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L'enfer carcéral dans nos murs
Aux termes d'un rapport onusien
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 04 - 2014

Des mouvances mettent à profit l'extrême détresse des prisonniers à des fins clientélistes de bas aloi. Ainsi en est-il des salafistes qui n'ont de cesse d'exploiter les prisonniers à des fins d'embrigadement fanatique et militaire...
Et s'il fallait libérer les prisons tunisiennes ? La question ne mérite pas seulement d'être posée, elle s'avère même lancinante. Aux termes d'un rapport de l'ONU, publié jeudi 3 avril à Tunis, l'univers carcéral tunisien est dans une situation catastrophique. Surpopulation, infrastructures en piteux état, conditions de vie des détenus particulièrement pénibles.
La Tunisie compte 27 prisons, accueillant quelque 24 mille prisonniers dont plus de la moitié sont en état de détention provisoire.
Mazen Shaqoura, le représentant du bureau de Tunis du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme, en a dressé un sombre tableau. Nos établissements pénitentiaires sont pleins à charge de 150% en moyenne. Il se trouve même que certaines maisons d'arrêt accueillent jusqu'à 16 fois leur capacité. «Ce surpeuplement, conjugué au délabrement des infrastructures, contribue dans une large mesure à la détérioration de la santé des détenus», souligne M. Shaqoura. Et de citer différentes maladies contagieuses sévissant dans nos prisons. Par ailleurs, de nombreux prisonniers passent jusqu'à 23 heures par jour dans leurs cellules. Le manque d'exercices physiques aidant, ils se retrouvent atteints de dégénérescence musculaire. Bien pis, selon le rapporteur onusien, les prisonniers en sont réduits à dormir à deux dans un même lit en raison de l'exiguïté des lieux et du manque de place.
Sous nos cieux aussi, la «vocation» des prisons en tant que fabrique de délinquants se vérifie. Près de 70% des prisonniers tunisiens ont entre 18 et 49 ans; 60% d'entre eux sont récidivistes. Le surpeuplement carcéral fait que des condamnés pour des délits mineurs partagent leurs cellules avec des meurtriers patentés.
C'est hallucinant ! On a peine à croire que cela se passe sous nos cieux. L'enfer à quelques encablures de nos douillettes demeures familiales. L'effet anesthésiant de l'habitude est ravageur. Pourtant, des récits, et à la première personne, de la cruauté de l'univers carcéral tunisien ont bien été réitérés sur des plateaux de télévision et sur la place publique. De jeunes prisonniers tunisiens sont morts dans nos prisons, il y a quelques mois, dans des conditions pour le moins atroces. On avait diligenté des enquêtes, voire des informations judiciaires. En vain.
Aujourd'hui, l'ONU s'est saisie du dossier. Au moment même où nos rapporteurs devant le Conseil des droits de l'Homme à Genève s'évertuent à embellir la réalité. Ce qui équivaut à la travestir. Le rapport est accablant. Ses conclusions ne souffrent guère l'attentisme.
Le chef du gouvernement et les départements concernés seraient bien aises de renverser la vapeur. Et le plus tôt sera le mieux.
Il est utile aussi de rappeler que la responsabilité est partagée. Largement. La classe politique dans son ensemble, ainsi que les associations, sont interpellées. Comme il n'y a pas d'enjeu électoraliste et clientéliste en la matière, beaucoup de partis tournent le dos à cette grave problématique. C'est le dernier des soucis du politicien, fervent adepte de la politique politicienne.
D'autres mouvances, en revanche, mettent à profit l'extrême détresse des prisonniers à des fins clientélistes de bas aloi. Ainsi en est-il des salafistes, prédicateurs et fondamentalistes grimés en bénévoles et philanthropes qui n'ont de cesse d'exploiter les prisonniers à des fins d'embrigadement fanatique et militaire. On fait miroiter devant certains jeunes des miroirs aux alouettes trompeurs. D'aucuns font l'objet de lavage de cerveau. D'autres sont embrigadés et mobilisés via de ténébreuses filières de recrutement opérant dans les prisons, en tant que chair à canon dans le conflit syrien et ailleurs. Le tout, au vu et au su de départements de tutelle laxistes, voire complices sous les gouvernements de la Troïka démissionnaire.
Le rapport du représentant du bureau de Tunis du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme est pertinent. Il exige un suivi immédiat et concret. C'est-à-dire dépassant les simples déclarations d'intention. Il a le mérite d'exister et de tirer la sonnette d'alarme. L'intendance doit suivre. Parce qu'il y a péril en la demeure.


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