La grève a été reportée à cinq reprises, selon le S.G. du syndicat des chemins de fer «Il ne s'agit ni d'une grève anarchique ni de revendications matérielles» : M. Mohamed Saïdi, S.G. du Syndicat général des chemins de fer, s'oppose à la version des autorités sur la grève observée jeudi dernier par les conducteurs de train et d'aides conducteurs, relevant de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (Sncft). Pour réfuter cette version, les syndicalistes ont exposé les motivations de leur mouvement lors d'une conférence de presse tenue, hier, au siège de la centrale ouvrière. Revenant sur la chronologie des faits, le S.G. rappelle : «En reportant la grève à cinq reprises, les syndicalistes espéraient parvenir à une solution à leurs problèmes par le dialogue». Toutefois, les simples revendications des cheminots n'ont pas reçu de réponse de la part des autorités. S'attardant sur ces revendications «non matérielles», il énumère: «Bénéficier d'une partie des congés annuels, dont certains conducteurs accumulent plus de 300 jours; mettre à niveau les dortoirs dans les régions pour permettre aux conducteurs de se reposer après leur retour et compenser les dépenses générées au moment de ces déplacements par des tickets restaurant...». L'équipe, réduite de 70 conducteurs, rappelle-t-il, continue à travailler avec un tableau d'alternance non conforme à la législation, pour assurer les 120 voyages par jour. Après le cinquième report, rappelle-t-il, les représentants du ministère de tutelle se sont retirés de la réunion de réconciliation sans préavis, et sans signer le P-V. comme pourrait en témoigner le premier délégué du gouvernorat de Tunis. Ainsi, le syndicat, relève-t-il, n'a eu d'autre option que d'entrer en grève, comme prévu. Et, à la surprise des syndicalistes, continue M. Saïdi, le ministre des Transports a qualifié ce mouvement d'anarchique. «Ne pas informer les citoyens de cette grève est une pratique déplorable, qui a pour but d'envenimer la relation des cheminots avec les voyageurs», insiste-t-il. Et de renchérir : «Ils nous accusent de politiser le travail syndical alors qu'il politisent l'administration». Pour le recrutement, nos enfants d'abord Le report de la grève, selon le syndicaliste, a été motivé, en partie, par la situation critique de la Sncft, qui affiche un déficit de 120 millions de dinars. Toutefois, «les cheminots ont été surpris par des recrutements anarchiques et non productifs», souligne-t-il. «Pourquoi ne pas recruter des jeunes actifs et dynamique, au lieu des hommes à la cinquantaine et des femmes à la quarantaine ?», sinterroge-t-il. Dernièrement, s'alarme-t-il, il y a eu une soixantaine de nouvelles recrues, dont certaines exercent des professions libérales tandis que d'autres travaillent à l'étranger et disposent de voitures neuves. «Des recrutements douteux», dit-il en pointant du doigt l'appartenance partisane comme premier et unique critère de séléction. Son collègue insiste sur le fait que les syndicalistes ont été les premiers à accueillir et encadrer les nouveaux recrutés bénéficiant du régime de l'amnistie générale. «Mais cette loi est désormais caduque à compter de juin 2013», souligne le S.G. Avec le public présent, majoritairement des retraités de la Sncft, les syndicalistes ont revendiqué la priorité en faveur de leurs enfants en matière de recrutements, surtout que la compagnie souffre d'un déficit criant en ressources humaines s'élevant à mille employés, selon le syndicaliste. Cette polémique prouve encore une fois que les recrutements au sein de la Sncft, et même dans d'autres entreprises publiques, n'obéissent pas encore aux exigences de la gestion rationnelle des ressources humaines et, par là, se trouvent en déphasage par rapport aux objectifs de développement de l'entreprise et des règles élémentaires de la bonne gouvernance. La GRH se transforme ainsi d'un outil de satisfaction des besoins en compétences à une forme de système de faveurs qui ne dit pas son nom et qui ne fait qu'alourdir les charges de la compagnie et désequilibrer ses comptes.