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Démagogie et populisme tiennent le haut du pavé
Deuxième semaine de la campagne électorale
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 10 - 2014

On colporte les racontars et les rumeurs les plus folles. On bourre les crânes moyennant les allégations mensongères et tendancieuses. Des contrevérités sont érigées en évidences...
Démagogie, populisme, invectives et manipulation. Tels sont les maîtres-mots de la campagne pour les élections législatives à l'issue de sa deuxième semaine. On s'en donne à cœur joie, tous azimuts. Le fléau n'épargne aucun des nombreux protagonistes, ou presque. Un véritable phénomène à ciel ouvert qui met à nu la classe politique, ou ce qui tient lieu de classe politique, sous nos cieux.
La Haica, Haute instance de l'audiovisuel, a publié, la semaine dernière, un rapport sur la première semaine de la campagne électorale. Rapport sommaire, en pointillé, tronqué et formel qui, étrangement, n'en a cure de l'analyse de contenu. Parce que la campagne électorale, c'est aussi et surtout le contenu.
Et le contenu interpelle les concepts et le repérage basé sur l'observation minutieuse. Ben oui, forcément. L'étymologie est toujours d'un grand secours. Fait révélateur, le terme démagogie a la même racine grecque que le terme démocratie (dêmos, c'est-à-dire peuple). De sorte que celle-là serait la copie pervertie de celle-ci.
A en croire André Laurens, ancien directeur du Monde, le terme démagogie «qualifie l'approche politique qui tente de capter la faveur du peuple en flattant ses sentiments les plus sommaires, ses pulsions collectives, ses préjugés, voire ses fantasmes. La démagogie exploite l'ignorance avec des slogans et des discours simplificateurs, promet beaucoup sans avoir la capacité de tenir ses engagements et en dépit des intérêts réels de la collectivité» (in La politique en France éd. Le Monde-Larousse, France 2004, p.125).
On ne peut mieux décrire ces stratagèmes de bas aloi des démagogues et populistes de tout poil.
Pis, nous assistons depuis peu à l'irruption d'une nouvelle forme de populisme télévisuel, ou télépopulisme exercé par des personnes dont le champ d'action est principalement télévisuel. Il y a quelques années, le politologue Pierre-André Taguieff avait bien vu dans la télévision un nouveau champ pour «l'appel au peuple». Bienvenue au club, nous dirait-on volontiers. Là aussi, ni la Haica ni l'Isie, instance supérieure des élections, n'ont rien vu, au grand dam des règles de la concurrence politique saine et loyale.
En vérité, nous sommes en présence de la collusion de l'argent douteux, voire sale et en mal de blanchiment, avec le corpus pseudo-argumentaire populiste. L'observation soutenue de dizaines de meetings, l'analyse de centaines de discours et de supports de propagande laissent pantois. La démagogie et le populisme sévissent. Très peu de partis politiques présentent des programmes en bonne et due forme. Les déclarations fantaisistes et à l'emporte-pièce, sur fond d'envolées lyriques, tiennent le haut du pavé. On caresse dans le sens du poil. On berne le peuple d'illusions et de miroirs aux alouettes. Les chiffres les plus invraisemblables sont assénés, concernant la création d'emplois, les investissements, les prestations sociales.
Autre phénomène, et non des moindres, l'insulte et les invectives entre les différents partis de la place. On colporte les racontars et les rumeurs les plus folles. On bourre les crânes moyennant les allégations mensongères et tendancieuses. Des contrevérités sont érigées en évidences. La blogosphère et les médias sociaux sont mis à profit au service de sombres desseins de propagande et de démonisation de l'autre.
Peu de protagonistes affichent le profil d'une force tranquille. Le dernier discours électoraliste du président de la République où, vociférant à n'en plus finir des invectives et noms d'oiseaux à l'endroit de rivaux, de journalistes et d'associations, en est témoin.
Visiblement, nous sommes encore bien loin du plein jeu de la concurrence démocratique. A quelques rares exceptions près, les pastiches et caricatures de partis politiques dont la place regorge projettent des dynamiques apparentées au carnaval de la banalité et de l'insignifiance.
«Je suis candidate au débat d'idées», a annoncé hier en France Martine Aubry, dans le Journal du Dimanche. Le sommeil de la raison engendre des monstres, disait Goya. J'acquiesce. J'y souscris, persiste et signe.


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