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Feindre d'avancer tout en piétinant sur place
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 07 - 2010


Par Hmida BEN ROMDHANE
EN mars dernier, le vice président américain, Joe Biden, qui se qualifie lui-même de «sioniste», arrivait à Tel Aviv. En guise de cadeau de bienvenue, les Israéliens annonçaient une extension des colonies. Fureur à Washington, non pas parce que le gouvernement Netanyahu continue de déposséder les Palestiniens de leurs terres, mais pour l'humiliation infligée au numéro deux de l'exécutif américain et l'un des plus grands amis d'Israël.
Le même mois, Netanyahu était reçu à la Maison blanche. La blessure était encore vive et le chef du gouvernement israélien eut droit à un accueil glacial. Pas de photographes, pas de cameramen, pas de conférence de presse commune, pas de communiqué commun. La presse américaine, soucieuse de rester dans les bonnes grâces du Lobby, s'en était prise à l'administration Obama d'avoir osé traiter ainsi un si précieux allié comme s'il était «un dictateur du tiers monde»…
Ce qu'il faut noter ici, c'est que la fureur américaine de mars dernier n'avait rien à voir avec le problème de fond, c'est-à-dire la colonisation, mais avec le «timing» de l'annonce de l'agrandissement des colonies. Sachant cela mieux que tout autre, Netanyahu s'était alors excusé du «timing», et non du fond du problème. Car Israël ne s'excuse pas de la colonisation sans risquer de remettre en cause la nature même de son Etat. Un Etat colonial digne du XIXe siècle, mais qui n'a pas sa place au XXIe.
Entre-temps, beaucoup de logements pour colons israéliens ont été construits sur des terres palestiniennes, et beaucoup d'expropriations ont été décidées, notamment à Jérusalem, sans que cela ne provoque le moindre émoi dans les cercles gouvernementaux américains.
Les relations semblent de nouveau au beau fixe, puisque Netanyahu sera accueilli aujourd'hui même à la Maison blanche, mais cette fois les photographes et les cameramen seront là et l'on aura même droit peut-être à une conférence de presse commune où l'on nous parlera encore une fois du désir ardent d'Israël de conclure la paix avec ses voisins, de la détermination des Etats-Unis à aider à la création d'un Etat palestinien et autres promesses de ce genre qui, bien entendu, n'engagent que ceux qui y croient…
Quels changements ont-ils eu lieu entre la rencontre de mars dernier et celle d'aujourd'hui à la Maison-Blanche? Rien, sinon que la réalité sur le terrain s'est aggravée un peu plus, rendant encore plus difficile la création de l'Etat palestinien. Le Président américain et le Premier ministre israélien ont-ils des choses si nouvelles et si importantes à se dire au point que cela nécessite le déplacement de celui-ci de Tel Aviv à Washington ? Il est permis d'en douter.
Netanyahu étant ce qu'il est, on peut être sûr que tout ce que va lui dire aujourd'hui Obama tombera dans l'oreille d'un sourd. Et les Etats-Unis étant ce qu'ils sont, on peut être sûr aussi que pas la moindre pression ne sera exercée sur le chef du gouvernement israélien pour qu'il accorde un peu plus d'importance à ce qu'on lui dit à Washington au cours de ses visites.
D'ailleurs la rencontre décisive de Netanyahu n'est pas celle qu'il a aujourd'hui avec Obama à Washington, mais celle qu'il aura demain à New York avec le Lobby. Décisive dans le sens où le comportement de l'Etat israélien ne sera pas déterminé par ce qui va se dire aujourd'hui à la Maison blanche entre Obama et Netanyahu, mais par ce qui se dira demain entre celui-ci et le Lobby.
Il y a tout lieu de croire que le Lobby s'appliquera à encourager Netanyahu à persévérer dans la stratégie israélienne qui se poursuit pendant des années et qui consiste à feindre le mouvement en avant, tout en piétinant sur place. En d'autres termes, Netanyahu sera encouragé à accélérer le rythme de la colonisation afin d'atteindre le but ultime recherché : rendre géographiquement, ou plutôt territorialement impossible la création d'un Etat palestinien.
Quiconque veut voir honnêtement et objectivement les choses telles qu'elles sont aujourd'hui, il ne peut que conclure qu'il y a bel et bien une course frénétique contre la montre qui se déroule aujourd'hui dans les territoires palestiniens occupés. Une course entre la colonisation rampante de la Cisjordanie et de la ville sainte de Jérusalem d'une part, et les pressions internationales en vue de la création d'un Etat palestinien d'autre part.
Jusqu'à présent, cette course est fondamentalement inégale. Elle ressemble à celle engagée entre un coureur dopé d'anabolisants et déterminé à gagner coûte que coûte, et un autre assez peu motivé et qui ne semble pas intéressé outre mesure par l'enjeu de la course.
Demain à New York, Netanyahu ira chercher les anabolisants chez le Lobby afin de doper encore plus les ardeurs colonialistes de son gouvernement, à supposer qu'elles aient besoin encore de dopage. Après avoir écouté les vœux pieux de la Maison blanche, il recevra les appuis et les soutiens les plus concrets du Lobby.
Il ne faut donc pas s'étonner d'entendre les responsables israéliens parler sur tous les tons de leur désir de paix. C'est pour faire patienter la galerie jusqu'au moment décisif, c'est-à-dire jusqu'au moment où le monde entier se rendra compte que les composantes fondamentales nécessaires à la création d'un Etat palestinien (le peuple et la reconnaissance internationale) sont bien là. Mais manque l'essentiel : le territoire.
Les Palestiniens sont les premiers à être conscients de cette triste réalité. Que peuvent-ils faire d'autre sinon refuser tout dialogue direct avec l'occupant qui continue d'avaler leur territoire un arpent après l'autre. Privés d'un si précieux partenaire sur leur scène théâtrale, les Israéliens remuent ciel et terre pour faire revenir les Palestiniens à leur rôle de dindon de la farce. Pour cela, Netanyahu n'a pas hésité à affirmer qu'il est prêt à se rendre à Ramallah. Mais il n'a pas précisé s'il exige le tapis rouge.


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