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«Le dictateur du monde»
CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 01 - 2014


Par Hmida BEN ROMDHANE
Les politiciens ont souvent des raisons de mentir, et l'on peut dire avec certitude que s'il y a un seul politicien au monde qui prétend n'avoir jamais menti, cela veut dire qu'il ment. Evidemment, ils ne sont pas des menteurs nés, mais de par la nature de la carrière qu'ils ont choisie, où l'honnêteté, la droiture et la sincérité ne sont pas forcément les meilleurs atouts pour réussir, les politiciens, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, se trouvent dans l'obligation de mentir. Ce défaut le mieux partagé par les politiciens n'est donc pas inné, mais acquis.
De l'autre côté de la barrière, il y a une force qui ne ment jamais : l'opinion publique. Celle-ci, qu'elle soit nationale ou internationale, dit ce qu'elle ressent sans calculs ni complaisance. On ne s'étonne pas qu'elle soit la plupart du temps, pour ne pas dire toujours, méfiante à l'égard des politiciens et adopte à leur égard une attitude critique, contestataire, et parfois militante quand le comportement des politiciens devient franchement intolérable.
Le travail des instituts de sondage est de tenter de déchiffrer les sentiments que nourrit l'opinion publique à l'égard de tel sujet ou de telle question. Par exemple, l'institut Gallup International a pris l'habitude depuis 1977 de sonder chaque fin d'année l'état d'âme de l'opinion mondiale pour savoir, ne serait-ce,que de manière approximative, si l'humanité est heureuse ou malheureuse, si elle est optimiste ou pessimiste pour l'année qui s'annonce, si elle se sent menacée ou elle est en sécurité etc.
Si l'on considère que les 66. 806 personnes interrogées par Gallup dans 65 pays sont un échantillon représentatif de l'humanité, et si l'on exclut les Irakiens, les Syriens, les Libyens, les Soudanais et quelques autres peuples en Afrique et en Asie pour qui les mots bonheur et sécurité ne veulent absolument rien dire, on peut accepter l'idée que pour 2014, l'optimisme l'emporte sur le pessimisme et que, en matière de sécurité, la plus grosse menace qui guette l'humanité vient...des Etats-Unis d'Amérique.
En effet, selon cet échantillon, 48% des personnes interrogées estiment que 2014 sera meilleure que 2013, contre 20% qui estiment qu'elle sera pire. Côté bonheur, 60% sont heureux, contre 12% de malheureux et 26% de gens flegmatiques et impassibles, se disant ni heureux ni malheureux.
Mais pour cet échantillon d'opinion mondiale, le bonheur n'est visiblement pas incompatible avec l'insécurité représentée pour 24% des sondés par la puissance américaine. Celle-ci est la première dans plusieurs domaines, dont celui des menaces qui pèsent sur la sérénité, la tranquillité et la sécurité des citoyens dans le monde. Les autres trouble-fêtes sont loin derrière. C'est ainsi que le Pakistan qui menace lui aussi notre tranquillité vient en deuxième position avec 8%, la Chine 6%, la Corée du Nord, Israël et l'Iran 5%.
Pourquoi, selon cet échantillon représentatif de l'opinion publique mondiale, les Etats-Unis se classent-ils si loin devant tous les autres en termes de menace contre la paix et la sécurité dans le monde ? Parce que l'opinion publique partage avec les enfants leur innocence, leur spontanéité, leur sincérité. Tout comme l'enfant, scandalisé par l'hypocrisie des grandes personnes, ébahi face aux «beaux costumes» du roi, leur criait le roi est nu, l'opinion publique mondiale, scandalisée par les discours démagogiques sur la volonté américaine de «propager la démocratie, la liberté et le bien-être dans le monde», accuse la plus grande superpuissance de l'histoire de représenter une menace pour la paix, la sécurité, la sérénité et le bien-être sur la planète Terre.
Depuis 1945 jusqu'à ce jour, il est difficile de trouver une seule intervention des forces armées américaines en Asie, en Amérique latine, en Afrique ou au Moyen-Orient qui n'ait pas abouti à un désastre. Des républiques bananières en Amérique du sud au Vietnam, en passant par l'Afghanistan, l'Irak ou la Somalie, les interventions armées décidées par la Maison-Blanche n'ont jamais été motivées par les soucis de démocratie et de liberté, mais par l'obsession de la recherche de monstres à abattre, même si, comme dans le cas de l'Afghanistan, ces monstres sont « made in USA ».
Pourtant, cela va faire bientôt deux siècles que l'Amérique avait reçu une célèbre mise en garde contre cette obsession de la part de l'un de ses politiciens les plus sages et les plus avisés. En effet, John Quincy Adams (Secrétaire d'Etat de 1817 à 1825 et président de 1825 à 1829) s'était adressé à son pays en ces termes : «L'Amérique ne s'aventure pas à l'étranger en quête de monstres à détruire. (...) Elle sait bien que si jamais elle se rangeait, ne serait-ce qu'une fois, sous d'autres bannières que la sienne, fussent-elles celles de l'indépendance d'autres peuples, elle s'impliquerait sans pouvoir s'en extraire dans toutes les guerres d'intérêt et d'intrigue, d'avarice individuelle, d'envie et d'ambition qui adopteraient les couleurs et usurperaient l'étendard de la liberté. Elle pourrait devenir le dictateur du monde. Elle ne serait plus maîtresse de son esprit.»
John Quincy Adams aurait exprimé les mêmes idées avec les mêmes mots, s'il était témoin du mal incommensurable fait par l'Amérique à l'Irak. Par sa «guerre d'intérêt et d'intrigue» contre le régime de Saddam Hussein, l'Amérique n'a rien fait d'autre que condamner 20 millions d'êtres humains à une souffrance biblique durable. Cela va faire 11 ans depuis que Bush Jr a lancé ses troupes à l'attaque d'un pays pacifique. Depuis, le sang n'arrête pas de couler.


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