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Sur les traces d'une «muse»
Spectacle et musique
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 05 - 2014

Soirée lyrique autour de la figure d'Alma Mahler, «Muse des plus grands artistes du siècle dernier», par Paula Kraft (lecture), Todor Petrov (piano) et Adriana Grekova (chant) au Palais d'Ennejma Ezzahra.
La soirée de mercredi dernier au Palais d'Ennejma Ezzahra a été consacrée à la biographie d'une figure symbolique dans l'histoire du XXe siècle. Il s'agit d'Alma Schindler Mahler (1879-1964).
Soutenue par l'ambassade d'Autriche à Tunis, Paula Kraft, comédienne autrichienne installée en Tunisie depuis plusieurs années, et, par ailleurs, réalisatrice d'une multitude de projets artistiques, pièces théâtrales, soirées musicales et littéraires, a présenté son nouveau spectacle lyrique intitulé «Alma, muse des plus grands artistes du siècle dernier». Elle était accompagnée par le pianiste et concertiste Todor Petrov et la Mezzo soprano Adriana Grekova.
Il faut dire que ce spectacle avait tout pour séduire : une histoire fascinante, un pianiste qui joue avec charme et justesse, une magnifique voix de soprano, de la sensibilité, de la finesse, et une projection de photos inédites, ainsi que des tableaux aussi beaux qu'alléchants en arrière-plan.
Alma est issue d'un milieu d'artistes bourgeois. Son père, Emil Jakob Schindler, est l'un des plus célèbres peintres paysagistes de l'Empire et elle devient, à sa mort, la belle-fille de Carl Moll, l'un des chefs de file de la Sécession Viennoise, qui va pleinement bénéficier de la richesse remarquable de Vienne, alors capitale internationale des arts en Europe. Ainsi Paula Kraft commence-t-elle à raconter la biographie d'Alma Mahler et à restituer les principales étapes de sa vie alors que d'anciennes photographies défilent sur écran.
Elle grandit, donc, dans un contexte culturel qui voit, en 1903, la parution du célèbre ouvrage d'Otto Weininger Geschlecht und Charakter, ainsi que les études de Freud sur le rêve, l'hystérie, ou encore le malaise dans la civilisation. Les obsessions personnelles qui jalonnent la vie d'Alma Mahler : l'art, l'amour, la mort, la maladie, l'opposition féminin-masculin, etc. rejoignent ainsi des préoccupations plus ou moins conscientes de l'époque dans laquelle elle évolue.
Outre sa beauté physique, Alma était aussi une femme dotée d'une grande sensibilité artistique, mais étouffée par une société sexiste. Favorisée par une éducation de qualité, elle s'attelle très jeune à la composition musicale, rêvant à dix-neuf ans d'être un jour la première femme à composer un opéra. Pourtant, la possibilité d'un talent créatif féminin lui paraît inconcevable, probablement découragée par les théories misogynes de l'époque.
«Tu n'as désormais qu'une profession : me rendre heureux...», Gustav Mahler demande à Alma Schindler de renoncer à toute ambition personnelle. Elle l'aime. Elle accepte. Elle épouse le grand compositeur.
La lecture de ses journaux intimes enseigne à quel point Alma Mahler est peu douée pour l'abnégation. Cette femme belle, jeune, talentueuse, promise à un brillant avenir de musicienne, se révolte. Frustrée, elle devient cruelle. Mahler lui vole sa vie.
En raison de l'échec de leur relation conjugale, que Mahler attribue à son âge, il consulte Sigmund Freud avec lequel il a de longues conversations. «Votre femme cherche son père dans l'homme qu'elle aime, vous êtes celui-là», lui dit-il. De fait, Mahler recouvre «sa capacité d'amour» pour Alma jusqu'aux derniers mois de sa vie.
Mais sa personnalité fascinante et son charme, poursuit Paula Kraft, rendit éperdument amoureux le directeur du Burgtheater, Max Burckhard, l'architecte Josef Maria Olbrich, Gerhart Hauptmann, Thomas Mann, Alban Berg ou encore Arthur Schnitzler, en un mot toute l'élite culturelle et artistique de la fin du siècle dernier, non seulement à Vienne, mais aussi hors des frontières de la capitale de la monarchie austro-hongroise.
«Quand elle entrait dans une pièce, ou si elle s'arrêtait seulement sur le seuil, immédiatement une sorte d'électricité, de la luminosité, se répandaient autour d'elle», lisait Paula Kraft, en mettant toujours beaucoup d'âme et de cœur dans sa restitution des moments forts de la vie de la «muse».
Après Mahler, d'autres grands créateurs viennent se jeter dans les filets de cette «sirène viennoise» qui exerce désormais sur les hommes l'emprise qu'elle n'a pu exercer sur son art : Oskar Kokoschka, le peintre expressionniste ; Walter Gropius, l'architecte fondateur du Bauhaus et l'écrivain Franz Werfel.
«Elle aime ces hommes, mais elle les brise. Elle cultive "l'art d'être aimée", le seul qu'elle puisse encore exercer...».
Après chaque lecture, Paula Kraft cède la place au pianiste Todor Petrov. Son interprétation de quelques morceaux de Schubert, Schönberg ou Strauss, ainsi qu'un autre, magnifique, composé par Alma Mahler, intitulé Ich wandle unter Blumen (Je me promène parmi les fleurs) ou encore des compositions de Gustav Mahler, a été conforme aux attentes. Le public a été conquis.
En parfaite connivence avec le piano, la mezzo soprano autrichienne Adriana Grekova est parvenue, quant à elle, à capter l'auditoire par sa présence tant vocale que dramatique. Qualité de la diction, contrôle de l'intonation et beauté du timbre ont caractérisé ce récital partagé entre airs d'opéras et mélodies.


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