dans la mesure où les élections sont de toute façon prévues selon le processus actuel dans quelques mois, pourquoi prendrait-on le risque de faire sortir la population dans les rues afin d'imposer les propositions du mouvement Attamorrod ?
En réalité, la proposition du mouvement Attamarrod est très subtile car, non seulement elle appelle à des élections générales selon la Constitution de 1959, mais elle met fin surtout au mandat de l'ANC, donc de l'emprise des nahdhaouis sur les structures de l'Etat. L'objectif recherché par ce mouvement serait donc de mettre le parti Ennadha sur le même pied d'égalité que les autres partis politiques lors des prochaines élections présidentielle et législatives.
Dans de telles conditions, le parti islamiste perdrait une bonne partie des voix obtenues lors des précédentes élections. Rappelez-vous qu'une grande partie des bureaux de vote étaient supervisés par des nahdhaouis ou leurs sympathisants car, pour l'Isie de Kamel Jendoubi, la chasse aux sorcières ne concernait à l'époque que les destouriens qui furent exclus de faire partie des bureaux de vote.
La dissolution de l'ANC, telle que prévue dans le projet d'Attamarrod, empêchera le parti islamiste tunisien de s'opposer à la candidature des destouriens aux prochaines élections, ainsi que leur mainmise sur les bureaux de vote. On comprend dés lors la peur des nahdhaouis de ne pas être au gouvernement lors des prochaines élections, et c'est ce qui explique le refus opposé à leur secrétaire général, H.Jebali, de constituer un gouvernement de compétences selon la proposition du général R.Ammar .
Les responsables de la Troïka ne se rendent pas compte que la proposition du mouvement Attamarrod de former un gouvernement de compétences hors des partis avant les prochaines élections permettra le passage d'une période de transition mouvementée à une période de stabilité sans contestation ni exclusion politique, à l'instar de l'Espagne de 1975.
Consensus ou défi ?
On sait que M.Morsi avait choisi le défi.


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